Présentée en 2023 lors du Festival of Speed de Goodwood, la Hyundai Ioniq 5 N n’était pas une électrique sportive comme les autres. Sur le papier, elle promettait quelque chose d’inhabituel : recréer des sensations mécaniques dans une voiture… sans moteur thermique. Deux ans plus tard, alors que l’engouement autour des sportives électriques est parfois retombé, nous nous devions de prendre son volant. Nous avions déjà essayé la Ioniq « normale » ici, mais dans cette version, le résultat s’avère plus surprenant que prévu.

Au sommaire

  1. Généré automatiquement depuis les titres H2 de l’article…

Une Hyundai pas comme les autres

Depuis quelques années, Hyundai s’est construit une image plutôt solide auprès des passionnés, grâce à sa division N. Les i20 N et i30 N ont rapidement montré que le constructeur coréen savait encore fabriquer des voitures amusantes, vivantes et parfois même un peu excessives.

Ici, on ne parle plus d’une simple compacte survitaminée. On parle d’une berline électrique de plus de 2,2 tonnes capable de rivaliser en accélération avec des supercars thermiques d’il y a quelques années.

Et surtout, Hyundai ne cherche pas simplement à battre des records de puissance ou de 0 à 100 km/h. La marque tente quelque chose de plus compliqué : remettre de l’émotion dans l’électrique, souvent jugé un peu fade.

Car c’est bien là le « problème » actuel de nombreuses sportives électriques. Elles vont très vite, parfois absurdement vite, mais beaucoup finissent par se ressembler au volant. Trop linéaires. Trop silencieuses. Trop parfaites.

La Ioniq 5 N tente justement de prendre le contre-pied de cette philosophie avec une approche beaucoup plus démonstrative et assumée.

Un design viril qui attire les regards

Même en 2026, la Hyundai Ioniq 5 continue d’avoir une présence très particulière sur la route. Son design néo-rétro inspiré des concept-cars des années 80 fonctionne toujours aussi bien, et cette version N pousse encore plus loin le curseur.

Boucliers agressifs, ailes élargies, appendices aérodynamiques, jantes spécifiques de 21 pouces… la Ioniq 5 N dégage immédiatement quelque chose de plus radical que la version classique.

Et pourtant, elle ne tombe jamais totalement dans la caricature. Le travail des designers et ingénieurs coréens force même le respect tant l’ensemble reste cohérent malgré un look très démonstratif.

Avec ses 1,94 m de large (ce qui reste beaucoup en usage quotidien), elle devient d’ailleurs parfois impressionnante dans certaines petites rues ou parkings urbains.

Avec sa couleur bleu Glossy et les pointe de rouge, elle garde probablement son côté “concept-car roulant”. Beaucoup de passants se retournent encore sur son passage, preuve que Hyundai a réussi à créer une silhouette réellement marquante.

L’arrière est particulièrement fort avec son énorme diffuseur et son bandeau lumineux pixelisé désormais emblématique de la gamme Ioniq.

Une fiche technique complètement démesurée

Sur le papier, la Hyundai Ioniq 5 N marque les esprits avec ses deux moteurs électriques, elle développe jusqu’à 650 chevaux en mode N Grin Boost activé, pour un couple culminant à 770 Nm.

Le 0 à 100 km/h est annoncé en seulement 3,4 secondes… sur sol sec. Car sur route humide, mieux vaut oublier immédiatement les départs façon dragster si l’on manque un peu d’expérience.

Il y a encore quelques années, seules certaines supercars italiennes ou allemandes proposaient ce niveau d’accélération. Contrairement à certaines électriques ultra puissantes pensées principalement pour impressionner sur une seule accélération, la Ioniq 5 N a été développée pour supporter une vraie utilisation sportive intensive.

Gestion thermique renforcée, refroidissement spécifique de la batterie, modes dédiés au circuit, différentiel électronique, paramétrages extrêmement poussés… Hyundai a clairement conçu cette voiture avec les trackdays en ligne de mire.

Un intérieur mi-gaming mi-sport automobile

À bord, la Ioniq 5 N réussit un mélange assez étonnant entre ambiance futuriste et véritable esprit sportif. Les sièges baquets maintiennent parfaitement sans devenir invivables au quotidien, tandis que le volant spécifique N regorge de boutons dédiés aux différents modes de conduite.

L’ambiance générale fait presque penser à un cockpit de jeu-vidéo haut de gamme. Inspiration surement très Mercedes, même si certains regretteront peut-être l’ambiance plus “pure” et mécanique des anciennes sportives thermiques.

Mais contrairement à certaines voitures très technologiques parfois « froides », cette Hyundai conserve une vraie personnalité. Attention toutefois à certains éléments de finition qui nous ont semblé un peu frustrant pour une voiture affichée à un tel prix (nous y reviendrons).

Les écrans restent fluides, l’interface est complète, et surtout Hyundai a compris quelque chose d’essentiel : les passionnés aiment personnaliser leur voiture.

Le reste de l’intérieur est identique à celui d’une Ioniq dite “normale”, avec un volume de coffre de 520 litres et la praticité nécessaire pour transporter tout type d’objet, comme une armoire Ikea, qui pourrait certainement arriver plus rapidement dans cette version N… surtout si vous êtes en Allemagne.

Le système N e-Shift : gadget ou génie ?

C’était probablement l’élément qui faisait le plus débat avant notre essai.

Le fameux système N e-Shift simule des passages de rapports dans cette voiture électrique. C’est un pur désir volontaire avec des coupures de puissance, des montées en régime artificielles et une une ambiance sonore inspirée d’un moteur thermique 

Dit comme ça, cela pourrait sembler totalement ridicule.

Et pourtant…

Au bout de quelques kilomètres, on se prend réellement au jeu. On anticipe les “rapports”. On rétrograde avant un virage. On ressent des variations de rythme dans les accélérations.

Et surtout, il y a un vrai côté joueur qui donne envie de faire corps avec la machine.

Oui, l’ensemble reste artificiel. Mais le mélange entre les sons, les vibrations, les réactions de la transmission et les accélérations fonctionne étonnamment bien. Nous étions septiques au début mais la réalité fut plutôt positive et agréablement surprenante.

Le plus intéressant reste peut-être qu’en mode normal ou Eco, toute cette mise en scène disparaît presque totalement. La voiture redevient alors une électrique silencieuse et douce, ce qui permet aussi de préserver le confort des passagers au quotidien.

Sur route : une efficacité typé course

La poussée est totalement délirante. Comme beaucoup d’électriques puissantes, la Ioniq 5 N catapulte ses occupants avec une brutalité impressionnante, mais ici les deux moteurs donnent presque l’impression d’être au volant d’un véritable dragster.

Mais le plus impressionnant reste la facilité avec laquelle la Hyundai exploite cette puissance.

La motricité est exceptionnelle, le train avant reste précis, et le châssis encaisse énormément. Nous n’avons pas fait malheureusement de circuit mais c’est sûrement son terrain de jeux.

Malgré ses plus de deux tonnes, la voiture masque étonnamment bien son poids dans les portions rapides. Ce dernier ne réapparaît finalement qu’au moment de regarder la consommation…

Les défauts d’une électrique haute performance

Malgré toutes ses qualités, la Ioniq 5 N n’est évidemment pas parfaite. Le premier point qui revient rapidement concerne le poids, donc. Même si Hyundai le masque intelligemment, les 2,2 tonnes finissent toujours par se ressentir dans certaines portions plus techniques. Comme dirait Steling Moss : « Less is more« 

Et forcément, cela a aussi un impact direct sur la consommation. En conduite sportive, l’autonomie peut littéralement fondre à vue d’œil. Exploiter régulièrement les 650 chevaux transforme rapidement cette Hyundai en véritable gouffre énergétique.

En usage mixte réaliste, il faut plutôt compter environ 300 km d’autonomie réelle.

Elle est trèèèèèèèès large (1m94) et le rayon de braquage est également assez moyen (12.42 m), notamment en ville ou dans les manœuvres serrées. On se surprend régulièrement à devoir reprendre ses manœuvres à deux fois malgré les nombreuses aides.

Heureusement, l’architecture 800V permet des recharges rapides… à condition évidemment de trouver une borne performante disponible et bien placée.

Enfin, certains conducteurs n’adhéreront jamais totalement à son approche artificielle du plaisir automobile. Mais il faut reconnaître que l’exercice réalisé par Hyundai reste particulièrement convaincant, même plusieurs années après sa présentation.

Une sportive du futur… pensée pour les passionnés d’aujourd’hui ?

La Hyundai Ioniq 5 N ne cherche pas à remplacer une Porsche 911 GT3 ou une BMW M2. Elle propose simplement une autre façon de s’amuser au volant avec de l’électrique.

Plus technologique, plus futuriste et parfois même totalement décalée, elle réussit pourtant à recréer de vraies sensations de conduite. Faux passages de rapports, ambiance sonore inspirée du thermique, multiples réglages… Hyundai assume totalement cette approche artificielle.

Et contre toute attente, cela fonctionne étonnamment bien.

La Ioniq 5 N ne se contente pas d’être rapide. Elle possède une vraie personnalité, quelque chose que beaucoup pensaient encore impossible pour une sportive électrique.

FICHE TECHNIQUE — Hyundai Ioniq 5 N

CaractéristiquesDonnées
MotorisationDeux moteurs électriques
Puissance650 ch
Couple770 Nm
Batterie84 kWh
TransmissionIntégrale
0 à 100 km/h3,4 secondes
Vitesse maximale260 km/h
Autonomie WLTPJusqu’à 448 km
Recharge rapideJusqu’à 350 kW
Architecture800V
PoidsEnviron 2 200 kg
Coffre480 litres
TarifÀ partir d’environ 78 000 €

✓ POINTS POSITIFS

Sensations de conduite sportive réellement fun

Simulations « thermiques » bluffantes

Recharge ultra rapide

Effet “waouh” garanti

✗ POINTS NÉGATIFS

Rayon de braquage

Consommation élevée en conduite sportive

Poids toujours perceptible

Tarif élevé (78 000€)

NOTRE VERDICT

Avec la Ioniq 5 N, Hyundai a probablement signé l’une des premières sportives électriques capables de séduire de véritables passionnés automobiles. Excessive, imparfaite et parfois même totalement absurde, elle réussit pourtant quelque chose de rare : recréer des émotions.

Et finalement, peu importe que certaines sensations soient artificielles.

Le plaisir, lui, semble bien réel.

14/20

NOTE

Crédit photos : Sébastien Huille

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