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Toyota Celica

Toyota Celica Génération 1 (1970 – 1977) : coupé pas décalé

Toyota Celica

Le célèbre coupé de Toyota fête ce mois-ci ses 50 ans. Sept générations se sont succédé pour une commercialisation ininterrompue durant 35 ans. S’il n’y a plus de Celica au catalogue du numéro 1 japonais, celui-ci peut encore se targuer de disposer de 2 coupés dans sa gamme (et non des moindres) : la GT86, réalisée avec Subaru et la Supra (essayée ici), fabriquée chez Magna Steyr et développée avec BMW. Quant au coupé Celica, zoom sur les différentes itérations de la célèbre lignée, un temps championne du monde des rallyes. Cap sur l’instigatrice, la première génération.

Toyota Celica : à l’assaut du marché mondial

Toyota est un constructeur qui a vite compris la nécessité de s’adapter à ses marchés et à sa clientèle. Et il faut se remettre dans le contexte de la fin des années 60 aux USA et en Europe : alors que le Japon devient une puissance incontournable en quelques années, Toyota voit grand et a bien l’intention d’imposer ses voitures à l’échelle mondiale. Le monde étant encore bipolaire, ledit monde fera l’impasse sur l’URSS et ses satellites. Ca tombe bien, l’achat d’une automobile y est plus compliquée, comme l’a souligné Ronald Reagan avec le talent qui le caractérise. Et le monde, le gentil, celui qui n’est pas communiste, est en pleine croissance économique. Ainsi, au-delà de l’utile, il a besoin d’un soupçon de fantaisie. Le monde d’alors est heureux. Outre les statutaires berlines et les besogneuses familiales, le monde d’alors achète des cabriolets, des roadsters et… des coupés.

En effet, depuis quelques années, les coupés gagnaient en popularité. Aux USA, l’instigatrice des Pony Cars, la Mustang, démocratise le concept de la voiture puissante au look sympa, basée sur une voiture populaire. Les rivales de chez GM, Chrysler et AMC ne tardent pas et des décennies de succès s’en suivront. En Europe, Ford n’est pas non plus en reste et lance en 1968 la Capri, fort répandue également, sans parler des Opel Manta (à revoir ici). Là encore, les rivales ne tarderont pas à disputer une bataille que l’émergence des GTi viendra stopper une grande décennie plus tard. Nous sommes à la fin de l’année 1970 et la Toyota Celica sort à point nommé : le japonais montre qu’il est capable de rivaliser avec ses concurrents mondiaux avec un produit crédible et lancé au bon moment. C’était avant que les concurrents de Toyota n’en soient réduits à suivre un groupe automobile devenu leader mondial quelques années après.

Le nom Celica dérive du mot latin coelica, signifiant « céleste ». De quoi vous la raconter dans les dîner mondains. Enfin, quand on pourra de nouveau organiser des dîner mondains. Cette première génération est codée A20 ou A30, pour votre culture inutile et sa distribution au Japon était l’exclusivité du réseau Corolla Store (anciennement Publica Store jusqu’en 1966), un des différents réseaux de distribution de la marque sur l’Archipel. Je vous renvoie à cette page Wikipedia pour en apprendre plus sur ces canaux de distribution.

Toyota Celica : un coupé pas décalé

Mais revenons à notre coupé Celica. Ou plutôt, à nos coupés Celica. En effet, Toyota se permettait alors le luxe de proposer sa voiture en deux déclinaisons : un coupé 2 portes hartop et une variante liftback, à hayon arrière. Cette dernière n’apparaît cependant qu’en avril 1973. L’histoire débute avec la version 2 portes, donc, reposant sur une base technique de Carina. Un peu comme une Ford Capri partage ses organes avec les Cortina/Taunus. La Celica est ainsi une propulsion à moteur longitudinal motorisée par un 4 cylindres 1,6 l de 105 ch (puis 115 ch) accolé à une boîte manuelle 5 vitesses. Peu à peu, la gamme s’étoffe, selon les marchés, avec une variante d’accès dotée d’un 1,4 l 86 ch à boîte 4 rapports (5 en option) inconnue en France tandis qu’un 4 cylindres 2,0 l de 105 ch rejoint la gamme. De quoi tutoyer la concurrence en Europe et l’attaquer par le bas aux USA.

En 1973, la carrosserie liftback inaugure une évolution du bloc 2,0 l et non des moindres : un double arbre à cames permet de porter la puissance à 145 ch et la Celica franchit la barre des 200 km/h avec une pointe à 205 km/h. La carrosserie 2 portes profitera à son tour de ce moteur.

Toyota Celica Liftback

Aux Etats-Unis, la voiture profite également d’une transmission automatique à 3 rapports la même année, avant de subir le durcissement de la réglementation locale : d’imposants pare-chocs résistants à des chocs de 5 mph vont malheureusement enlaidir la face avant qui troquera l’élégante barre chromée en forme de U pour un ensemble bien plus massif en 1974 (millésime 75), tandis que l’emplacement des anciens chromes est comblé par une pièce plastique peinte de la teinte de la carrosserie.

De nombreuses versions verront le jour selon les marchés, à l’image de la GTV, une version GT dépouillée pour perdre quelques kilos, ou des différentes versions propres aux marchés japonais, australiens ou américains selon les contraintes fiscales ou consuméristes. Bref, une vaste gamme pour un coupé dont l’année 1972 a également été marquée par des modifications plus ou moins importantes : repositionnement de l’orifice de remplissage de carburant et du réservoir ou nouveaux monogrammes et feux arrière. Au Japon, la face avant de la version 2 portes a été harmonisée avec celle de la version liftback en 1974, un an avant les autres marchés. De quoi installer durablement la voiture sur le marché.

Aux Etats-Unis, la Celica Liftback GT est élue Motor Trend car Of The Year dans la catégorie des véhicules importés. La Toyota Celica est un succès pour le japonais et cette première mouture lance habilement le coup d’envoi d’une longue lignée. A demain pour la suite des aventures du fameux coupé Celica.  

Retrouvez les autres épisodes de la saga Celica :

Sources : Toyota, Wikipedia