Le Nouvel Automobiliste

Curiosité : Aston Martin Cygnet

Des Aston Martin rares, il y en a légion. Mais des Aston Martin rares sur base de Toyota, c’est beaucoup moins courant. Pourtant, ça existe : voici l’Aston Martin Cygnet, sur base de Toyota iQ !

Aston Martin Cygnet : la citadine façon Aston

A l’aube de la décennie 2010, Aston Martin a mangé son pain blanc. Les DB9 et V8 Vantage connaissent un beau succès commercial, l’usine de Gaydon est neuve tandis que la marque, libérée du giron de Ford, ose une hypercar d’ultra-luxe, la One-77. Cette embellie ne dure hélas pas et tant la crise financière que la montée des régulations environnementales vont obliger la marque à prendre des chemins inattendus. Afin de réduire sa moyenne d’émissions de CO2, forcément élevée puisque le plus petit moteur de la gamme est un V8, Aston Martin imagine de lancer une citadine à 4-cylindres. Et pour l’écouler, de la proposer en « option » en plus de l’achat d’une Aston Martin, pour permettre aux clients de se déplacer en ville aisément.

Présentée en 2009 au Salon de Francfort, la Cygnet laisse l’ensemble du monde automobile pantois. Pourtant, esthétiquement, la Cygnet est adaptée de façon réussie et sans trop de coûts aux codes Aston par l’équipe de Marek Reichman. La calandre célèbre d’Aston est intégrée, idem pour les feux en pinces de crabe… L’ensemble se complète de quelques chromes et d’un habitacle tendu de cuir pleine fleur (25 choix possibles), d’une boîte à gants façon pochette de luxe, et d’un toit recouvert de suédine. L’effort de transformation est louable, jusqu’aux jantes de 16 pouces au dessin rappelant les plus grandes GT.

Côté moteur en revanche, c’est le minimum syndical puisque le bloc L4 1,3 l de 98 ch est repris à la Toyota. A conduire, la Cygnet ne faisait donc pas mystère de ses origines, d’autant que les commodos, la console centrale ou encore l’absence de GPS étaient autant d’éléments qui l’empêchaient de se distinguer d’une iQ. Et à l’achat, la Cygnet ne faisait pas semblant avec un tarif d’entrée à 38 250 euros, porté à 39 705 euros pour la boîte CVT, et même jusqu’à 50 000 euros selon les options cochées ou les choix d’habillages.

300 exemplaires seulement… et un V8 !

Commercialisée de 2011 à 2013, la Cygnet ne connaîtra pas exactement ce qu’on peut appeler le succès. Environ 300 unités sont vendues, à comparer aux 4000 escomptées initialement, cela fait cher le replâtrage !

Cette rareté relative n’a pas empêché, l’an passé, des « fous » d’embarquer à bord d’une Cygnet ni plus ni moins que le V8 4,7 de la Vantage (2005-2018). Elle est alors rallongée de 72 cm (passant de 2,99 à 3,71 m), élargie pour ses voies, et perd ses deux places arrière tandis que les sièges deviennent des baquets avec harnais, et que le carbone remplace les parements du cuir. De quoi métamorphoser l’anglo-japonaise : avec ses 430 ch, le 0 à 100 km/h passe de 12 secondes à seulement 4,2 sec, et la V-max de 170 à 274 km/h ! Totalement inutile donc indispensable.

Pour tous ceux qui aiment les curiosités ou les voitures improbables, la Cygnet est un modèle de choix, resté à ce jour sans égal si on met de côté des Edizione Maserati et Tributo Ferrari sur base d’Abarth 695.

La Toyota iQ : une voiture polymorphe

Si la Cygnet et l’iQ ont disparu des catalogues, sa base vient de renaître en Chine ! Présentée au Salon de Shanghai, la Singulato iC3 est une version au style modernisé de la Toyota eQ / Scion eQ, éphémère version électrique de la mini-citadine japonaise, pensée pour conquérir les villes.

Crédit photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste