Le Nouvel Automobiliste

Nissan Qashqai : avec l’option ProPilot, un petit pas vers l’autonomie

Le Nissan Qashqai est incontestablement le best seller de la marque depuis sa présentation au Mondial de l’automobile 2006. En pleine période faste des monospaces compacts, Nissan avait choisi une autre voie. Et surprise, ce fût un succès qui ne s’est jamais démenti depuis sa sortie. Le 3 000 000e exemplaire est ainsi sorti des chaines anglaises en 2018. Et comme toutes les bonnes choses, le Nissan Qashqai se bonifie avec le temps. Alors après un restyling en 2017, le constructeur offre à son SUV une nouvelle technologie depuis l’été dernier, le ProPilot, qui est un premier pas vers plus d’autonomie de la voiture. En attendant la sortie imminente de nouveaux moteurs, nous avons testé cette innovation sur le 1.6 dCi 130 en boîte CVT. 

Le futur selon Nissan

Alors qu’au niveau mondial le best seller de la marque est le Nissan X-Trail (renommé Rogue dans certain pays), c’est sur le Qashqai que Nissan Europe mise. Alors c’est à lui de tester les nouvelles technologies chez nous. A la sortie de la seconde génération, l’innovation s’est faite au niveau de la vision à 360°. Quelques mois après le restyling Nissan innove à nouveau. Une évolution s’inscrivant dans le plan « Nissan Intelligent Mobility » qui se développe en plusieurs points :

  1. La motorisation, avec l’électrification de la gamme à 100%. Ça ne veut pas dire un basculement au 100% électrique non plus, mais un minimum d’hybridation. Le Nissan Qashqai sera toutefois rejoint par un SUV 100% électrique en 2020.
  2. L’expérience de conduite, avec la mise en place de la conduite autonome. Aujourd’hui, le système se nomme ProPilot. Il s’agit plus d’une assistance. C’est notre sujet du moment et nous y revenons un peu plus bas.
  3. L’intégration intelligente. La batterie sert à la voiture, mais si elle est branchée au réseau de votre maison, elle peut prendre le relai en cas de panne électrique. Et, en fin de vie dans la voiture, la batterie est réutilisée pour faire du stockage ou faire face à des défaillances du réseau de façon ponctuelle. Ce service n’est pas encore proposé aux particuliers. 

C’est donc le premier pas du second objectif que nous testons aujourd’hui : que vaut le ProPilot ?

Au volant du ProPilot

Pour revenir à l’essai du jour, c’est l’expérience de conduite du Nissan Qashqai qui est enrichie avec le ProPilot. De quoi parle-t-on ? D’un contrôle de trajectoire avec maintient dans la voie, à condition d’avoir une signalisation au sol de chaque côté. Et, sur le papier, celle-ci doit être blanche pour fonctionner. La direction va donc corriger l’angle des roues pour vous maintenir dans la bonne voie. Le système n’accepte de déroger à cette règle qu’avec l’enclenchement des clignotants. Le ProPilot agît également sur le maintient de distance avec le véhicule précédent quelle que soit la vitesse. C’est sécurisant sur les voies rapides, ça devient un vrai confort dans les embouteillages parisiens. Il faudra cependant intervenir de nouveau quand le Nissan Qashqai se met à l’arrêt plus de 3 secondes, soit en accélérant, soit en appuyant sur le « + » du volant. 

Le ProPilot plus fort que le pilote ?

Le ProPilot ne permet pas de lâcher le volant. Mais s’il vous arrive de le faire, que se passe-t-il ? Au bout de 8 secondes, une alerte sonore retentit devenant de plus en plus sonore sans action de votre part. Si ce n’est pas suffisant, la voiture va générer quelques coups de frein, qui sont censés vous réveiller. Mais si vous faire un malaise, la voiture va s’arrêter progressivement en allumant les feux de détresse. Le ProPilot n’est toutefois pas encore en mesure de vous placer sur le bas côté pour vous mettre en sécurité. 

Nous avons testé cette situation extrême, et en effet, en un peu plus d’une minute, nous sommes passé d’un 110 km/h à 50 km/h. Impressionnant et rassurant. Cependant notre objectif premier, en dehors de cette situation d’urgence, était surtout de vérifier le fonctionnement quotidien du système. Et c’est une bonne surprise car le Nissan Qashqai prends les virages avec une certaines aisance. Précisons toutefois que si la courbe est trop serrée, le ProPilot ne prendra pas la main sur les freins, c’est encore au conducteur de maitriser sa conduite.

Un ProPilot pas encore Pro

Nissan informe que dans les zones travaux, la signalisation jaune n’est pas prise en compte. Ce ne fut pourtant pas le cas durant cet essai, où notre direction conservait le contrôle de la voie. Pour autant, le ProPilot n’est pas encore totalement fiable et dépend grandement de la qualité du marquage au sol. Ce qui suppose que la voirie devra, assez souvent, améliorer son travail de signalisation. En effet, quand les anciens marquages sont encore visibles, le système va hésiter et ne prendra pas nécessairement la bonne décision. Notamment donc sur des zones de travaux où la voie est déportée.

Autre « faille » du système ProPilot, le détection de prise en main du volant n’est pas réservée à la zone 10h10/11h05. Du coup, pour les conducteurs avec une position de conduite avec le volant bas, il est possible de contourner le système en appuyant sa jambe légèrement sur le volant. Enfin, il faut savoir que le système ProPilot ne fonctionne pas au delà de 170 km/h. C’est bien sûr infaisable sur nos routes mais l’information est importante pour les conducteurs empruntant les autoroutes allemandes. 

Comment en profiter?

Aujourd’hui, pour rouler avec le ProPilot sur le Nissan Qashqai, il faudra se tourner sur la série spéciale N-Connecta, proposée sur l’ensemble des motorisations de la gamme. La finition s’intercale entre la finition Acenta (second niveau de finition) et Teckna (troisième niveau de finition), et est proposée dès 28 300 € associée au DIG-T 140 à 36 550 € pour le dCi 150 XTRONIC (4×4).

En conclusion

Convaincu par le ProPilot ? Oui. Car il apporte un confort indéniable au quotidien. Les embouteillages sont plus facilement acceptés. Et pour les longs trajets, le ProPilot vous permet d’avoir l’esprit un peu plus tranquille. L’option est certes un peu chère, valorisée à 1 000 €, qui est une sacré somme au quotidien. Mais ce surcoût de 3% environ par rapport à la valeur d’achat est un tel avantage sur la sécurité, voire sur la souffrance quotidienne des embouteillages, que vous auriez tort de vous en priver.