Le Nouvel Automobiliste

L’Union Européenne bridera la taille des réservoirs des véhicules thermiques dès 2024

L’Union Européenne continue sa transition énergétique pour devenir plus verte que jamais. Mais on le sait, il est assez difficile de faire changer les Européens sans un petit coup de pouce. Ainsi, après le programme d’aide à l’isolation des habitations ou le programme d’harmonisation des transports en commun, l’union des 28 (pour au moins quelques jours encore) nous propose une nouvelle incitation à la transition. Celle-ci se présente sous la forme d’une nouvelle norme qui impactera les constructeurs automobiles dans un premier temps, puis rapidement, l’ensemble des conducteurs européens.

Qui peut le moins peut le moins…

Afin d’inciter les conducteurs à remplacer leur voiture thermique par un véhicule électrique, la commission européenne vient de proposer un nouveau texte que le futur parlement européen devra voter. Ce texte annonce l’obligation, dès 2024, de limiter la taille des réservoirs de carburant des véhicules thermiques. On apprend ainsi qu’un véhicule équipé d’un bloc Diesel disposera d’un réservoir de 15 litres alors que celui d’un véhicule essence se verra bridé à 20 litres.

Cette différence de traitement consiste à uniformiser les distances maximales parcourues par chaque type de motorisation. Le commissaire européen Tchèque Hian Boiš, rapporteur du texte, explique : « Nous nous sommes rendus compte que les européens retardaient leur achat d’un véhicule électrique, et donc la transition écologique de toute l’Europe, par crainte de manquer d’autonomie ». Or, si l’ensemble des véhicules thermiques se retrouve avec une autonomie semblable à celle d’un véhicule électrique, entre 250 et 300 km en moyenne, le principal frein à l’achat disparaîtra. Selon un sondage européen réalisé en ligne de bus électrique auprès de 28 personnes prises au hasard, cela devrait permettre de convaincre près de 72 % des réfractaires dans leur prochain changement de véhicule.

Moins il y en a, plus on en fait

La proposition, outre favoriser l’achat d’un véhicule ZE, permettrait également de réduire les émissions de C02 dans l’atmosphère par le simple jeu du poids. En effet qui dit véhicule thermique avec moins d’essence dit véhicule thermique plus léger, donc consommation plus faible et rejets réduits. Malin. Seul petit hic, l’autonomie calculée à partir de données basées sur des automobiles au réservoir classique serait finalement un peu plus grande qu’initialement prévu. Mais plusieurs amendements seraient d’ores et déjà envisagés par les députés pour abaisser le volume à 5 litres et ainsi correspondre à la livraison minimale de la plupart des stations services (et du même coup on comprendrait enfin le sens de cette mention qui n’est pas exactement celui qu’on croit).

Cerise sur le gâteau, cette mesure aurait un effet positif sur l’emploi, une note explicative de source presque certaine (on l’a lue sur Internet) préconiserait en effet la construction de centaines de nouvelles stations, en particulier sur autoroute, afin de palier le problème de la réduction de l’autonomie des véhicules. Un projet qui a cependant déjà fait réagir les associations écologistes qui proposent cependant à l’Union Européenne d’aller plus loin en obligeant les distributeurs de carburant à réduire le débit de leur pompe pour aligner le temps du plein sur celui de la recharge électrique et ainsi garantir l’égalité entre les utilisateurs.

Soyez certains cependant qu’il est une taille que nous ne réduirons pas chez Le Nouvel Automobiliste, c’est celle des poissons d’avril, et nous espérons que celui-ci vous aura plu !

Via Poissonnerie Le Turbot à Pafré

Crédit photos : Casadei-maintenance, Pat2D