Le Nouvel Automobiliste

Infiniti : vers un retrait du marché européen ?

Arrivée en Europe à la fin de l’année 2008, la division de luxe de Nissan réfléchirait à son retrait du marché européen, selon nos confrères d’Autoactu. Dans un contexte difficile où les volumes de ventes n’ont jamais fait d’étincelles, Infiniti est à la peine sur ce continent. Peut-on vendre des voitures premium en Europe sans être européen voire allemand ? C’est la difficile équation à laquelle Infiniti semble se heurter.

Des ventes Infiniti en berne

L’année 2018 sera marquée pour Infiniti par une baisse drastique de ses volumes, passés de 13 775 unités en 2015 (la meilleure année) à près de 6 000 l’an passé. Même schéma pour la compacte Q30, pourtant positionnée sur le segment C, très présent en Europe : les ventes ont avoisiné les 8 000 unités en 2017 pour s’effondrer à environ 3 000 exemplaires l’an passé. La marque est très loin des 30 000 unités annuelles prévues à l’origine. A l’échelle de la France, Infiniti est passé sous la barre des 1 000 immatriculations en 2018, soit des volumes divisés par deux par rapport à 2017, le pic ayant été l’année 2016 avec près de 3 300 voitures mises à la route.

Aux antipodes des résultats mondiaux d’Infiniti dont les ventes ont atteint 246 492 unités, soit une hausse de 7%. Quant aux marchés historiques et majeurs d’Infiniti, à savoir la plaque Nord-américaine (USA et Canada), ils ont représenté 70 % des ventes, la Chine réalise environ 20 % des volumes d’Infiniti tandis que l’Europe n’affiche qu’un maigre 7% (Russie incluse). Les ventes mondiales d’Infiniti sont pourtant en hausse pour la huitième année consécutive.

Un marché Européen difficile

Tandis qu’Infiniti réalise plus des deux tiers de ses volumes en Amérique du Nord, le marché européen ne représente pas assez de voitures pour rentabiliser aisément l’ensemble des investissements permettant de rester compétitif en Europe : le protocole WLTP rend le passage des normes Euro 6 D-temp puis Euro 7 bien plus compliqué que si l’on était encore en NEDC et le mix CO2 de la gamme, essentiellement composée de grandes voitures, n’aidera probablement pas à l’avenir. La venue du futur SUV électrique présenté à Détroit pourrait cependant changer la donne à ce sujet.
L’autre contrainte européenne viendrait du Brexit : la Q30 et la QX30 sont toutes deux produites à Sunderland, au Royaume-Uni, et leur fabrication pourrait être moins compétitive en cas de sortie de l’UE. La question de l’avenir de Sunderland se posera probablement aussi pour Nissan qui y produit le Qashqai et le Juke pour l’Europe.

En attendant, la gamme Infiniti européenne s’est réduite avec le retrait des Q60, Q70 et QX70, tandis que seule la Q50 Hybrid subsiste en France depuis la disparition des versions thermiques essence et de la version Diesel qui se vendait essentiellement auprès des VTC.
Du côté de la gouvernance, Roland Krüger est remplacé depuis quelques jours par Christian Meunier, ex numéro 2 de Nissan aux USA et au Canada. Sera-t-il celui qui remettra en cause la présence européenne de la marque premium ? Entre les faibles volumes qui s’érodent, une gamme mondiale peu adaptée aux contraintes réglementaires de l’Europe et le duo Q30 et QX30 qui peine à se faire une place au soleil, la rentabilité d’Infiniti en Europe pose probablement question. L’avenir nous le dira.

Via Autoactu.