Le Nouvel Automobiliste

Fusion PSA – FCA : en route vers la place de n°4 mondial ?

Après un été calme et un début d’automne sans grands remous, les rumeurs de fusion autour du groupe italo-américain Fiat Chrysler sont de retour. Comme au printemps dernier, c’est vers la France qu’elles pointent mais plus vers le Groupe Renault : cette fois-ci, FCA se rapprocherait du Groupe PSA.

Fusion PSA – FCA : une fusion à 50/50 selon le WSJ

Si bien sûr aucune des parties ne confirme l’information à ce jour, le quotidien américain des affaires The Wall Street Journal parle de fusion entre les deux groupes automobiles. Une annonce inattendue si l’on remonte au début de l’année : lors du Salon de Genève, on donnait PSA très intéressé par FCA avant que ce dernier ne déclare qu’il repoussait les avances du français… Entre temps, il y eut les rumeurs (au grand jour) de fusion avec le Groupe Renault et les risques d’implosion de l’Alliance, sans concrétisation. Et lors du dernier salon de Francfort, Carlos Tavares s’était déclaré « ouvert à toutes opportunité qui pourrait se présenter ». Une telle opportunité semble se dessiner, finalement, au soir du 29 octobre.

Selon une source proche du dossier, que rapporte le WSJ, plusieurs options sont en discussion. D’un point de vue managérial, la présidence du conseil d’administration reviendrait à John Elkann, déjà président non exécutif de FCA, tandis que le directeur général serait Carlos Tavares, l’actuel président du directoire de PSA. Si fusion il devait y avoir, ce qui n’est pas officiel puisqu’aucune des parties n’a commenté l’annonce, le groupe « FCA/PSA » serait le 4e constructeur mondial avec 8,7 millions de véhicules produits, 190 milliards d’euros de chiffre d’affaires (à raison d’une valorisation de 110 milliards pour FCA et 74 milliards pour PSA) et valorisée à près de 50 milliards d’euros de capitalisation (à ce jour, 22 milliards pour PSA, 18 milliards pour FCA).

Des complémentarités et des faiblesses

Si FCA n’arrive à trouver de partenaire global depuis de nombreuses années, il a cependant plusieurs atouts. Sa présence en Amérique du Nord depuis le rachat de Chrysler serait un tremplin à l’heure où Peugeot compte y retourner lors de la prochaine décennie. L’italo-américain bénéficie aussi d’une présence dans le premium avec Alfa Romeo et Maserati que n’a pas vraiment PSA, tandis que les deux groupes travaillent depuis plus de 40 ans dans les véhicules utilitaires avec la Sevel (fondée en 1978). Au reste, PSA a su se relever en un temps record de la crise profonde dans laquelle il était entre 2012 et 2015, dégage des marges records pour un généraliste et s’est encore renforcé en Europe avec l’intégration d’Opel/Vauxhall, au redressement également mené tambour battant. Ainsi formé, PSA-FCA en Europe atteindrait près du quart du marché, au niveau du Groupe Volkswagen.

Cependant, tout n’est pas rose. FCA, qui tarde à renouveler ses modèles, est en retard sur l’électrification de sa gamme (au point de devoir payer des droits à polluer à Tesla) et les systèmes autonomes de conduite (dans lesquels PSA réduit ses investissements), tandis que les deux groupes demeurent faibles en Chine, le premier marché mondial même si Jeep y réalise de beaux scores. PSA pour sa part paraît plus solide mais commence seulement son électrification et a développé une plateforme et un GMP transverse à toutes ses marques pour les segments B / B-SUV, la première étant la Peugeot e-208. Et s’il est l’un des leaders du SUV en Europe, il lui manque quelques technologies 4×4 dans lesquelles Jeep excelle.

France et Italie main dans la main ?

Le modus operandi serait une fusion par échange d’action même si d’autres options seraient aussi sur la table révèle le WSJ, et rien ne serait entériné, même si les pourparlers ont été confirmés. Ceux-ci auraient débuté entre Elkann, Tavares et Louis Gallois depuis la seconde quinzaine d’août d’après le Figaro. L’action FCA a gagné plus de 7% au soir du 29 octobre avant la clôture de Wall Street. Côté PSA, l’Etat, qui avait exigé l’aval de Nissan lors des pourparlers FCA-Renault, est aussi actionnaire (à 13,68 %) au même titre que la famille Peugeot et le groupe chinois Dongfeng.

En termes de labels, une fusion PSA-FCA amènerait à travailler ensemble les marques Alfa Romeo, Fiat, Lancia, Maserati, Jeep, Dodge, Ram, Chrysler, Citroën, DS, Peugeot, Opel et Vauxhall ! Beaucoup de (beau) monde, même si pour l’instant, cette fusion demeure une nouvelle rumeur dans le grand livre d’aventures des tentatives du fusion de FCA.

Couverture : TopSpeed