Le Nouvel Automobiliste

Cadillac CT5 : l’alternative aux allemandes… et aux SUV !

Au vu de l’essoufflement du segment des tricorps au profit des SUV, et des récentes annonces de GM de ne pas renouveler certaines berlines, on aurait pu craindre le pire pour la Cadillac CTS. Mais de récents spyshots ont pu rassurer les – éventuels et rares – clients français : la CTS va avoir une descendance avec la Cadillac CT5. Malgré un changement de nom, pour rester en ligne avec la nouvelle nomenclature de la marque de Détroit, le positionnement reste identique.

Cadillac CT5 : petite sœur de CT6

La CTS a marqué le renouveau de Cadillac lors de l’avènement de la première génération en 1999, immortalisée dans la course poursuite de Matrix Reloaded. La deuxième génération, toujours dans un style acéré, a apporté un surcroît d’élégance et de qualité perçue, en plus de très puissantes versions V. C’est également cette génération qui a été déclinée en coupé et en break (un temps devenu le break le plus rapide du marché, d’ailleurs), mais, faute de succès et face à l’invasion des SUV, ces deux dernières variantes n’ont pas été reconduites pour la troisième génération, basée sur une nouvelle plateforme (Alpha), partagée avec sa petite sœur, l’ATS, et la Chevrolet Camaro -excusez du peu. La surpuissante version V restait au programme avec son V8 biturbo de 564 ch.

Avec la disparition de l’ATS à l’été dernier, la CT5 devient la plus petite berline de Cadillac. Elle vient logiquement se situer sous la CT6 (rivale des BMW Série 7, Lexus LS et Mercedes Classe S) et adopte la nouvelle nomenclature de Cadillac : CT pour les berlines et XT pour les SUV. Seul l’Escalade garde son appellation, bien établie.

La nouvelle Cadillac CT5 repose sur une évolution de la plateforme de sa devancière, logiquement baptisée Alpha II et conserve les deux principales motorisations de la CTS. D’une part, le 4 cylindres 2,0 l turbo à injection directe (276 ch sur la CTS) et d’autre part, le V6 3,0 l biturbo (311 ch sur la CTS). La nouveauté est l’apparition d’une boîte automatique 10 rapports qui vient remplacer la BVA8. La CT5, à l’image de sa devancière, sera disponible en propulsion ou intégrale.

Esthétiquement, on retrouve assez logiquement les codes actuels de Cadillac, vus sur les XT5 ou CT6, ainsi que sur le nouvel SUV XT6. Les lignes sont moins acérées qu’auparavant, le thème des signatures lumineuses verticales se mêle désormais à un décroché horizontal tandis que les projecteurs, fins et horizontaux se terminent en pointe vers une calandre noire soulignée de chrome, évoquant le concept car Escala. Deux traitements de la face avant seront proposés en fonction des finitions : Premium Luxury ou Sport (la grise), qui se distingue par des grilles plus agressives.

De profil, on trouve un habillage du montant C prolongeant la ligne de la surface vitrée par le biais d’une custode factice conférant un style inhabituel chez Cadillac. A l’arrière, on retrouve beaucoup du style de la CT6 dans un format plus compact. Au final, la nouvelle CT5 devient plus baroque et curieusement moins moderne que la Cadillac CTS qu’elle remplace.

Un habitacle en rupture par rapport à la CTS

A bord, l’habitacle reste illuminé par un grand toit ouvrant panoramique mais renonce au tout tactile de l’actuelle CTS. Un désignateur (certes tactile) vient épauler certaines commandes de la console qui mêle désormais des pushs physiques aux commandes tactiles. Les originales et nombreuses harmonies intérieures de la CTS ne devraient pas être reconduites à en juger par les dernières productions de la marque qui se contentent de peu de choix désormais. Dommage. Pour le moment, seule la console centrale a été montrée officiellement.

La Cadillac CT5 sera présentée au salon de New York en avril et sa production démarrera au sein de l’usine de Lansing Grand River, près de Détroit, laquelle a bénéficié de 211 millions de dollars d’investissement. A retrouver dans moins d’un an probablement en Europe et chez l’un des 3 concessionnaires Cadillac de France où elle devrait logiquement faire de la figuration étant donné la faible couverture du territoire, la désaffection pour les berlines ainsi que le fait que la Cadillac CT5 n’est pas… allemande. Mais pour qui veut sortir du lot, tant mieux pour les amateurs d’exotisme que cette nouvelle Cad’.