Le Nouvel Automobiliste
Skoda Scala

Essai Skoda Scala 1.5 TSI 150 ch Style DSG7 : une alternative crédible ?

Sur le segment C, Skoda n’avait jamais réussi à s’imposer avec feu la Rapid car celle-ci ne correspondait pas aux attentes des acheteurs. La marque tchèque est de retour avec une nouvelle proposition qui coche, cette fois-ci, l’intégralité des désirs du consommateur actuel. Face à une concurrence féroce, la Skoda Scala a-t-elle des chances de percer ?

Le marché à la loupe

Le segment C c’est LE créneau où bataillent l’intégralité des constructeurs. Entre les Ford Focus, Hyundai i30, Kia Ceed ou encore les Peugeot 308 et Renault Mégane, mais également sans oublier la concurrence au sein de Volkswagen Group avec les Seat Leon et VW Golf, il est très dur de se faire une place. Skoda l’a bien compris et ne cherche pas à devenir premier sur le segment puisque les prévisions de vente annuelles pour la France sont de « seulement » 3.600 exemplaires. Cependant, la Scala est un modèle qui doit permettre au constructeur de continuer sa montée en gamme. En effet, Scala est la traduction d’escalier en italien, un argument marketing original.

La Skoda Scala est d’ores et déjà disponible à la commande, et les premières livraisons se feront dès la mi juin.

C’est au cours d’une journée en Croatie que nous avons pu essayer la version Style, équipée du moteur essence 1.5 TSI de 150 ch accouplé à la boîte automatique à double embrayage DSG à sept rapports.
Il s’agit, sans doute provisoirement, du sommet de la gamme. Que disent les chiffres face à ses concurrentes les plus vendues ?

Sans rentrer dans l’intégralité de la liste d’options, toutes les versions des véhicules cités ci-dessous proposent des dotations relativement similaires avec notamment des jantes aluminium de 17″, un système de navigation tactile ou encore des projecteurs full LED.

Skoda Scala 1.5 TSI 150 ch Style DSG7 – à partir de 28.870€
Renault Mégane 1.3 TCe 140 ch Intens EDC7 – à partir de 29.100€
Kia Ceed 1.4 T-GDi 140 ch GT Line Premium DCT7 – à partir de 29.490€
Seat Leon 1.5 TSI 150 ch ACT Xcellence DSG7 – à partir de 29.910€
Hyundai i30 1.4 T-GDi 140 ch N-Line DCT7 – à partir de 30.100€
Ford Focus 1.5 EcoBoost 150 ch Vignale BVA8  – à partir de 30.250€
Peugeot 308 1.2 PureTech 130 ch GT-Line EAT8 – à partir de 31.000€
Volkswagen Golf 1.5 TSI 150 ch Carat Exclusive DSG7 – à partir de 37.150€

Niveau tarification, les compétitrices sont toutes positionnées dans un mouchoir de poche exceptée la Golf qui se place initialement en bas de la liste. Sauf que pour obtenir en série les jantes 17′ et les projecteurs Full LED il faut monter fortement en finition. La Skoda Scala se présente donc comme la moins chère de sa catégorie sans pour autant faire l’impasse sur la technologie. On retrouve le Digital Cockpit de 10,25″, les phares et feux full LED, ainsi que la connectivité SmartLink+ (Apple CarPlay, Android Auto et MirrorLink).

Question habitabilité, les passagers sont choyés avec notamment un espace aux places arrière record dans la catégorie. Le coffre, lui, n’attendra que votre imagination pour être rempli. En effet, ce dernier est donné pour 467 litres en configuration 5 places et monte jusqu’à 1410 litres une fois la banquette rabattue. C’est le plus grand de sa catégorie, seule la Peugeot 308 s’en approchant avec 420 litres. Pour réussir ce tour de force, Skoda a eu recourt à l’augmentation de la taille du véhicule, du coup c’est l’une des plus longues de la catégorie avec 4,36 m.

Un esprit break assumé

De prime abord, il faut avouer que le style de cette nouvelle Skoda Scala manque de nouveauté, particulièrement sur l’avant. Entre un profil proche de l’Audi A3 Sportback et une proue qui rappelle la production de Seat (même si on vous l’accorde, avec le Tarraco leur style est en train de changer), on ressent fortement, mais logiquement, l’appartenance à VW Group. Est-ce réellement un défaut ? A vous d’en juger, chez certaines personnes cela sera plutôt rassurant. La partie arrière, elle, a son propre style et se démarque notamment grâce au prolongement de la lunette en verre qui apporte un aspect dynamique à la voiture. Cette spécification est comprise dans le pack Look en série sur la finition Style (disponible en option sur les autres niveaux de finition). Nous remarquons par ailleurs que cette Scala est la première voiture de la marque à ne pas arborer le logo sur son hayon et lui préfère le lettrage.

En plus du prolongement de la lunette en verre, le pack Look comprend également les coques de rétroviseurs noires et un spoiler arrière couleur carrosserie qui permet d’asseoir un peu la voiture visuellement. En matière de jantes, c’est le modèle Volans de 17’’ qui équipait notre modèle d’essai. Avec des tarifs allant de 350€ à 540€, il est possible d’obtenir des jantes 18’’ au design plus sportif. Pour appuyer son esprit haut de gamme, Skoda a également mis à l’arrière des clignotants dynamiques du plus bel effet. Attention toutefois, selon le niveau de finition il faudra passer par la case option pour obtenir ces attributs.
Après une journée à tourner autour pour la prendre en photo et la découvrir dans sa globalité nous sommes au final moins sceptiques face au design, elle rentre dans le rang et sait se faire apprécier sans pour autant chercher à tout révolutionner.

Efficace et complet, bienvenue à l’intérieur

Dans l’habitacle, la Scala joue la simplicité mais aussi l’efficacité. La présentation se montre moderne. Le Digital Cockpit de 10,25″ est couplé de série à un système d’info-divertissement sur écran tactile de 9,2″. Celui-ci permet notamment l’affichage du GPS, de la caméra de recul et de toutes les informations nécessaires (consommations et aides à la conduite entre autres). Il est également possible de retrouver une partie de ces informations via l’un des 5 modes d’affichage du Digital Cockpit. Notre modèle de test était équipé des très beaux sièges sport tissu/suedia (une sorte d’Alcantara), inclus dans le pack Dynamique (option à 510 €). Ce pack comprend également le ciel de toit noir, le volant sport et le pédalier aluminium, de quoi apporter une petite touche sportive à l’intérieur à moindre coût.

Au niveau des équipements, notons la présence de série de 4 ports USB-C dans la voiture (2 à l’avant et 2 à l’arrière). Une fois couplé à l’option Phonebox (290€) cela offre la recharge nomade mais permet également de connecter son téléphone à CarPlay ou Android Auto sans fil : la recharge par induction deviens enfin intéressante et évite les câbles qui se baladent dans l’habitacle.

Hormis quelques plastiques en bas de planche de bord un petit peu décevants (comme c’est de coutume dans cette catégorie), le point noir de la voiture est son système audio. Pourtant, notre modèle était équipé du Skoda Sound System (une option à 450€). Que ce soit via la radio classique, la radio numérique DAB ou même avec une lecture Spotify par CarPlay, le son manque de basses et de spatialisation. On a l’impression qu’il reste bloqué à la sortie des enceintes et ne se diffuse pas dans l’habitacle. Pourtant, les possibilités de réglages de l’équaliseur plus que complet sont nombreuses mais elles ne corrigent malheureusement pas le tir.

Une fois à l’arrière, la voiture se montre accueillante pour deux personnes, tant en place aux épaules qu’aux jambes même avec un passager de grande taille. Par contre, la troisième place servira de place de secours plus que de cinquième place pour les longs trajets comme d’habitude sur cette catégorie.

Dynamique mais pas sportive

Les routes croates sont le terrain de jeu rêvé pour tout essayeur automobile qui veut se faire un avis réaliste des conditions de roulage fréquentes. Entre un réseau autoroutier très propre et des routes de montagne dégradées, le panel est large et nous a permis d’apprécier le très bon travail des suspensions de l’option châssis Sport Select (420 €). Celles-ci abaissent la voiture de 15 mm mais offrent surtout la possibilité de choisir entre différents modes de conduite qui agissent aussi bien sur la dureté des suspensions que sur la direction ou la boîte de vitesses.

Agréables à l’œil, les sièges sports optionnels ne sont cependant pas spécialement enveloppants. Ils sont par contre très confortables et aident à apporter une ambiance paisible dans la voiture, étonnant pour des sièges sport mais c’est la réalité et au final on s’en contente largement étant donné qu’il ne s’agit pas d’une version sportive. On espère toutefois quelque chose de plus affirmé sur une éventuelle version RS. Le côté reposant est également marqué par la bonne insonorisation, permettant d’avaler les kilomètres sans soucis avec votre famille.

Passons au moteur. Le 1.5 TSI de 150 ch n’est pas des plus rageurs mais offre tout de même des performances correctes. La fiche technique annonce un 0 à 100 km/h réalisé en 8,2 s et une vitesse maximale de 219 km/h. Rien d’extraordinaire, certes, mais c’est largement suffisant pour un usage familial. Coté consommation, la Skoda Scala est annoncée à 5 l/100 km sur un parcours mixte. Lors de notre essai plutôt dynamique de 300 km, notre consommation s’est établie à 6,8 l/100 km, c’est plutôt correct d’autant que les routes de montagne n’aident pas à une éco-conduite.

Le châssis n’en fait pas une sportive, c’est certain. Il est cependant très sain et rigoureux et donne confiance même sur les routes les plus torturées. Le confort sur l’autoroute est apprécié et la douceur de conduite s’impose.
Le sélecteur de mode permet, entre autre, de choisir la dureté de la direction, en mode confort celle-ci est douce et précise bien qu’elle ne remonte pas forcement beaucoup d’informations dans le volant, le mode sport a notre préférence sur ce niveau mais il faut reconnaitre que les suspensions deviennent alors trop raides. Dur de trouver le bon compromis ? Il suffit finalement de passer par le mode personnalisable pour gérer à votre guise vos préférences et optimiser votre expérience de conduite selon vos goûts.

Skoda Scala : une auto étonnante

Un prix bien placé, un équipement conséquent et un look finalement agréable… Et si la nouvelle Skoda Scala avait finalement tout pour plaire ? Dans ce marché féroce, elle a, en tout cas, tous les arguments pour se placer comme une concurrente crédible face aux bestsellers actuellement en vente. Ses quelques défauts se font vite oublier compte tenu de ses nombreuses qualités. La Scala n’est pas forcement fun mais elle se montre efficace et fait le job parfaitement : l’esprit VW Group est bien transmis.

Pour vous faire un avis plus global sur la voiture, retrouvez ici l’intégralité des photos de l’essai

Texte et photos : Julien HUET pour Le Nouvel Automobiliste