Le Nouvel Automobiliste

Essai Fiat Panda Hybrid : Mamie tient bon la barre

Depuis plus de 41 ans, la Fiat Panda a su s’imposer en tant que citadine polyvalente. Afin de la rendre toujours aussi idéale dans son domaine, la marque italienne a souhaité prolonger un de ses modèles phares en lui greffant une hybridation. Mais cette transformation saura-t-elle la rendre toujours aussi craquante ? Est-ce son dernier souffle ? Nous avons pu prendre le volant de cette mamie des temps modernes dans une finition milieu de gamme dénommée City Life.

Un dessin intemporel

Bien que la Fiat 500 soit le best-seller de la marque italienne, il y a une autre petite Fiat qui tient bon la barre : la Fiat Panda. Cela fait 41 ans que ce modèle existe dans la gamme de Fiat. Bien que le modèle ait subi une grosse révolution en terme de plate-forme il y a 17 ans, le design reste globalement le même. Une forme assez cubique, limite véhicule utilitaire dirons certains. Mais force est de constater qu’elle plaît toujours autant. En tout cas, elle se vend toujours bien qu’elle ait obtenu la note de 0 étoiles aux tests EuroNCAP.

Et quand bien même elle profite d’un petit restylage, elle garde les lignes si caractéristiques de ses aïeules. Les quelques plastiques noirs de notre modèle d’essai en finition City Life viennent lui donner des airs de baroudeuse. On est loin de la version City Cross qui embarque tout un attirail de pièces plus démonstratives mais il faut le souligner, cela la rend encore plus craquante.

Peu d’évolutions pour l’intérieur

Quand on ouvre les portes, on constate que l’intérieur reste quasiment inchangé. On retrouve toujours ce tableau de bord très droit qui peut rebuter certaines personnes. A noter que la principale évolution réside dans l’adoption d’un écran central de 7 pouces. Placé en haut de la planche de bord, celui-ci s’intègre plutôt bien.

Même s’il intègre les principales fonctions (radio ou encore réglages audio), il ne permet pas d’avoir de système GPS intégré. Cependant, il est facile de connecter son smartphone et, grâce à Android Auto, on peut facilement utiliser la fonction Waze de son téléphone. Concernant les équipements technologiques, ne cherchez pas elle n’en a pas. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a obtenu la plus mauvaise note de l’organisme EuroNCAP, à savoir 0 étoiles (score de la boîte “Aide à la sécurité”).

Pour le reste, même si la finition semble un peu trop rustre, elle ne se montre pas si incommodante. Le design reste assez agréable à l’œil pour un intérieur qui n’a quasiment pas bougé depuis 17 ans. Et on retrouve également beaucoup de rangements. Que cela soit dans les contre-portes ou encore dans la planche de bord en face du passager avec le grand vide-poches très pratique au quotidien.

Quand c’est droit, c’est droit

Le titre résume vraiment ce que l’on ressent quand on s’installe dans cette Fiat Panda. Tout d’abord, la position de conduite est un vrai problème. Il est impossible de régler le volant en profondeur, l’assise des sièges est trop droite et il n’y a pas de réglages en hauteur des sièges avant sur notre modèle d’essai. Il faut aller dans les options pour y avoir accès.

A l’arrière, ce n’est pas mieux. La banquette arrière est trop droite et l’espace aux jambes est réduit pour des adultes. Un adulte se retrouve littéralement les genoux dans le dossier des sièges avant. Ne comptez pas imposer de longs trajets à vos passagers arrière sinon ils vous maudiront. Ou alors prévoyez-leur un rendez-vous chez l’ostéopathe après le trajet.

Pour le coffre, au vu des dimensions de la Fiat Panda, celui-ci se montre assez correct. Avec ses 225 litres en configuration 5 places, il culmine à 870 litres lorsque la banquette est rabattue. Cependant, celle-ci est fractionnable mais seulement en option (non disponible sur notre modèle d’essai).

A cœur vaillant, rien d’impossible

C’est la vraie grosse nouveauté sur cette Fiat Panda, elle devient hyrbide. N’attendez pas là une version hybride rechargeable tout de même, on parle ici d’une micro-hybridation 12 volts. Pour cela, elle embarque un moteur 3 cylindres de 1 litre de cylindrée développant 70 chevaux. Il est dérivé du moteur 4 cylindres de la Fiat 500X et est associé à un alterno-démarreur entraîné par courroie. Il est donc impossible de rouler en pur électrique mais grâce à ce dispositif, elle est à la page sur le segment des petites citadines. Mamie se modernise !!!

Côté performances, ce n’est pas un foudre de guerre. Mais avec son couple de près de 100 Nm, ce moteur fait largement le job. Assez souple et sans creux à bas régime, il se montre réellement vaillant. De plus, associé à une boîte à six rapports, on monte facilement dans les régimes, voire aux limites du rupteur. Côté maniabilité de la boîte de vitesses, on aurait aimé que le guidage soit plus ferme. Il peut arriver de se retrouver sur le mauvais rapport, notamment sur les rapports supérieurs.

A souligner qu’à partir du troisième rapport, l’étagement a été allongé pour permettre d’aller un peu plus loin en terme de vitesse maximale. Malgré cela, il est tout juste possible de maintenir le 110 km/h sur le plat en sixième. Et pour doubler, il vous sera nécessaire de rétrograder d’un voir deux rapports dans certains cas. Et cela s’accentue avec la course de la pédale d’accélérateur très importante. Un point déjà rencontré sur l’ancien moteur bicylindres.

Cependant, il est possible de faire longs trajets avec cette petite citadine car le moteur reste plutôt silencieux. Mais son véritable lieu d’action, c’est la ville. En effet, le système Stop&Start se montre efficace et doux. Que ce soit au moment de la coupure du moteur ou au redémarrage. De plus, le système coupe le moteur thermique à la décélération dès 20 km/h.

Un châssis qui arrive en fin de vie

Bien que l’ensemble mécanique se montre plutôt convaincant, la partie châssis accuse les années. Même si cette Fiat Panda filtre correctement les défauts de la route, celle-ci prend énormément de roulis. La tenue du cap est largement dépassée, notamment si vous enchaînez plusieurs virages d’affilée.

Là où cette Fiat Panda Hybrid fait preuve de singularité, c’est sa consommation. Sur notre parcours de près de 300 kms mêlant divers types de routes, celle-ci s’est établie à 5,7 litres aux 100kms. On est même descendu à 5,2 litres aux 100 kms sur les routes nationales. Un beau score quand on sait que l’ancien bicylindre explosait les compteurs, on arrivait à plus de 8 litres aux 100 kms tout de même.

Autre point à souligner sur cette Fiat Panda, sa maniabilité en ville. En effet, son rayon de braquage est remarquable et grâce à sa largeur contenue, il est super facile de se garer ou de se faufiler dans les petites rues, d’autant que la grande surface vitrée de cette Fiat Panda facilite grandement la tâche. Un vrai plus pour une citadine, notamment en ville.

Une concurrence en voie de disparition

Bien que le segment des petites citadines devient de plus en plus inexistant (surement dû aux nouvelles normes), cette Fiat Panda a quelques concurrentes en ligne de mire. Du côté français, on peut citer notamment le duo Peugeot 108/Citroën C1 qui arrive en fin de carrière. Bien que celles-ci soient moins habitables que la Fiat Panda, elles bénéficient de meilleures qualités routières. Cependant, malgré un prix d’achat quasiment identique (environ 13 500 euros), le duo n’est proposé qu’en version 3 portes.

Autre compétitrice, la Hyundai i10 qui vient de se renouveler. Niveau équipement, elle marque le pas notamment avec son GPS intégré. Côté habitabilité, la Fiat Panda est légèrement plus logeable. Cependant, niveau tarif, la Hyundai se montre moins onéreuse en prix d’appel (moins de 11 00 euros).

Peut-être la der des der ?

Suite à la création du groupe Stellantis, on peut se poser la question de l’avenir de cette Fiat Panda. Avec le regroupement des marques et le positionnement des véhicules, sera-t-elle encore là dans les années à venir ? Et c’est sans parler de toutes les réglementations qui arrivent et imposent des choix techniques que certaines plateformes ne peuvent absorber.

En tout cas, à l’heure actuelle, cette petite italienne tient toujours la barre. Sa bouille si caractéristique lui donne une vraie personnalité. Son dessin un peu “utilitaire” sait se démarquer des autres. Tout est une question de goût certes mais en tout cas tout le monde la connaît de nom.

Sur le plan mécanique, son nouveau moteur 3 cylindres avec sa micro-hybridation est assez convaincant. Son sixième rapport permet de profiter d’une plus large plage d’utilisation. Sans compter sur son appétit d’oiseau. Seul son châssis en fin de vie vient dégrader son comportement si joueur.

Texte/Crédits photos : Christian CONDÉ / Le Nouvel Automobiliste

Your Header Sidebar area is currently empty. Hurry up and add some widgets.