Le Nouvel Automobiliste

Les véhicules les plus polluants bannis du Grand Paris dès juillet 2019

Les élus du Conseil Métropolitain du Grand Paris ont décidé d’établir une zone à faibles émissions (ZFE) dont l’accès sera, la majeure partie du temps, interdit aux véhicules porteurs de la vignette Crit’Air 5.

L’A86, nouvelle frontière

L’autoroute A86, souvent considérée comme le super-périphérique de la capitale constituera dès juillet prochain une nouvelle frontière pour tous les conducteurs de véhicules jugés trop polluants. A l’intérieur de la zone délimitée par cette autoroute les communes, au nombre de 79, appliqueront en effet une interdiction d’accès aux véhicules Diesel antérieurs à 2001 ainsi qu’aux véhicules essence mis en circulation avant 1997. Dans les faits cela signifie que, en semaine du lundi au vendredi, de 8h à 20h, les conducteurs de ces automobiles se retrouveront soit contraints à renoncer à leur déplacement, soit amenés à utiliser un autre moyen de transport, soit enfin prêts au paiement d’une amende de 68 €…

S’inscrivant dans la lignée de la politique menée par Anne Hidalgo à la tête de la mairie de Paris, cette mesure de la Métropole Grand Paris n’est par ailleurs que la première d’une série qui suivra afin de rattraper le décalage avec la capitale française. En effet, dans Paris intra muros, dès juillet 2019, ce seront les véhicules portant la vignette Crit’Air 4 qui seront interdits. Le grand Paris suivra rapidement (en 2021) avec le même objectif final : interdire tous les véhicules thermiques à l’horizon 2030.

Une large majorité au vote, mais…

Si les élus de cette petite couronne de Paris ont décidé cette interdiction à une très large majorité, ce que le président du conseil Métropolitain, Patrick Ollier (LR), a salué comme une « mesure historique » nécessaire pour répondre aux enjeux de santé publique, il n’en demeure pas moins que la décision fait encore largement débat chez de nombreux maires. Certains d’entre eux ont d’ailleurs fait part publiquement de leurs hésitations dans un contexte de grogne sociale marqué où ils se sentent parfois en porte-à-faux avec leurs administrés (électeurs ?). Il apparait d’ailleurs que cette interdiction ne sera pas aisément appliquée en juillet prochain. Il faut d’ici là que toutes les municipalités prennent des arrêtés en ce sens et il faudra, naturellement, faire appliquer cette interdiction qui n’est censée concerner qu’un seul pourcent du parc automobile. Même si on évoque déjà l’installation de moyens techniques plus poussés pour repérer les fraudeurs.

Du côté des usagers en revanche on est d’office plus critique vis-à-vis d’une mesure qui ne peut guère, une fois encore, être perçue autrement que comme une sorte de punition par les personnes directement concernées. Bien entendu, il y a des mesures d’accompagnement pour changer de véhicule mais elles restent assez largement insuffisantes pour permettre aux plus modestes d’accéder à un véhicule moderne ou électrique et ne sont surtout pas une solution globale.

Via AFP, Métropole du Grand Paris