Le Nouvel Automobiliste

Rencontre avec Alexandre Cazeaux, chef de projet de la nouvelle Citroën C5 X

C’est peu dire que la Citroën C5 X, la nouvelle grande berline aux chevrons, est attendue. C’est un projet stratégique tant par l’absence de Citroën sur ce segment depuis plusieurs années en Europe que par le poids de l’histoire. Les grandes berlines de la marque ont toujours marqué leur époque : Traction 15/6, DS, CX, XM, C6 et C5 sont autant de modèles entrés dans le cœur des collectionneurs et fans de la marque, et qui ont su porter des technologies pour certaines révolutionnaires ou avant-gardistes. La nouvelle C5 X saura-t-elle s’inscrire dans cette glorieuse lignée ? Pour y voir plus clair, nous avons posé nos questions au chef de projet marque Citroën, Alexandre Cazeaux, qui a dirigé de bout en bout le projet E43, nom de code de cette nouvelle C5 X.

Le mardi 13 avril à 19 h, venez découvrir la Citroën C5 X sur notre chaîne Twitch en direct et posez toutes les questions que vous souhaitez à Citroën ! D’ici là, vous pouvez aussi :
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– Prendre connaissance de l’interview des designers de la C5 X !

Le Nouvel Automobiliste : Première question, et peut-être la plus réductrice : par quels mots résumer les cinq ans de travail du projet E43 ?

Alexandre Cazeaux : C5 X, c’est une véritable invitation au voyage. Parce qu’elle porte, elle incarne toute la philosophie de la marque Citroën, poussée au plus haut niveau. Des valeurs de créativité, une grande audace de concept avec cette silhouette à la croisée des chemins, qui réinvente les codes de son segment, avec de la technologie Citroën qui est utile, facile, pour procurer de la sérénité et du bien-être, ainsi qu’une promesse de confort parce qu’on parle de la grande Citroën. C’est pour cela que si je devais la résumer d’une seule phrase, je dirais « une véritable invitation au voyage ».

LNA : Comment se manifeste le confort dans cette C5 X ?

AC : La vision du confort de Citroën est à 360°. Plus que du confort, c’est du bien-être que l’on vise. Cela passe effectivement par des éléments mécaniques comme la suspension et nous aurons une nouvelle suspension active en exclusivité, sur les versions hybrides rechargeables, qui associe les butées hydrauliques progressives avec un amortissement piloté. Le but est de retrouver l’effet tapis volant et l’ultra confort des grandes berlines Citroën du passé, avec une technologie nouvelle qui promet énormément.

LNA : Cet amortissement piloté est repris de celui utilisé par les autres marques de Stellantis ?

AC : Chaque marque a un typage : celui de Citroën lui est propre. L’objectif est d’offrir le meilleur confort de roulage de la catégorie, qui passe aussi par les sièges Advanced Comfort, par l’insonorisation avec du vitrage acoustique avant arrière pour une isolation très soignée, mais aussi par le confort d’utilisation avec la nouvelle plateforme info-divertissement qui y participe et la vision tête-haute étendue, un grand format effet 3D de 21 pouces projeté à 4 mètres de la voiture, qui ajoute de la sérénité et de la sécurité parce que vous aurez toutes les informations sans jamais quitter les yeux de la route. Ce sont tous ces éléments, et pas uniquement le confort physique, qui sont poussés à fond sur C5 X.

LNA : Une telle silhouette bicorps surélevée est inédite sur cette catégorie : comment a-t-elle vu le jour et pourquoi ne pas avoir fait deux silhouettes, berline d’un côté et break de l’autre, séparément ?

AC : C’est né d’une analyse assez facile à expliquer : Citroën est une marque mondiale, C5 X est depuis l’origine un projet mondial, et l’enjeu est d’intéresser des clients de berlines qui sont dans nos régions plutôt des clients chinois puisque le segment D est principalement en Chine, mais aussi de ne pas passer à côté des clients de silhouettes breaks européens, puisqu’en Europe il se vend davantage des breaks que de berlines. Il était impensable de passer à côté des clients de breaks européens. C’est ainsi qu’a été imaginé au tout début ce concept qui hybride berline et break, et qui fait la prestation du break dans un ensemble ultra moderne, ultra nouveau, qui porte si je puis dire l’élégance et le statut de la berline, le volume et le dynamisme du break, et qui a la modernité d’une silhouette un peu rehaussée.

LNA : Justement, c’est l’autre point saillant : cette C5 X se veut presque un SUV ?

AC : Elle emprunte à certains codes du SUV comme les roues de très grand diamètre, 720 mm, sur un véhicule plutôt bas en tout cas pas haut comme un SUV, c’est une première. D’autres éléments comme les passages de roues, etc, comptent pour donner à C5 X une silhouette ultra moderne et novatrice, à la croisée des chemins entre la berline, le break et le SUV.

LNA : D’extérieur, la C5 X arrive à reprendre les codes de la dernière C4 pour donner un esprit de famille à ces modèles. Pourtant, en 2016, le concept CXperience partait sur des bases différentes : à quel moment le style a-t-il changé de voie ?

AC : Je ne suis pas styliste, mais ce que je vous dire, c’est que CXperience était un manifeste de style. En 2016, elle avait pour moi plusieurs objectifs : montrer la voie dans laquelle le style Citroën voulait aller, et cela a trouvé une concrétisation avec C4 et maintenant C5 X ; second point, elle avait aussi un message très important qui était que les berlines basses autres que les SUV avaient un avenir. Et voilà qu’avec C4 nous montrons notre vision de la berline compacte surélevée et avec C5 X d’une silhouette hybridée du segment D. CXperience était donc pour moi là pour ouvrir la voie, et on en retrouve certains des éléments assez marquants comme la signature lumineuse à l’avant et à l’arrière, on retrouve cette idée de volume travaillé, mais avec des éléments forts tels que les ailes et épaules marquées. C’est une voiture qui est large, qui suggère un peu la berline par son capot long, ses cotes et sa largeur avant, et qui en synthèse arrière est totalement nouvelle et suggère le volume de coffre et le break.

LNA : Quel est le volume de ce coffre d’ailleurs ?

AC : On atteint 545 litres sur les versions thermiques, jusqu’à 1640 litres quand on rabat la banquette. On est ici à 485 litres sur les versions hybrides rechargeables, jusqu’à 1580 litres banquette rabattue.

LNA : Passons à l’intérieur, un domaine qui a beaucoup bougé chez Citroën notamment pour être plus simple ou essentiel ces dernières années. Comment rendre compatible ces tendances avec le statut d’une berline comme la C5 X ?

AC : La marque a eu un épisode de ce type avec C4 Cactus mais la marque Citroën a une vocation généraliste donc on ne parle pas d’essentiel : on est au cœur du marché. Pour la C5 X, l’idée était d’évoquer l’esprit ‘Lounge’, un concept qui joue sur l’aspect de la sérénité, voire du ‘zen’, un peu apaisant sans s’endormir. Nos stylistiques ont vraiment travaillé pour suggérer l’espace, vous aurez notez que la voiture a énormément d’habitabilité en particulier au rang 2 où on a beaucoup d’espace pour les jambes. C’est vraiment important pour cette catégorie de véhicule [avec un empattement de 2785 mm, NDA]. Vous noterez que l’empattement pourrait être encore plus long, mais ce qui est important est que la voiture est hyper habitable à l’arrière, à l’avant aussi mais on juge surtout l’arrière, avec un très grand coffre, avec une ambiance lounge qui est portée aussi par tout le travail réalisé sur les garnissages, les couleurs et les matières. On a également énormément travaillé pour amener des choses subtiles, harmonieuses, et vous aurez noté tout le travail accompli autour des chevrons.

LNA : En effet, on trouve des formes de chevrons à peu près partout !

AC : Le thème qu’on a finalement retenu pour justement amener du raffinement avec une touche Citroën, c’est bien d’avoir retravaillé les chevrons sur les surpiqûres, sur les perforations des sièges cuir qui le font apparaître de façon un peu suggérée, il apparaît aussi dans la trame des décors aspect bois, dans la planche de bord… On a vraiment fait un très gros travail de typage et de raffinement, mais propre à Citroën.

LNA : Et tout ça pour quel résultat : quels objectifs commerciaux avez-vous fixé à cette C5 X ?

AC : Aujourd’hui, nous en sommes à la première prise de contact avec C5 X : nous ne parlerons ni de prix, ni de volume, ni même de gamme précisément. En termes de marchés de commercialisation, cette voiture pourra être proposée partout où Citroën est présent, et il faut aussi être direct et franc, avec deux piliers principaux : la Chine, premier marché mondial du segment D, où il se vend trois fois plus de berlines du segment D par an que dans toute l’Europe réunie, c’est un marché très important et cette voiture doit également porter le renouveau, presque la renaissance de la marque en Chine ; et puis l’Europe, notre cœur de marché, où le segment D est important et reste intéressant, avec des clients qui attendent que Citroën reprenne la parole sur ce segment, depuis plusieurs années.

LNA : Quels sont les points forts de cette nouvelle berline ?

AC : Vous avez avec ce nouveau haut-de-gamme, dont nous sommes particulièrement fiers notamment à titre personnel, l’énorme qualité de proposer quelque chose de nouveau, une forme nouvelle, un style nouveau, de la créativité, de l’audace, de la technologie, beaucoup de confort, intuitive avec une plateforme d’info-divertissement ultra connectée comme un smartphone et avec reconnaissance vocale naturelle, mais aussi un respect des fondamentaux. C’est-à-dire qu’on a de l’habitabilité, du coffre, des prestations routières, de la technologie, et ça c’est extrêmement nécessaire de respecter les attentes fondamentales de nos clients. Citroën, c’est une marque qui part des besoins client pour définir ses voitures, et qui travaille pour y répondre.

LNA : Et ces besoins client, quels sont-ils côté motorisations ?

AC : Côté motorisations, on communique pour cette première prise de contact sur l’hybride rechargeable car on est convaincu que c’est vraiment la bonne offre sur ce type de segment et de véhicule, en particulier parce qu’elle permet au quotidien de rouler en électrique. La très grosse majorité des clients, des gens, roule moins de 50 km par jour, parce qu’ils font des aller-retours domicile-travail. Donc lorsque nous aurons les chiffres d’homologation, l’autonomie électrique sera à plus de 50 km et couvrira la majorité des cas d’usage quotidiens. Ce sera donc une voiture électrique du quotidien pour tous les jours, qui bénéficie de l’autonomie étendue et même étendue, tant qu’on remet de l’essence, du mode thermique. C’est vraiment le meilleur des deux mondes, et c’est aussi le leitmotiv de cette voiture pour arriver à croiser les genres et tirer le meilleur, le bénéfice de toutes les situations.

LNA : Cette C5 X hybride rechargeable proposera 225 ch comme le C5 Aircross mais on sait que ce dernier est proposé en 300 ch en Chine : ce marché aura-t-il droit à une motorisation spécifique que n’aura pas l’Europe ?

AC : Pour le moment nous ne prenons la parole que sur la gamme européenne de la C5 X. 225 ch, on pense que c’est la meilleure offre, cœur de gamme et cœur de marché, et je ne pense pas qu’on ait vocation avec Citroën à aller chercher les 300 ch. Ce n’est pas le positionnement de la voiture.

LNA : Dernière question, quel est votre parcours au sein de Citroën ?

AC : Chez Stellantis, cela fait 20 ans maintenant, et pour Citroën depuis 2015, pour ce projet. Auparavant, j’avais fait beaucoup de projets chez Peugeot. J’étais beaucoup au produit, pendant 10 ans, sur le segment B.

LNA : Merci Monsieur Cazeaux. 

Vous avez-vous aussi des questions sur la C5 X ? Cela tombe bien : rendez-vous mardi 13 au soir, 19 h, sur Twitch, pour les poser en direct à Alexandre Cazeaux !

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