Le Nouvel Automobiliste
Essai Audi SQ5 LNA 2019 (38)

Essai Audi SQ5 TDI 347 ch : vert de rage !

Audi a récemment multiplié les annonces de l’arrivée du V6 TDI sur ses modèles « S ». Sur les berlines, mais aussi sur un SUV, le Q5, rebaptisé SQ5. S’il paraît aujourd’hui incongru de greffer un gros bloc Diesel sur un véhicule, sportif de surcroit, ce choix trouverait sa raison d’être dans l’agrément et les économies offerts par ce moteur. Voyons s’il transfigure la conduite d’un SUV familial somme toute « BCBG » au point d’en faire une vraie sportive !

Audi SQ5, en vert et contre tous

Rangé sagement sur son parking, au milieu de voitures grises représentatives de la tristesse du parc automobile actuel, l’Audi SQ5 nous a tapé dans l’œil. D’abord de par sa teinte Vert Açores, à la fois originale et élégante. Mais aussi de par sa face avant imposante, aussi brillante que sa robe couleur émeraude, faisant la part belle au chrome. Disposé sur les barres de la calandre et sur les entrées d’air latérales, il confère au SQ5 une présence statutaire, à la limite du bling-bling diront certains. 

Par rapport à un Q5 ordinaire, cette déclinaison sportive ne fait pas tape-à-l’œil et affiche sa supériorité cavalière par des touches subtiles : ornement de jupe avant couleur alu, coques de rétroviseurs de la même teinte, bouclier arrière à quadruple sortie d’échappement spécifique chromée (mais totalement factice), et jantes de grande dimension.

Ces dernières, du haut de leurs 21 pouces, constituent l’élément le plus expressif de la sportivité du SQ5. Ainsi chaussé, le SUV adopte une silhouette râblée, bien posée, armée pour aller chatouiller le bitume à vive allure.

La dame au camel, ja !

Le charme opère toujours à l’intérieur de l’allemande. Un charme… à l’anglaise, créé par la sellerie couleur camel, avec des surpiqûres de la même couleur venant égayer les éléments noirs du tableau de bord. 

Celui-ci est surplombé par l’écran de l’interface homme-machine, qui se commande par une molette, des boutons et un pavé tactile. Ce dernier n’est pas conventionnel donc nécessite un temps d’adaptation, mais il faut reconnaître qu’il est plus simple d’écrire une lettre du bout du doigt que devoir la trouver sur l’écran et appuyer dessus en conduisant !  

Quoi qu’il en soit, on se sent bien à bord, les matériaux bien assemblés sont agréables au regard comme au toucher, le confort est tout à fait satisfaisant et l’ambiance est celle d’un cocon dans lequel il fait bon voyager. Cela étant, la sellerie claire est bénéfique à ce ressenti, car avec le ciel de toit noir on aurait vite fait de se retrouver claustrophobe.

Essai routier Audi SQ5 : SQ tu viens pour les vacances ?

Nous avons eu le « malheur » de prendre le volant du SQ5 après avoir essayé l’Audi S6 (essayeur automobile, quelle dure vie…). Or, si elles partagent le même moteur, elles n’ont pas exactement le même centre de gravité et cela se ressent au premier virage. L’Audi SQ5 n’en est pas moins un des SUV familiaux les plus véloces et efficaces du marché et peut compter sur sa transmission quattro pour accrocher le bitume même s’il penche logiquement plus qu’une berline. Le plaisir est donc bien là, d’autant que la sonorité du moteur nous donne l’impression d’être un pilote de bolide.

Au démarrage, le V6 biturbo nous gratifie, à l’extérieur comme dans l’habitacle, d’un vrombissement rauque digne d’un 8 cylindres. Plus démonstratif que celui des Audi S6 et S7 qui partagent toutefois la même mécanique, le bruit est artificiel, créé par le sound actuator mais répond au principal problème des moteurs Diesel : le bruit !

Mais ce n’est pas l’atout principal de la mécanique, loin s’en faut. Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, l’Audi SQ5 ne demande pas plus de 5,1 secondes. Les relances sont au diapason et le couple de 700 Nm catapulte le SUV à la sortie de chaque virage. Il ne faut pas chercher bien loin dans le moteur pour trouver le secret de la vigueur du SQ5 : accolé au moulin, un turbo à l’admission variable alimenté par un compresseur électrique pousse l’air lorsque le besoin s’en fait sentir, à partir de seulement 1 200 tours/min. Il agit de pair avec un second turbo activé mécaniquement, les deux compères soufflant plus fort que le grand méchant loup sur la maison des trois petits cochons. 

Comme sur la berline S6, la micro hybridation de 48V fournit l’électricité nécessaire pour désaccoupler la barre antiroulis. Sur le SQ5, l’avantage de cette manœuvre est en offroad : la roue opposée se soulève moins et permet une meilleure adhérence.

Le SQ5 a donc quelques aptitudes hors des sentiers battus, surtout avec la suspension pneumatique. Celle-ci dispose d’un mode « lift/offroad » soulevant la caisse de quelques centimètres, permettant de se sortir de quelques chemins difficiles.

Équipements au firmament, options à foison

« Notre » SQ5 recevait, comme les autres modèles dotés du V6 55TDI que nous avons pu essayer, la suspension pneumatique (option à 1170 €), le différentiel sport (option à 1630 €), la direction dynamique intégrale, le système quattro torsen et le sound actuator. Toute cette panoplie, même si elle gonfle le prix de base déjà salé, contribue grandement à l’agilité, à la sécurité et au plaisir de conduite du SQ5.

En adéquation avec sa micro-hybridation 48V, notre modèle d’essai recevait le pack assistance route (option à 1800 €), incluant l’« assistant d’efficacité prédictive » qui permet une conduite plus économique. Dans les faits, l’Audi SQ5 utilise les données du GPS et adapte la vitesse dans les virages ou quand la limitation de vitesse évolue, de façon à passer en roue libre et à économiser du carburant. Lorsque l’adaptive cruise control fonctionne, cela se fait automatiquement ; dans le cas contraire, une vibration dans la pédale d’accélérateur vous signale que vous pouvez lâcher le pied de l’accélérateur.

La technologie précitée est incluse dans le Pack Assistance Route, qui ajoute un ensemble intéressant d’aides à la conduite. Par exemple l’avertisseur de distance qui, parole de francilien, nous a un peu dérangés sur les axes où nous roulions relativement près des véhicules… afin de les doubler. Mais ne nous plaignons pas de l’existence de ce garde-fou ! Le système Audi active lane assist agit de façon moins autoritaire, mais ferme. Il facilite le maintien dans la voie, ramène le véhicule dans le droit chemin en cas de perte de vigilance et gère en partie le volant dans les embouteillages.

La liste des technologies se poursuit avec le Audi Pre-Sense city, pour la ville comme son nom l’indique, qui détecte les piétons et freine si nécessaire. Toujours en milieu citadin, le Audi park assist aidera les plus mauvais d’entre vous en créneaux à effectuer leur manoeuvre sans toucher le volant. Il serait dommage d’égratigner un des beaux pare-chocs du SQ5 !

Des prix alignés… sur une seule concurrente

Audi SQ5 à partir de 76 980 €

Modèle essayé  à 92 015 € incluant les options suivantes (total options 15 035 €)

  • Audi active lane assist à 550 €
  • Audi park assist à 330 €
  • Pack Assistance Route (Active lane assist, Adaptive cruise control stop & go avec Assistant de conduite en embouteillage, Lecture des panneaux de signalisation, Assistant de conduite efficiente, Audi pre sense front avec Assistant d’évitement collision et Assistant de changement de direction ) à 1 800 €
  • Pack Assistance Stationnement (Caméras périphériques incluant caméra de recul, Audi park assist incluant Audi parking system plus) à 990 €
  • Système de lecture des panneaux de signalisation par caméra à 330 €
  • Adaptive air suspension avec réglage spécifique S (5 modes : auto, comfort, dynamic, allroad, lift/offroad à 1 170 €
  • Banquette arrière plus avec réglage coulissant en longueur et inclinaison de dossier, accoudoir central rabattable avec 2 porte-boissons, dossier de banquette arrière rabattable en trois parties, déverrouillage à distance des dossiers arrière à  420 €
  • Direction dynamique à 1 210 €
  • Filet de séparation 125 €
  • Transmission quattro® avec différentiel Sport à 1 630 €
  • Sellerie en cuir Nappa avec logo S line à 1 100€
  • Peinture Métallisée Vert Açores à 1 120 €
  • Pack Éclairage à 310 € + Pack Éclairage d’ambiance à 470 €
  • Affichage tête haute 1 190 €
  • Bang & Olufsen Sound System avec son en 3D : 19 haut-parleurs 1 030 €
  • Étriers de frein peints en rouge à l’avant et à l’arrière avec inscription S à 400 €
  • Phares Audi Matrix LED, avec fonction anti-éblouissement des panneaux de signalisation et feux de virage dynamiques, les feux diurnes et les feux arrière à LED avec clignotants dynamiques et les lave-phares à 860 €

Concurrence ? Quelle concurrence ?

Il n’est pas si facile de trouver un SUV premium avec un bloc Diesel aussi puissant. La seule alternative crédible avec ce carburant se trouve chez BMW, à un prix de départ similaire quoique légèrement inférieur. Mais si vous êtes réfractaires au gazole, nous avons aussi trouvé quelques alternatives crédibles chez des constructeurs de haut de gamme.

  • BMW X3 M40d 326 ch à partir de 75 150 €
  • Mercedes-Benz GLC 300d 246 ch 4MATIC AMG-Line à partir de 61 500 €
  • Cupra Ateca 2.0 TSI 300 ch DSG7 4Drive, à partir de 42 500 €
  • Volvo XC60 T8 Twin Engine 390 ch Geartronic 8 (hybride rechargeable essence) à partir de 73 680 €

L’Audi SQ5 ne manque pas de caractère ! Son V6 Diesel s’apprécie pour sa souplesse mais aussi et surtout pour ses capacités à arracher le bitume et à assurer n’importe quel dépassement rapidement et sûrement. Séduisant à l’extérieur avec sa teinte verte, chaleureux à l’intérieur avec sa sellerie camel, l’Audi SQ5 sait aussi flatter son conducteur, accueillir ses occupants et procurer un confort inattendu sur un véhicule sportif. Quitte à rouler en Diesel, autant donc profiter de tous ses avantages sans l’inconvénient du bruit de tracteur ! Raffiné et sportif, le SQ5 a de quoi faire changer notre vision du mazout ! Reste à l’opposer au BMW X3 M40d pour voir si son surplus de 23 ch suffit à lui tenir la dragée haute !