Oui, 30 ans. Ne nous remerciez pas pour ce coup de vieux, tout le plaisir est pour nous. A l’été 1996, Jamiroquai sortait son troisième album, Travelling Without Moving, avec une mythique jaquette singeant l’emblème Ferrari. Le second single, Cosmic Girl, quant à lui, était tout aussi iconique que le premier (Virtual Insanity). Mettant en scène une Lamborghini Diablo, une Ferrari F40 et une F355, il mérite qu’on s’y attarde… et pas seulement pour ses voitures. On vous raconte l’histoire derrière l’Histoire de Cosmic Girl de Jamiroquai !
AU SOMMAIRE
Stillness in time : Cosmic Girl a 30 ans… déjà
Coup de vieux, coup de vieux, rassurez-vous, « we’re too young to die », alors on doit être encore jeune, finalement. Alors que l’album Travelling Without Moving est sorti en septembre 1996, le single Cosmic Girl, lui, est apparu en novembre de la même année. Jay Kay, le chanteur, en bon passionné de voitures a eu le bon goût de les mettre en scène dans le clip.
Tourné à Cabo de Gata en Espagne par Adrian Moat, le clip de Cosmic Girl est un bon fantasme de petrolhead des années 90. Trois supercars qui se courent après sur routes de montagne et autoroutes désertiques. Dans le rôle principal : une Lamborghini Diablo SE30 violette (Viola Parsifae, pour les puristes) exactement comme celle de Jay Kay (on verra pourquoi), une Ferrari F355 GTS noire généralement présentée comme appartenant au chanteur et une Ferrari F40 rouge.
Jay Kay apparaît au volant de la Diablo (avec Stuart Zender à ses côtés), tandis que la F40 est pilotée par son propriétaire Nick Mason, batteur de Pink Floyd et la F355 complète le trio. Le tout sur un rythme effréné qui colle parfaitement à la chanson. C’était avant Autotune, avant le carburant à près de 3 €, et après la chute de l’URSS : bref, les années 90, c’était le bon temps.
La folle histoire de la Diablo violette !
Mais ce n’est pas « Just another story » : derrière les belles images se cache une production chaotique, dont l’histoire mérite un chapitre. Jay Kay possédait sa propre Diablo SE30. Ordre était donné par le chanteur de ne pas y toucher en son absence. Avant même le tournage, un camion de remorquage l’a accidentée pendant le transport. Impossible de l’utiliser pour le clip et Jay Kay s’en retrouve fort irrité.
Par chance, la production en trouve une autre en urgence, et l’expédie en Espagne… et rebelote. Pendant le tournage, un des pilotes chargés des scènes de conduite (ou une caméra, selon les versions) fait tomber un élément sur la voiture : pare-brise pulvérisé. Jay décide de continuer le tournage sans le pare-brise. On voit d’ailleurs les traces des dégâts dans certaines prises, ou plus prosaïquement dans ses cheveux au vent à bord de la voiture !
La SE30, c’est la version allégée et plus puissante (530 ch) de la Lamborghini Diablo, produite à seulement 150 exemplaires pour les 30 ans de Lamborghini. L’exemplaire violet de Jay Kay fait partie des rares exemplaires à conduite à droite. Elle est devenue iconique au point d’être revendue plus tard pour des sommes folles. Preuve que même les voitures de clip ont une âme. Et surtout un prix !
Cosmic Girl : une réussite musicale de Jamiroquai
Musicalement, Cosmic Girl est un petit chef d’œuvre de funk disco moderne. Structure classique mais efficace : intro groovy, couplets syncopés, remarquable ligne de basse signée Stuart Zender. Son départ deux ans plus tard marquera un tournant dans l’évolution sonore du groupe. Colonne vertébrale du morceau, cette ligne de basse porte le chant, la guitare et les claviers, tandis que le refrain, terriblement efficace, reste immédiatement en tête, et les percussions pourraient venir d’un tube disco, l’ensemble étant digne du registre de Earth, Wind & Fire par certains aspects. Les paroles parlent d’une fille cosmique (quoi, vous l’aviez deviné ?), dans un champ lexical évoquant l’espace sans Losange : « zéro gravité », « hyperspace », « quasar »… du Jay Kay pur jus, dans une chanson d’amour pour cowboy de l’espace.
Le single a cartonné : top 10 au Royaume-Uni, gros succès en Europe et dans le monde ; il reste l’un des titres les plus diffusés du groupe. Porté par le succès de Virtual Insanity et Cosmic Girl, Travelling Without Moving s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires et a permis à Jamiroquai de décrocher un Grammy Award grâce à Virtual Insanity, tandis qu’il a achevé d’ancrer le groupe Jamiroquai auprès du grand public.
Jay Kay, le petrolhead de l’acid jazz
On ne peut pas parler de Cosmic Girl sans parler de Jason « Jay Kay » Cheetham. Leader charismatique d’un groupe qui a su mixer funk, jazz, disco et house avec un succès rare. Mais surtout, un des plus grands collectionneurs automobiles du show-business britannique. Ferrari (F40, Enzo, 275, LaFerrari -couleur vert Signal…), Porsche (918 Spyder…), Lamborghini, Aston, classiques… sa collection a varié entre 30 et 50 voitures selon les époques. Il a commencé jeune, avec une BMW 1602, et n’a jamais arrêté.
Jay Kay n’hésite pas à se servir de ses voitures dans les clips de Jamiroquai. Son parc automobile fait également figure de source d’inspiration, à l’image de sa Ferrari Enzo à qui la chanson « Black Devil Car » est dédiée. Et puisqu’on parlait de clips, je vous renvoie à mon article sur Cloud 9 (qui date déjà de 2017…), ou, pour faire le lien avec Cosmic Girl, le clip de Alright, single suivant de l’album Travelling Without Moving, où la Diablo et la F40 du précédent clip sont accompagnées d’une Lamborghini Miura appartenant à Jay Kay.
En 2001, c’est la Bentley S1 Continental Drophead Coupé qui est largement présente dans le clip de Love Foolosophy, tandis qu’en 2010, on trouve non seulement sa Porsche 911 Carrera RS 2 .7 de 1973 mais aussi son hélicoptère Robinson R44 dans le clip de White Knuckle Ride. Enfin, on aperçoit aussi une Mercedes 600 Pullman dans le clip de You Give Me Something ainsi que pas mal de véhicules dans Seven Days In Sunny June, mais je serai bien en peine de vous dire s’ils appartiennent ou non à Jay Kay.
Cosmic Girl, issue de l’album Travelling Without Moving fête ainsi ses 30 ans et n’a pas pris une ride, forte de son emblématique ligne de basse signée Stuart Zender, véritable moteur (V12 ?) de la chanson aux percussions dansantes pour ne pas dire disco et à la voix empreinte de soul et de funk. De quoi « Blow Your Mind »… La musique ? C’était mieux avant. Les supercars aussi, argueront certains. Alors replongeons-nous savoureusement dans les années 90 et regardons le clip ensemble !
