Le Nouvel Automobiliste

En images : 75 ans après, les véhicules du Débarquement de 1944 (1/2)

Le 6 juin 1944, les alliés débarquaient en Normandie à l’aube. Sur cinq plages, Gold, Juno, Omaha, Sword et Utah, mais aussi parachutés depuis les airs, 156 115 « boys » originaires de Grande Bretagne, des Etats-Unis, du Canada, mais aussi des polonais, norvégiens, français, belges, luxembourgeois, néerlandais, danois, australiens, tchécoslovaques, grecs, néozélandais ou encore sud-africains. Très vite, ils sont soutenus et transportés par des matériels jamais vus en France. Ces premiers 4X4 Jeep, Dodge, Chevrolet, GMC sont encore là, 75 ans plus tard, pour témoigner de cette page de notre histoire.

Reconstitution d’un camp militaire à Vierville-sur-Mer

C’est près de la plage d’Omaha Beach à Vierville-sur-Mer qu’une des reconstitutions de camp américain avait lieu. Le Dog Green Camp, c’est son nom, réunissait plusieurs clubs de passionnés des véhicules militaires, : l’UNIVEM (Union Nationale des collectionneurs de véhicules militaires), mais aussi l’AFCVM (Association française des collectionneurs de véhicules militaires).

Les véhicules sont installés et mis en scène dans le parc du château de Vierville mais aussi sur la falaise, derrière le musée du D-Day. Ils entourent les tentes, les feux de camp et autres zones de repos, tandis que les Jeep, Dodge et autres Half Track se relaient pour offrir des baptêmes à bord aux visiteurs, à quelques encablures de leur lieu de débarquement, les ports artificiels « Mulberry » d’Omaha mais aussi d’Arromanches.

Différents types de Jeep

Rentrons dans le détail maintenant avec les modèles présents à ces célébrations. Dès le 6 juin s’étaient réunies 250 Jeep à Arromanches. Les jours suivants, on en voyait beaucoup sur les routes du Calvados et de la Manche, et de toutes origines ! Imaginée à partir de 1940 par Willys-Overland Motor, la Jeep est une quatre-roues motrices légère, facile à monter, dont l’essieu une fois les pneus ôtés peut rouler sur des voies de chemin de fer (écartement des roues proche des 1435 mm). Sous le capot, un L4 2,2 l de 60 ch environ.

Des premiers prototypes Bantam en 1940 jusqu’en 1945, 647 925 Jeep sont fabriquées par Willys et Ford. Pour les distinguer, c’est facile : il faut regarder leur plaque au tableau de bord.

Certaines des Willys se reconnaissent de l’extérieur par leur peinture : les grises appartiennent à la marine américaine, les bleues à la RAF, par exemple.

Un détail de carrosserie, le monogramme Willys à l’arrière, indique que le modèle croisé sur la plage d’Omaha est de série 1 (produite à 1553 unités jusqu’à fin 1941 et livrée jusqu’à tout début 1942 pour être précis).

Enfin, à bord, des plaques « Ministère des Armées » indiquent que les véhicules proviennent de l’armée française pour les modèles Hotchkiss d’après-guerre, produits jusqu’en 1966.

Les Dodge WC

Aux côtés des Jeep, c’est l’autre véhicule célèbre des alliés : les Dodge WC Weapon Carrier. Plus gros que les Willys, ils sont surnommés Beep et nombreuses sont les séries qui en composent la production : WC51 bâché, WC54 tôlé, WC56 Command Car, ainsi que le WC62 6×6, le premier véhicule à 6 roues motrices de l’histoire. Les moteurs sont des L6 3,8 l d’environ 90 ch.

Très proche esthétiquement sont les Chevrolet 4×4 G Series 7100 et surtout les GMC CCKW, le camion le plus diffusé de toute la guerre (562 750 unités), dont le capot est plus haut mais qui possède le même type de protection grillagée devant les phares.

Les M2 et M3 de White Motor

Dernier type de véhicule très répandu lors de ces commémoration, les modèles de reconnaissance, patrouille et ambulances M3A1. On les reconnaît à leur calandre horizontale et à la faible hauteur de leur pare-brise. Pour laisser de la place au transport de troupes, des équipements sont souvent repoussés sur les côtés de carrosserie. Ces M3 possèdent un moteur L6 5,1 l Hercules JXD d’environ 110 ch.

Sous une carrosserie identique mais équipés d’autochenilles sur l’essieu arrière, ce sont des M2 Half-Track et M3 Personnel Carrier. Plus puissants (moteur L6 6,3 White d’environ 147 ch), ils sont restés jusque tard dans les rangs des armées dans les années 1980.

Retrouvez d’autres modèles militaires (et pas que !) croisés lors des festivités des 75 ans du Débarquement dans la suite de cet article à ce lien.

Crédit photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste