Le Nouvel Automobiliste
Volkswagen Touareg

Volkswagen Touareg 3.0 TDI 286 ch Carat Exclusive : mi-luxe, mi-premium

Apparu pour la première fois en 2002, le Touareg a fait sensation de par sa filiation avec le Porsche Cayenne puis l’Audi Q7. Seize ans plus tard, le Touareg revient sous la forme d’une troisième mouture et représente aujourd’hui le grand luxe de Volkswagen en Europe. Délibérément technologique et avant-gardiste, ce gros SUV allemand se veut différent sur la route comme à l’intérieur. Nous avons pris le volant du Touareg, troisième du nom, pour près de 1000 km d’essai.

Volkswagen Touareg

Exubérance et sobriété

Contraste. C’est un petit peu le mot qui résume cette troisième génération de Touareg. En effet, impossible de ne pas remarquer cette immense calandre chromée allant de part en part de la face avant, englobant les deux phares au passage. Elle rend la voiture plus large qu’elle ne l’est vraiment  (1,98 m hors rétroviseurs tout de même), massive et d’une discrétion toute relative. Les lignes qui débutent autour de la calandre pour parcourir le reste de la voiture sont pourtant assez fines et acérées, conférant au SUV un volume d’athlète bien sculpté. La face avant s’habille, en plus de la calandre de semi-remorque, de deux projecteurs I.Q. Light – Matrix LED (de série dès la version Carat Exclusive) dont la partie basse est constellée de petites pyramides du plus bel effet !

Le profil est dynamique et n’est pas sans rappeler le côté break surélevé du premier Touareg, que l’on avait perdu sur la deuxième génération. Les courbes sont tendues tout au long des 4,88 m du SUV et les surfaces de carrosserie ne sont pas surchargées d’artifices. La voiture y gagne un côté très statutaire et la couleur Argent Fleuret de notre modèle d’essai (option à 1 250 €) apporte de nombreux reflets qui confèrent un côté raffiné à l’ensemble.

Volkswagen Touareg

Le Volkswagen Touareg attire l’œil des passants et des autres usagers. Non pas pour des signes de mécontentements ou de jalousie mais plutôt de l’étonnement, lié probablement au fait qu’on ne croise pas encore tant de nouveaux Touareg que ça en France. Impossible de se garer quelque part sans être suivi de regards curieux et de questions sur la voiture. Il est vrai qu’elle affiche, au travers de nombreux artifices, un aspect luxueux particulièrement marqué, à la manière d’une Bentley, mais avec un logo VW. Un peu comme la Phaeton en son temps finalement.

A l’arrière, on constate un travail également voué à élargir la voiture. Avec des ailes de près de 2 m, l’impression de largeur est encore accentuée par les fines et longues optiques arrière. Extérieurement, c’est donc une belle réussite, et ce même avec nos « petites » jantes de 19″. Pour ceux qui en veulent plus, des jantes en 20″ et 21″ sont disponibles en option (de 915 à 2 100 €).

Confort et raffinement

Prendre place dans un Touareg, ce n’est pas monter dans n’importe quelle Volkswagen. Les sièges avant sont de véritables, et très confortables, fauteuils. Réglables électriquement dans toutes les directions, ils sont également chauffants et ventilés (option à 855 €). L’option massage est également disponible contre 500 € supplémentaires. Des inserts en vrai bois clair parcourent les portes et la planche de bord et s’allient parfaitement avec le bandeau d’éclairage personnalisable à fond sombre.

Volkswagen Touareg

Les passagers arrière ne sont pas oubliés, bien au contraire. Les assises s’y avèrent confortables, bien qu’un peu plus dures que celles du premier rang, et l’espace aux jambes se révèle digne de la classe business d’un avion. La luminosité arrière est impressionnante grâce aux grandes surfaces vitrées (toit panoramique compris). Plusieurs prises USB et 12V permettent de recharger les appareils électriques des passagers. Seul défaut sur ce second rang, il faudra que chacun amène son divertissement car, même en option, vous ne trouverez point d’écran dans les appuis têtes, ou de tablette comme chez Bentley.

Le coffre est de bonne taille avec 810 l et offre un faux plancher bi-matière (moquette d’un côté, tissu lisse de l’autre) bien pratique lors du transport d’objets peu propres. On retrouve également dans la soute quelques accessoires astucieux comme les commandes de rabattement des places arrière ou le déploiement du crochet d’attelage.

De retour à l’avant, il est temps de s’attarder sur le gigantesque double écran de la planche de bord, remarquable à plus d’un point. Tout d’abord, ils sont courbés, tous les deux, et c’est une première dans le monde automobile. Attention toutefois, ce n’est pas aussi perceptible que sur un téléviseur, car ils sont naturellement beaucoup plus petits. Il est donc assez difficile de s’en rendre compte au premier regard. Ce qui se voit immédiatement en revanche c’est qu’ils sont immenses : 12,3″ pour le combiné Digital Cockpit et 15″ pour l’écran central baptisé Discover Premium. La qualité est très élevée et le rendu ferait pâlir bon nombre d’ordinateurs. On sera moins enthousiaste quant à la jonction entre ces deux écrans, assez visible, et accentuée par les reflets. C’est surtout déroutant depuis le siège passager, cette séparation étant cachée par le volant depuis le siège conducteur.

L’écran central est assez sensible aux traces de doigts et sa grande taille impliquera de le nettoyer très souvent sous peine de mettre en avant une belle tablette pleine d’empreintes. Si le problème existe sur nombre d’écrans tactiles, un traitement anti-traces digitales aurait été bienvenu compte tenu de la taille de ce Discover Premium. Les deux écrans permettent de tout gérer sur la voiture. Cependant, les menus sont très (trop) chargés et il est facile de se perdre dedans. En effet, le contenu s’organise comme un ordinateur avec des dossiers et des sous dossiers. Quelques raccourcis supplémentaires sont disponibles sous forme de barre de push apparaissant depuis les bords de l’écran. Il arrive de naviguer longtemps avant de trouver le réglage souhaité mais, afin de pouvoir également s’en servir sans quitter la route des yeux, un système de reconnaissance vocale existe, accompagné des boutons sur le volant. Ouf !

Le confort prend le dessus

Confort. Confort. Confort. C’est le maître mot à bord. Au démarrage, le V6 3.0 TDI ébranle la caisse avant de quasiment disparaître, tant en vibration qu’en sonorité. Cela reste un 6-cylindres Diesel, donc pas nécessairement le bloc qui fonctionne le plus discrètement du monde mais une fois en mouvement, le travail d’insonorisation est tout simplement remarquable : l’insonorisation est parfaite, aussi bien à l’arrêt qu’en mouvement. La mise en mouvement s’effectue en douceur et les rapports s’égrènent sans aucun à-coup. La suspension filtre la route aussi bien à basse (20-30 km/h), qu’à haute vitesse (130 km/h). Il faudra remercier, pour cela, les suspensions pneumatiques en option à 3 060 €.

Volkswagen Touareg

Niveau motorisation, inutile de dire que le V6 de 286 ch et 600 Nm transforme le Touareg en (très grosse) catapulte. Il est accouplé à la boîte de vitesses Tiptronic à 8 rapports. Le 0 à 100 km/h est abattu en 6,1 s, alors que la vitesse maximale s’établit, théoriquement et électroniquement à 250 km/h. La consommation mixte est annoncée à 6,6 l/100 km mais notre trajet, composé de parcours en ville, sur autoroutes, et sur routes de campagne, finira lui à 8,5 l/100 km. Chiffre tout à fait raisonnable une fois pris en considération le poids (2 070 kg), l’aérodynamisme d’armoire normande ainsi que la puissance et la cylindrée du moteur.

Une fois sur route et autoroute, conducteur et passagers sont choyés. Le confort, une nouvelle fois, prédomine. Silence, absence de vibrations parasites, jolis matériaux, ambiance lumineuse agréable. Tout concourt à vous faire vous sentir bien. Le Touareg sait par ailleurs faire preuve d’une certaine agilité. Les grandes courbes sur départementales et nationales mettent réellement en avant la tenue de route du véhicule qui avale les virages sans broncher et en garantissant le confort des passagers en toutes circonstances. De nuit, les phares I.Q. Light – Matrix LED offrent un éclairage de très haut niveau, s’adaptant au trafic pour offrir la meilleure visibilité possible. Seules, finalement, les aides à la conduite viendront ternir le tableau.

En effet, l’aide au maintien de file est tellement précise qu’elle corrige la trajectoire alors même que ce n’est pas perceptible sur la route. Ainsi, il faudra faire des mouvements assez marqués et peu intuitifs avec le volant sous peine d’avoir des alarmes sonores, voire des freinages de mise en sécurité du véhicule. C’est très désagréable, surtout sur autoroute. On aurait préféré des capteurs de présence sur le volant plus précis comme sur la Ford Focus. Niveau aide à la conduite, nous aurions également apprécié, sur ce niveau de gamme, un régulateur adaptatif à lecture de panneaux de signalisation permettant d’ajuster automatiquement la vitesse de croisière, comme sur l’Arteon, ou, là encore, sur la Ford Focus, pourtant de gamme bien inférieure.

Volkswagen Touareg

Au niveau de la concurrence ?

Soyons réalistes, le Touareg n’est pas la voiture de monsieur et madame tout-le-monde. En version 3.0 TDI 286 ch Carat Exclusive, il joue à la frontière entre premium et luxe au niveau de ses prestations. Son tarif aussi : 78 910 €. Avec quelques options (peinture, aides à la conduite et au parking, toit ouvrant, etc), notre modèle d’essai arrive à 90 050 €.

Au niveau de la concurrence, un BMW X5 xDrive30d Lounge (265 ch) démarre à 72 700 € mais atteint 90 950 € à équipements équivalents. Chez Mercedes, un GLE 350 d (272 ch) en version Avantgarde Line démarre à 68 600 € pour atteindre 86 850 euros dans une configuration similaire. Un Range Rover Sport SDV6 SE (306 ch) commence à 79 800 € mais, une fois équipé comme notre modèle d’essai, s’affiche à 106 730 €.

Sans être véritablement concurrents, ils partagent pourtant beaucoup en commun mais n’ont pas la même philosophie, le Touareg verra peut-être une partie de sa clientèle regarder vers le cousin Audi Q8 50 TDI (286 ch), plus sportif visuellement. Il débute à 78 300 € mais un modèle équipé comme notre Touareg s’affiche à un peu plus de 100 000 €.

Le Touareg fait donc payer ses qualités presque aussi cher que les premiums sur le segment. Il reste toutefois plutôt correctement positionné face à ses concurrents.

Volkswagen Touareg : l’alternative ?

La troisième génération du Volkswagen Touareg monte encore un peu en gamme pour asseoir son statut de porte drapeau européen de la marque. La ligne extérieure se veut statutaire et sans fioritures tandis qu’à l’intérieur, le Touareg se montre luxueux et technologiques pour choyer ses occupants. Le SUV allemand s’avère par ailleurs dynamique et prévenant sur route. Rouler en Touareg, ce sera également rouler différent, puisqu’on en croise beaucoup moins que ses concurrents, pour des prestations, on l’a vu, pourtant bien présentes.

Volkswagen Touareg

Retrouvez ci-dessous l’ensemble des photos du Volkswagen Touareg Carat Exclusive de notre essai :

Texte et photos : Antoine Lesbroussart pour Le Nouvel Automobiliste