Le Nouvel Automobiliste
Festival Automobile International

Festival Automobile International 2019 (1/2) : les concept-cars français

Avec les prix de la plus belle voiture de l’année et du plus beau concept-car de l’année, Peugeot n’est pas venu pour rien au Festival Automobile International. Mais il n’y avait pas que des lionnes au rendez-vous annuel de l’automobile des Invalides : Renault, DS, Bugatti et Citroën ont aussi répondu présents.

Peugeot en pleine lumière

L’équipe design du projet e-Legend

Qu’un même constructeur remporte les deux prix les plus courus du Festival Automobile Internationale, la chose n’est pas commune. Elle l’est encore moins pour Peugeot dont le dernier succès en date au « FAI » remonte à la RCZ (en 2009). Et même si en 2018 Renault n’était pas reparti les mains vides avec ses Symbioz et Alpine A110 auréolées de gloire, au moins le badge variait-il entre les deux voitures. Mais qu’importe puisque le style du concept e-Legend avait déjà été plébiscité au Mondial de l’Auto, et puisque la 508 mise justement sur son style de coupé – berline pour se faire une place au soleil sur le segment D.

Le prix remporté par cette dernière tend à valider les choix faits par Peugeot, tant en matière de style (inspiré lui-même, faut-il le rappeler, du concept-car Exalt) que d’architecture intérieure (habitacle i-Cockpit, pour lequel la 308 avait été aussi primée en 2014). Le prix de l’E-Legend vient pour sa part couronner les inspirations futures du Lion.

Pourtant, avec son esprit de coupé 504, l’e-Legend puise dans le passé de Peugeot pour s’inventer un futur voulu excitant tout autant que technologique. La voiture propose en effet une conduite autonome intégrale mais conserve son volant, amovible, pour qui veut conduire « pour de vrai ». Les designers ont également osé certains matériaux peu communs tels que le velours de soie et la maille textile pour les sièges, le bois pour le sol, ou encore d’innombrables détails tels que les pièces d’habitacle, les optiques ou les pare-chocs, qui ont été autant d’éléments assemblés par le studio D3 où elle est née. Nous en avions d’ailleurs suivi la genèse en exclusivité pour vous l’été dernier.

Renault se remémore ses 120 ans

Deux des trois concept-cars « EZ » présentés par Renault en 2018 étaient présentés aux Invalides : l’EZ-Go et l’EZ-Ultimo. Chacun préfigure le futur du transport à la demande, aussi appelé MAAS chez les britanniques (Mobility as a service), le premier dans une version collective, le second dans une itération ultra luxueuse. Ces deux études, codées Z35 (A pour EZ-Go, C pour EZ-Ultimo), étaient accompagnées dans leur genèse d’une troisième, Z35 B, à savoir l’EZ-Pro, exposé presque concomitamment au Salon de Bruxelles.

L’EZ-Ultimo, dernière présentée en date au Mondial de l’Auto, recèle nombre de clins d’œil aux 120 ans du constructeur français. A l’extérieur, l’on remarque les losanges latéraux, redessinés et pleins, accompagnés de la mention 120 ans et du nom de la voiture. L’ensemble du vitrage a disparu sous la forme d’un treillis de losanges aux vitraux opacifiés pour rendre le voyage plus discret aux occupants de la voiture.

A bord, le vert de la carrosserie se retrouve dans les matières choisies par les designers : cuir, velours de soie ou encore marbre répondent à cette harmonie colorée chic. Elle s’accompagne d’un design intérieur qui puise ses références directement dans l’art décoratif du premier tiers du XXe siècle. Renault avait déjà rendu hommage à cette époque par son étude « Corbusier ». Parmi les détails, le tout premier logo de Renault est redessiné dans le siège avant, qui n’a plus de volant : dans un losange, les initiales des fondateurs Louis, Marcel et Fernand Renault sont inscrites, comme dans le tout premier emblème de la marque !

L’EZ-Go est aussi vitré que l’EZ-Ultimo est intimiste. Il reprend le principe de la porte unique, frontale cette fois plutôt que latérale, avec un plancher de bois. Les signatures lumineuses en C sont les dernières formes d’optiques, tandis que les roues carénées font disparaître les flancs des pneus.

Le futur automobile ressemblera-t-il à cela ? En tout cas Renault et Laurens van den Acker concluent ici de fort belle manière leur second « cycle de la vie » de concepts-cars, initié en 2016 par la TreZor.

De l’électricité chez DS Automobiles

Qu’elles soient de 2019 ou de 2035, les DS sont appelées à recourir à la fée électricité plus que jamais. La marque premium de PSA exposait ainsi sa monoplace de Formule E E-Tense FE 19 et son dernier-né le DS 3 Crossback, qui proposera une motorisation tout-électrique.

Cependant, le clou du spectacle était l’étude DS X E-Tense, découverte d’abord au Salon de Pékin en virtuel puis de Paris en réel. Comme toujours avec DS, les audaces sont partout à commencer par la forme, celle d’une barquette asymétrique !

A droite un cockpit ouvert pour piloter, à gauche une cellule fermée telle un side-car à 2 ou 3 places et embarquant une cafetière. L’ensemble emprunte aux monoplaces de compétition des années 1950 à l’image de l’arrière bombé ou du cuir tapissant les habitacles. Ce dernier s’accompagne de plumes pour une harmonie bleu canard / carmin d’un bel effet.

S’y ajoutent côté passager un plancher vitré pour voir la route défiler sous la voiture, et une barre de son Focal dont le bois de sycomore ondé participe à la qualité auditive. De quoi imaginer ce que pourrait être un voyage en 2035, époque ciblée par cette étude et qui verra DS célébrer les 80 ans de la première DS 19.

La Bugatti Divo enfin en pleine lumière au Festival Automobile International

Présentée au public français du dernier Mondial de l’Auto, la Bugatti Divo était de retour au Festival Automobile, profitant cette fois de la verrière de l’espace pour présenter au mieux ses volumes et ses détails. Son harmonie intérieure turquoise, du meilleur effet, était identique à celle du Mondial.

Les observateurs remarqueront les logos Bugatti présents un peu partout, jusque sur les balais d’essuie-glace, ou encore les jeux aérodynamiques afin d’orienter les flux ou de masquer les contingences comme les poignées de portes. Le morceau de bravoure reste les feux 100 % diodes, qui créent une forme de nappe lumineuse par leur flux.

Citroën met à l’honneur Jean-Charles de Castelbajac

Lauréat du prix de l’Art, le créateur français est revenu à l’automobile avec Citroën en 2018 en signant une série limitée à 99 exemplaires de la C3 mais aussi une « Art Car », cette e-Méhari présentée au Festival Automobile International. Peinte à la main par le français, elle présente tout aussi bien son univers coloré qu’un hommage à la Méhari originelle. Les jeux de jaune, blanc, bleu et rouge se poursuivent à l’intérieur, avec les sièges et le bandeau de planche de bord.

Mais le Festival Automobile International, ce n’est pas que des productions françaises : les allemandes, italiennes ou encore britanniques sont à retrouver dans la deuxième partie de ce papier, tandis que vous pouvez également (re)visiter l’exposition en vidéos à ce lien !

Crédit photographique : François M et François B – Le Nouvel Automobiliste