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Essai Volkswagen e-Golf et Golf GTE : Les Golf « vertes »

Essai Volkswagen E-Golf et Volkswagen Golf GTE

Dès le départ, la plateforme MQB, celle qui sert à la plupart des citadines, compactes et familiales du groupe Volkswagen, a été conçue pour s’adapter à un maximum de modes de propulsion. Rien que sur le best-seller de la marque, on trouve des versions essence, diesel, Flexfuel, gaz naturel… mais aussi électrique, l’e-Golf, et hybride rechargeable, la Golf GTE. Ce sont aujourd’hui ces deux variantes, présentées comme les plus propres de la gamme, que nous avons soumises à la question.

Un seul objectif, deux méthodes

Alors que certains gouvernements voudraient nous faire croire que la voiture électrique est le seul avenir de l’automobile, la plupart des constructeurs, dont Volkswagen, sont conscients qu’il est impératif de proposer plusieurs technologies, y compris pour les clients les plus écolos. Golf électrique ou Golf hybride ? Chacune assure répondre à des besoins différents. Car si ces deux variantes ont, naturellement, profité des améliorations apportées à la Golf en 2017, elles ont également progressé dans leur pré-carré respectif.

Volkswagen e-Golf : plus d’autonomie

C’est la version qui progresse le plus. Nouveau moteur, nouvelle batterie, l’e-Golf développe désormais 136 ch, contre 115 ch pour la version de 2014. En parallèle, sa nouvelle batterie affiche une capacité de 35,8 kWh, contre 24,2 kWh auparavant.

Concrètement, selon le cycle NEDC, l’e-Golf est désormais capable de 300 km entre deux recharges alors que l’autonomie ne dépassait pas les 190 km précédemment. Volkswagen prend toutefois la précaution de préciser qu’en conduite réelle, 200 km sont plus réalistes.

Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, l’auto passe sous la barre des 10 s (9,6 s contre 10,4 s) et la vitesse maximale passe à 150 km/h. Une valeur toutefois théorique puisqu’elle reste limitée électroniquement. Et pour inciter son conducteur à une conduite toujours plus efficiente, l’indicateur d’éco-conduite anticipe le profil de la route en se basant sur les données fournies par le GPS.

Golf GTE : elle veut concilier sportivité et écologie

Mécaniquement, la Volkswagen Golf GTE n’évolue pas. Un 1.4 TSI de 150 ch d’un côté, un moteur électrique de 102 ch de l’autre. Au total, la puissance maximale combinée s’établit toujours à 204 ch avec un couple de 350 Nm. La batterie a, pour sa part, toujours une capacité de 8,7 kWh. Malgré cela, l’autonomie augmente. Le cycle NEDC annonce 50 km.

Pour y parvenir, la nouveauté de cette version 2017, c’est la stratégie prédictive d’hybridation. Un terme plutôt barbare qui indique que l’auto se base sur les données de la cartographie GPS pour gérer au mieux la bascule entre moteur thermique et moteur électrique. Brisons le suspense : lors de notre essai, sur un trajet mixte ville/route, nous avons pu parcourir jusqu’à 42 km en mode 100% électrique. Un très beau score.

Douceur contre dynamisme

S’installer à bord de l’e-Golf ou de la Golf GTE, c’est d’abord s’installer dans une Golf. La présentation est sobre, pour ne pas dire triste, la soin apporté aux détails quasi-maniaque et les nouvelles technologies foisonnent, tableau de bord numérique et GPS à l’écran XXL en tête. Dans l’esprit, toutefois, ces deux-là diffèrent assez nettement.

Voulant mettre en avant l’économie, l’e-Golf affiche une présentation sans chichis, si ce n’est un filet bleu sur le volant et le levier de vitesse. Les sièges, repris de la version Confortline, favorisent le confort plutôt que le maintien. Cela colle parfaitement avec l’amortissement, plutôt moelleux, qui n’apprécie guère que l’on mène dynamiquement l’auto. Pourtant, la réactivité du moteur électrique peut inciter à appuyer prestement sur la pédale de droite. Mais, à ce rythme, l’autonomie baisse à vue d’œil.

Optons alors plutôt pour une conduite plus en accord avec les préceptes écologiques. Les efforts faits par les ingénieurs pour maximiser la distance qu’il est possible de parcourir entre deux « pleins » portent alors leurs fruits. Malgré un parcours mêlant routes de campagne, autoroute (certes parcourue à une allure comprise entre 80 et 90 km/h) et routes de montagne, nous avons pu rouler durant 220 km avant la « panne sèche ».

L’ambiance change totalement dans la GTE. Comme ce sigle le laisse supposer, cette variante tente de tisser un lien avec la mythique GTI. Volant sport, sièges du même tonneau et sellerie façon tartan, mais mêlant le gris et le bleu, rappellent immanquablement la sportive. La fermeté de l’amortissement également. Mais le poids conséquent des batteries, disposées sous le plancher, permet aussi d’abaisser considérablement la centre de gravité. Et la combinaison de l’absence de roulis, d’un centre de gravité bas collant la voiture au sol et d’un moteur coupleux, cela donne immanquablement une voiture amusante à conduire.

Conduite sportivement, la Golf GTE dépassera avec peine les 20 km sur la seule énergie électrique. Mais en adoptant l’éco-conduite, il est tout à fait possible de viser les 35 km et plus. Sur route sinueuse, toutefois, le poids conséquent (1.540 kg, soit 178 kg de plus qu’une GTI Performance 5-portes DSG) pénalise l’agilité. La GTE n’est donc pas réellement une sportive, mais plutôt une GT capable d’abattre les kilomètres aussi aisément qu’une routière.

Coûteuse vertu

Disons le sans faire de détour : rouler dans une Golf « écolo » impose d’avoir un portefeuille bien garni. L’e-Golf, qui est la moins chère des deux, réclame déjà 39.560 €. Par chance, la liste des options ne contient « que » 17 références. En les cochant toutes, la facture dépasse tout de même les 50.000 €. De série, la dotation est déjà complète (régulateur de vitesse adaptatif, projecteurs full led, climatisation automatiqe bi-zone, GPS Discover Pro…), mais même en en tenant compte, la comparaison avec sa principale rivale, la Nissan Leaf Acenta, est cruelle. La japonaise s’affiche à 35.300 € « seulement ». Naturellement, de tous ces tarifs, il faut déduire le bonus écologique de 6.000 €.

De bonus écologique, il n’est plus question, depuis le 1er janvier 2017, pour la Golf GTE. La facture de base s’établit donc à 40.950 €. La liste des équipements de série est encore plus complète que pour l’e-Golf (Active Info Display, caméra de recul, Keyless Access…) mais, en contrepartie, le GPS Discover Pro rejoint la liste des suppléments. Son petit frère, le Discover Media, est toutefois livré d’origine. Comme sa sœur électrique, la Golf GTE ne connait pas beaucoup de rivales. Le seul modèle qui lui soit directement comparables appartient elle aussi au groupe Volkswagen, puisqu’il s’agit de l’Audi A3 e-tron. Dans sa livrée S-Line, cette dernière est vendue 47.300 €, faisant presque passer la Golf pour une affaire du tonnerre. D’autant que la consommation (aux alentours de 4 l/100 km en ville et comprise entre 7 et 8 l/100 km sur route et autoroute en conduite raisonnée) ne grèvera pas trop le budget d’utilisation.

Bilan : une offre complémentaire mais décalée

Électrique ou hybride rechargeable, chacune de ces Golf répond à des besoins spécifiques. Les urbains préféreront la première, ceux qui ont besoin d’une voiture plus polyvalente la seconde. Dans les deux cas, ils auront une proposition talentueuse mais pas dénuée pour autant de défauts. En effet, l’e-Golf n’est-elle pas trop imposante pour un usage en ville et périphérie ? Et la Golf GTE n’est-elle pas inutilement puissante pour une voiture à vocation écologique ? A chacun de répondre. Mais si l’on regarde les chiffres de vente, on remarque que les ventes de l’e-Golf restent modestes tandis que la GTE se vend beaucoup mieux que ce qu’espérait Volkswagen, entraînant des délais de livraison supérieurs à six mois.

Galerie Volkswagen e-Golf

Galerie Volkswagen Golf GTE

Crédit photos : Wensi Lin et Quentin Decorps