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Essai Skoda Superb Combi 2.0 TDI 190 Sportline DSG : Une géante au pays des elfes

Essai Skoda Superb Combi 2.0 TDI 190 Sportline

Skoda est le dernier constructeur généraliste à rencontrer le succès dans la très difficile catégorie des routières. Disponible tant en berline qu’en break, la Superb ne manque effectivement pas d’atouts pour s’imposer face aux reines de cette catégorie, y compris face à sa cousine, l’Audi A6. Pour prolonger ce succès, la gamme ne cesse de s’étendre avec des variantes parfois surprenantes. La finition Sportline, dernière arrivée, fait partie de celles-ci.

Enfin de la couleur pour la Skoda Superb

Depuis sa commercialisation et notre premier essai, il y a déjà un peu plus de deux ans, la Superb n’a guère évolué. Il était donc temps, pour Skoda, de faire profiter son vaisseau amiral de quelques menues améliorations. Comme le veut la mode actuelle, c’est au travers d’une version à la présentation sportive que celles-ci se matérialisent. Et, en matière de sportivité, la Superb Sportline, ne fait pas dans la demi-mesure : jantes alliage 18 pouces (modèle Zenith Platine), châssis sport, vitres arrière surteintées et kit carrosserie spécifique, à base d’éléments noirs, sont livrés de série.

À bord, cette version s’offre des sièges sport habillés d’Alcantara, des inserts décoratifs imitant le carbone et un éclairage d’habitacle composé de led et proposant 10 teintes différentes. Sans réellement transcender la Superb, ces modifications suffisent toutefois à ne pas confondre une Sportline avec le premier VTC venu. Un argument qui fera sans doute mouche auprès d’une clientèle à la recherche de distinction.

Cerise sur le gâteau, la Superb Sportline s’offre une teinte de carrosserie inédite et qui restera son apanage. Nommée Jaune Dragon, c’est celle qui habille le modèle photographié ici. Cette couleur ne remportera sans doute, au moins dans notre pays, qu’un succès d’estime, mais elle a le mérite d’exister. Au passage, vous noterez que lors de notre session d’essai, Skoda avait également mis à notre disposition une berline dans un autre coloris rare, le rouge Velvet. L’occasion était donc trop belle, pour notre photographe, d’immortaliser deux Superb comme vous avez peu de chance de les croiser un jour dans la rue.

En parallèle, la Superb complète son arsenal technologique. Au programme, dès la finition Ambition, le Care Connect, qui intègre l’appel automatique d’urgence, des systèmes multimédia aux écrans agrandis et une connectivité améliorée avec l’intégration du SmartLink+. Les citadins seront également ravis de voir que ce « paquebot » peut désormais être équipé d’un nouvel assistant aux manœuvres, le Park Distance Control.

Un Diesel au grand air

Pour mettre à l’épreuve « notre » Superb, nous disposions d’un cadre aussi somptueux qu’exigeant : les routes de l’ouest de l’Islande. Pour débuter notre périple, nous nous dirigeons vers la pointe sud ouest de l’île, un immense champ de lave où les, rares, routes, sont habillées d’un bitume parfaitement lisse. A priori, rien de réellement éprouvant pour notre break sauf que, ce jour là, et comme la plupart du temps d’ailleurs, elles sont battues par un fort vent. Avec son imposante stature, la Superb Combi se révèle plutôt sensible à celui-ci lorsqu’il souffle de côté, tandis que la rugosité de l’enrobé est source de bruits de roulement. À ce chapitre, la Superb, avec ses 235/40 R19 montés sur des jantes alu (modèle Vega), une option à 550 €, ne peut pas faire de miracle. Elle dévoile ainsi l’une de ses rares faiblesses, une insonorisation aux bruits de roulement un peu moins soignée que celles de ses rivales premium.

Direction Reykjavik et ses (nombreux) feux. Dans les phases de freinage/redémarrage, le 2.0 TDI de 190 chevaux se montre plutôt souple, malgré l’intervention fréquente du Stop & Start. Lorsque le feu passe au vert, la remise en route du moteur induit quelques dixièmes de seconde de latence, mais cela ne perturbera que les excités de la pédale de droite. Au moment d’aborder le centre-ville, les presque 5 mètres de long se font ressentir, notamment lorsqu’il faut garer la Superb Combi, mais la direction, dont le niveau d’assistance varie en fonction de la vitesse, ne fait jamais preuve de lourdeur.

Il est désormais temps de passer aux choses sérieuses. À l’approche du Hvalfjördur, l’un des plus importants fjords d’Islande, nous décidons d’éviter le tunnel qui permet de le traverser en quelques minutes au profit la route 47, qui le contourne, mais nécessite environ une heure de trajet supplémentaire. Étroit, cet axe n’est plus guère fréquenté depuis que le tunnel a été percé. En conséquence, l’entretien dont il profite a, visiblement, été réduit au strict nécessaire, et cela se voit. Le moment est donc venu de mettre à l’épreuve le confort de la Superb Combi.

Les suspensions pilotées à l’épreuve

Avec ses pneus ultra taille basse, son châssis raffermi et ses sièges baquets, les choses s’annoncent mal. Pourtant, sans être une référence en matière d’amortissement, la Superb se sort plutôt honorablement de cette épreuve. Son secret, ce sont ses suspensions pilotées dont le mode Confort parvient à effacer convenablement les déformations du bitume. Si elles sont bonnes pour les vertèbres, ces suspensions le sont un peu moins pour le portefeuille puisqu’il faudra se délester de 990 € pour en profiter. Dans le cas contraire, à vous les charmes du châssis sport !

La route 47 n’est pas seulement en piteux état, elle est aussi particulièrement sinueuse. Menée avec douceur, la Superb enchaine sans difficultés les courbes et contrôle parfaitement ses changements d’assiette. En conduite sportive, elle se montre toutefois moins à l’aise. Logique puisqu’elle n’est pas seulement longue, elle est également lourde (1 610 kg à vide). De plus, la boite DSG reçoit des réglages favorisant, y compris en mode Sport, plus l’économie de carburant que le dynamisme. En contrepartie, ses changements de rapports se montrent particulièrement doux, aussi bien à la montée qu’à la descente.

Les imposantes mensurations de la Superb Combi mettent en valeur la consommation particulièrement réduite de cette version 2.0 TDI 190 ch DSG. Malmenée, elle boit entre 7 et 8 l/100 km. Mais en mettant en application quelques préceptes d’éco-conduite, elle se contentera d’environ 5,5 l/100 km.

La Skoda Superb Combi, une économie relative

Pas facile de cataloguer cette Skoda. Certes, la version de notre d’essai peut difficilement être qualifiée de bon marché puisqu’elle s’affiche, hors options, à 41 950 €. Face à elle, on ne trouve néanmoins que des rivales bien plus coûteuses encore. Les trois plus réputées sont l’Audi A6 Avant 2.0 TDI 190 ch S-Line S-Tronic (55 960 €), la BMW 520d Touring Sport BVA (56 650 €) et la Mercedes E 220d Break Sportline BVA (55 400 €) mais Jaguar (XF Sportbrake 2.0 D 180 ch R-Sport BVA à 64 320 €) et Volvo (V90 D4 R-Design Geartronic à 56 900 €) sont également présents sur ce segment. Si les prestations générales de la tchèque restent proches de celles de ces rivales, elle pâtit toutefois de l’absence de certaines technologies telles que les projecteurs full led. Mais l’écart conséquent de tarifs compensent largement ces « oublis ».

L’autre alternative consiste, à l’instar de ce que font les Allemands, à considérer que la Superb Combi appartient au segment des breaks familiaux et qu’elle en représente le modèle le plus habitable. Pourquoi pas ? Mais, là encore, face aux ténors de la catégorie, la Superb s’en sort plus qu’honorablement. Citons, pêle-mêle, la Ford Mondeo 2.0 TDCi 180 ch ST-Line Powershift à 40 400 €, l’Opel Insignia Sports Tourer 2.0 Diesel BlueInjection 170 ch Elite BVA à 40 500 €, la Peugeot 508 SW 2.0 BlueHDi 180 ch GT BVA à 43 600 € et la VW Passat SW 2.0 TDI 190 ch Carat DSG à 43 520 €. Et n’imaginez pas que l’absence de Talisman Estate ici soit un oubli : son moteur diesel la plus puissant, le 1.6 dCi 160 ch, est loin de pouvoir rivaliser, en matière de performances, avec le 2.0 TDI 190 ch. Et pourtant ! Si la Superb n’est donc plus ici la moins chère du lot, elle s’avère tout de même être l’une des meilleurs affaires de la catégorie, notamment parce que sa valeur de revente sera supérieure à celle de presque toutes ses concurrentes.

Bilan : les prestations du haut de gamme sans le prix

Dire d’une Skoda qu’elle s’offre à un tarif compétitif, cela relève du sens commun. En revanche, tous les modèles de la gamme ne peuvent pas prétendre offrir des prestations au meilleur niveau de leur catégorie. La Superb Combi fait partie de cette espèce rare. Habitable, plutôt confortable, correctement finie… elle cumule les points forts. Avec le 2.0 TDI 190 ch et la boîte DSG à sept rapports, elle dispose, de plus, d’un couple moteur/boîte qui lui permet de prétendre au titre de grande routière. Ne manque plus qu’une petite mise à jour technologique pour que tremblent les marques premium.

Crédits photos : Nicolas Seurot pour The Automobilist