Le Nouvel Automobiliste

Prise en main Volkswagen Golf R : Tour de Corse, encore !

La vie est parfois faite de hasards facétieux. Très exactement un an après l’affaire du « Dieselgate », Volkswagen offrait un séjour particulièrement soigné à une cinquantaine de journalistes auto. Pour avoir eu la chance de faire partie des heureux élus, force fut de constater que la marque avait mis les petits plats dans les grands. Et quoi de mieux que le sport automobile pour revaloriser une image ternie ? Bienvenue, donc, au Tour de Corse.
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Ah, le Tour de Corse. Cette simple évocation doit normalement affoler le palpitant de tout être humain normalement constitué. Les pérégrinations de cette année (principalement dominée par Ogier) ainsi que les évolutions importantes prévues pour 2017 vous ont déjà été narrées par un ancien de la compétition auto à haut-niveau, notre fameux Jean Michel.

En marge de la course, Volkswagen proposait des séances de pilotage sur terre avec des Golf R. L’engin, fort de 300 canassons, dispose également d’une transmission à quatre routes motrices dite « intelligente ». Non, elle ne récite pas l’alphabet arménien à l’envers, mais elle gère la motricité de chaque essieu en fonction de ce que vous lui demandez. Inutile de préciser qu’il s’agit d’un véritable atout sur terre, y compris pour s’amuser ! L’idée n’était d’ailleurs pas de coller un temps, mais bien de cerner les bases du pilotage sur terre.

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Autant le dire tout de suite, je n’en menais pas large. Je me sens autant l’âme d’un pilote que d’un marchand de pommes, et je sais que ce genre d’expériences en groupe peut vite tourner à la démonstration du mâle dominant, alias le fameux kéké du rond point, dont le Q.I. est souvent inversement proportionnel au talent dont il se croit doté. Bref, je me retrouve sous 40°C à l’ombre avec 300 chevaux dans un champ de patates défoncé, et je dois soutenir la comparaison avec mes camarades au risque de passer pour ce que je suis : un conducteur du dimanche. Chienne de vie.

Je laisse donc mon comparse Jean-Michel prendre le volant. Cet ancien de l’écurie Rondeau (victoire au Mans, tout de même) s’amuse rapidement avec l’auto. Il me sera d’un précieux conseil, de même que tous les moniteurs dans le coin. L’auto m’aide également, puisque la Golf R est d’une prise en main redoutablement facile. Il faut, bien sûr, intégrer le fonctionnement de la transmission : accélérez trop tôt, ou trop fort, et l’auto sous-virera lamentablement. Le couple de moissonneuse (380 Nm dès 1.800 trs/min) vous colle au siège à la moindre accélération forte. Sous ses airs de ne pas y toucher, une Golf R abat tout de même le 0 à 100 en 5,1 secondes !

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Une fois la mécanique du transfert des masses assimilée, l’engin devient très vite, très drôle : appel, contre-appel, petit coup de frein pour délester l’arrière, et la Golf sur-vire à la manière d’une propulsion. Bien aidée par sa transmission qui sait rajouter des watts aux roues postérieures quand il le faut, l’engin finit par se piloter -presque- comme une bonne vieille BM… Ajoutez à cela une bonne direction et une boîte aux débattements courts (nettement plus courts que ceux d’une 308 GTi, j’y reviendrai bientôt…), et vous parvenez presque à oublier que les 1400 kg à vide sont largement dépassés…

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Le plus impressionnant, ce fut peut être le tour en tant que passager avec un pilote professionnel derrière le volant. Les 300 ch de la R ont davantage pu s’exprimer, et l’arrière-train se déplacer à la vitesse d’une queue de brochet en rut. Quelle étonnante machine que cette Golf R ! Extrêmement silencieuse et civilisée à allure réduite, redoutable prédatrice en haussant franchement le ton. Doit-elle avoir peur de la Peugeot 308 GTi, un peu moins puissante mais plus légère, mieux finie et moins chère ? Réponse très bientôt…

…et pour les irréductibles fans de course auto, quelques clichés de la course et de l’ambience générale  ! Qu’il me soit permis, au passage, de remercier l’ensemble de l’équipe Volkswagen, ainsi que deux consultants « stars » nous accompagnant : Anne-Chantel Powels et Luis Moya, dont les carrières de co-pilotes et les trajectoires respectives ne peuvent que susciter l’admiration. (Photos : Adrien Malbosc pour The Automobilist)