Le Nouvel Automobiliste

Essai Renault Scénic IV 1.2 TCe 130 ch : La référence se renouvelle

C’est lors du Mondial de l’automobile 1996 –il y a vingt ans déjà– que Renault a créé, pour le marché européen, le premier monospace compact. Issu d’un concept-car de 1991, dont il reprend le nom, le Scénic s’est, depuis, écoulé à plus de 5 millions d’exemplaires. Bis repetita en 2016, avec l’arrivée d’une quatrième génération elle aussi largement inspirée d’un concept-car, le R-Space. Mais, surprise, le monospace préféré des français délaisse ses atours jusque là très classiques pour une robe qui s’inspire beaucoup du grand succès du moment, le SUV. Au-delà de sa transfiguration, le Scénic IV renie t-il largement ce qui a fait le succès de ses trois prédécesseurs ? Trahit-il l’esprit de la voiture familiale selon Renault ou, au contraire, optimise-t-il le genre ? Autant de questions auxquelles un essai approfondi nous a permis de répondre.

Sommaire :

  1. A partir d’une page blanche, ou presque
  2. De quoi déboussoler les habitués
  3. Plus voiture vivante que voiture à vivre
  4. Talentueux Scénic, mais mesuré

A partir d’une page blanche, ou presque

Ce qui a le plus fait parler lorsque Renault a, lors du dernier salon de Genève, dévoilé le quatrième opus du Scénic, c’est la présence de très grandes roues de 20″. On pensait alors à une option coûteuse qui ne remporterait qu’un succès très modeste auprès des acheteurs. Mais le constructeur leva immédiatement le doute en précisant que toutes les versions, y compris celles dotées de jantes en tôle, auraient droit à cette taille de jantes. Diamètre unique, donc, mais également largeur unique pour les pneumatiques puisque la seule monte homologuée sur ce modèles est le 195/55 R20. Lorsque l’on découvre le Scénic en « vrai », c’est-à-dire débarrassé des habillages de lumière d’un salon et au milieu d’autres véhicules, on ne peut que saluer l’audace des designers du Losange. D’une part, ces jantes donnent au Scénic un  fort accent de SUV, d’autre part, elles le font paraître plus compact qu’il ne l’est réellement.

Quel que soit l’angle sous lequel on l’observe, le Scénic IV se distingue nettement de la troisième génération. A l’avant, sa calandre s’inspire largement de celle qu’arborent déjà les Espace, Talisman et Mégane. Elle intègre un losange toujours plus gros, mis en valeur par deux filets de chrome qui font le lien avec les optiques. D’un dessin classique, ces dernières délaissent le « C » de leds débordant sur le bouclier, comme on peut le trouver sur les deux dernières berlines de la marque, et préfèrent intégrer celui-ci dans la forme générale du phare, à l’instar d’un certain Espace. Cela ne manque pas d’élégance, mais banalise la face avant. Le bouclier, pour sa part, suggère largement le dynamisme, pour ne pas dire la sportivité.

C’est de profil que le Scénic masque le moins sa nature première. Celui-ci est presque parfaitement monocorps avec un capot plus court, plus haut et plus plongeant que celui du Scénic III. Pour dynamiser un dessin toutefois un peu massif, l’équipe de Laurens van den Acker a multiplié les astuces. De haut en bas, on trouve un pavillon courbé dont la partie arrière n’hésite pas à prendre de l’angle, un pilier C largement incliné, une ligne inférieure de vitrage qui connaît un sursaut dans sa partie postérieure et des protections de bas de caisse, noires sur toutes les versions, dont la forme évoque un accent circonflexe. Un gimmick déjà connu du Captur ou de la Clio.

C’est finalement le postérieur du Scénic qui surprend le moins, voire déçoit quelque peu. Les similitudes avec la Clio Estate sautent aux yeux même si le « V » de la lunette arrière est un peu plus marqué et les feux légèrement différents dans leurs contours. On s’étonne que Renault n’ait pas choisi de conserver des feux arrière verticaux comme sur la précédente mouture de son monospace compact ou sur son vaisseau amiral, l’Espace. L’explication est assez simple et tient dans un seul mot : différenciation. En effet, la version allongée, toujours baptisée Grand Scénic, profite encore, pour sa part, de ces éclairages verticaux. Vus de l’arrière, « petit » et Grand Scénic IV se distinguent ainsi davantage que ne le faisaient les précédents modèles.

Dans l’ensemble, le design extérieur du Scénic est toutefois largement réussi, comme l’ont prouvé le nombre important de têtes qui se sont retournées sur notre passage durant cet essai. Gageons toutefois que le Jaune Miel de « notre » véhicule aura aussi grandement contribué à ce succès visuel. Suite de l’essai à l’intérieur du Scénic IV en page 2.

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