Le Nouvel Automobiliste
Essai Audi S7 LNA Dumoulin 2019 (23)

Essai Audi S7 Sportback 55 TDi 349 ch : tout sauf ascète !

Voulant donner la réplique à une certaine Mercedes-Benz CLS, Audi propose depuis 2010 le coupé cinq portes A7 Sportback. Routière pure et dure dans une robe fine et gracieuse, esthète qui évite l’austérité des berlines conventionnelles, elle désire s’encanailler en adoptant le V6 Diesel de 349 ch. La croqueuse d’Autobahn serait-elle à l’aise sur les routes sinueuses cerclant les montagnes aveyronnaises ? 

Côté design : profil bas ?

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A7, S7, quelle ligne ! À la fois massive, imposante, mais tellement sensuelle, la grande berline aux accents de coupé doit la finesse de son dessin à son profil élancé qui rappelle en quelque sorte le toit plongeant et les faibles surfaces vitrées de la Jaguar XJ.

Dans cette livrée grise, cette sportive joue la carte du bon goût et de la sobriété. De quoi laisser la place à une plus radicale Audi RS7 ! Ainsi la face avant ne verse pas dans l’excès d’agressivité mais ne manque toutefois pas de prestance, grâce notamment à la signature lumineuse de ses phares Matrix-LED, proche de celle du Q8. En revanche, les caméras et radars protubérants sur la calandre auraient gagné à être plus discrets.

Les appendices (aéro)dynamiques de la S7 se font plus présents que sur une A7, dans le pare-chocs avant (entrées d’air latérales, jupe de pare-chocs) et à l’arrière (extracteur d’air et 4 sorties d’échappement). Le profil garde sa classe naturelle, musclé par des jantes de grandes dimensions (20 ») et orné de touches alu notamment au niveau des coques de rétroviseurs.

À l’arrière, on retrouve le bandeau de feux introduit sur la nouvelle mouture de l’A7, surmonté du spoiler rétractable, qui se déploie quand la vitesse augmente… ou à la demande.

À bord de l’Audi S7, esthète à tête

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En quelques mots, l’habitacle de l’Audi S7, c’est la sobriété élégante et technologique. Si le noir domine dans cet intérieur, il est sublimé du ciel de toit aux tapis de sol. Façon matelassé pour la sellerie, laqué sur le tableau de bord et mis en valeur par des inserts alu, orné d’un éclairage d’ambiance personnalisable sur la console centrale et les portes… On se sent bien à bord et l’atmosphère est familière quand on connaît l’A8 et l’A6.

À l’arrière, l’espace pour la tête est limité, mais le mètre 75 de votre essayeur, surmonté d’une épaisseur de cheveux de 5 cm, rentrent sans toucher le pavillon. En revanche, on voyagera confortablement uniquement à 4. Le 5ème passager est gêné par le tunnel de transmission imposant, par la raideur et le manque d’inclinaison du dossier, que l’on préfèrera utiliser comme accoudoir.

L’accessibilité au coffre profite du grand hayon s’ouvrant généreusement. La hauteur sous tablette n’est pas très élevée, mais au moins on ne peinera pas trop à sortir les bagages. Audi aurait juste pu penser à un petit raffinement pour protéger les passagers du froid quand le hayon est ouvert, sous forme d’un store rigide par exemple. Une Citroën XM faisait mieux en la matière avec sa treizième vitre !

Derrière le volant, un poids deux mesures !

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Derrière sa silhouette fluide et élancée, l’Audi S7 Sportback demeure une berline de 2 tonnes et de 5 mètres de long. Mais pour garantir son agilité, elle peut compter sur ses roues arrière directrices, ses quatre roues motrices quattro et sa suspension sport, plus ou moins ferme en fonction du mode choisi – l’amortissement piloté étant optionnel. Le comportement est donc rassurant et, contre toute attente, on oublie presque le gabarit de la routière , même si les 2,12 m de largeurs invitent à la prudence dans les rues les plus étroites.

Boîte sur Sport, nous choisissons le second affichage « sportif » de l’ordinateur de bord et commençons donc à enrouler les courbes, les lacets, les cotes et les pentes. Avec facilité il faut le dire, aidés par une direction précise mais douce. En conduite dynamique, les 700 Nm de couple, les 349 ch et les deux turbos (un mécanique, l’autre électrique, dont un à l’admission soufflant à la demande dès 1 200 trs/min) poussent vraiment. Sans mettre de coup de pied dans l’arrière train, on est jamais à la peine ni pris en défaut…ni trop bousculé. Le confort reste en effet remarquable en toute circonstance !

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Après nous être bien amusés pour apprécier les qualités dynamiques, les premiers sifflements des freins sonnent l’heure de la fin de la récréation. Malgré leur diamètre généreux (19 pouces à l’avant, 18 à l’arrière) ils sont mis à rude épreuve. On leur pardonne aisément, nous les avons brutalisés… Pour aller plus fort et plus longtemps, il faudra se tourner vers la nouvelle RS7 et ses 600 ch !

Nous passons donc sur l’autoroute pour ménager notre monture (et nous-mêmes). La voie rapide nous permet de témoigner des qualités intrinsèques de l’Audi S7. Notamment son confort. Régulateur de vitesse calé à 130 km/h, mode de conduite basculé sur « Confort », douceur et silence deviennent alors prédominants et montrent un tout autre visage du coupé 5 portes Audi. Le système de micro-hybridation de 48V contribue à cette quiétude, à la fois en épaulant le moteur thermique au besoin et en le laissant se reposer dans les phases de roue libre.

Un équipement dédié au look sportif et surtout au confort

La plupart des équipements spécifiques à l’Audi S7 Sportback sont d’ordre esthétique et visent à compléter sa présentation sportive, notamment à l’intérieur. Le ciel de toit (ou en tout cas ce qu’il en reste après l’implantation du toit ouvrant panoramique) se pare de noir et les pédales d’acier. Autour du volant à méplat, les palettes de changement de vitesse trônent de part et d’autre. C’est enfin l’aluminium qui s’occupe d’égayer l’habitacle en s’insérant sur les portes et le tableau de bord.

Outre ces détails de finition, la S7 soigne également son équipement technologique et reçoit le système pre-sense front, l’aide au stationnnement, la caméra de recul, l’alerte de changement de voie… le tout pouvant être amélioré par des packs dédiés optionnels. Mais ce qui compte, c’est la présence de la transmission intégrale quattro et l’amortissement à régulation électrique, sans qui le « feeling » de la S7 Sportback serait tout autre ! Mais notons qu’il faut mettre la main à la poche pour avoir les 4 roues directrices.

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Au chapitre de la connectivité, virtual cockpit et MMI sont présents sur toutes les Audi S7, ainsi que la sono Bang & Olufsen à son 3D et la navigation. L’affichage de cette dernière sur l’ordinateur de bord est toujours aussi impressionnant !

Si nous avons largement parlé du confort de cette routière-née, mentionnons tout de même la climatisation automatique 4 zones, le hayon électrique ou encore le rétroviseur intérieur automatique jour/nuit qui agrémentent l’utilisation de cette sportive… qui choie ses passagers.

Prix de l’Audi S7 : loin du plancher des vaches…

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L’Audi S7 Sportback est proposée à partir de 93 280 €. En comparaison, l’Audi S6 est affichée à partir de 84 280 €. Un écart de 9 000 € qui peut faire hésiter, car l’Audi S6 est plus spacieuse et tout aussi intéressante à conduire ! Nous vous invitons à lire ici son essai complet !

Ses concurrentes sont assez peu nombreuses :

  • Mercedes-Benz CLS 400d 4MATIC AMG-Line+ 340 ch à partir de 93 049 €
  • BMW 840d xDrive 320 ch Gran Coupe à partir de 100 250 €
  • Et pourquoi pas la Kia Stinger GT, avec le 3,3 T-GDi 366 ch BVA8 4×4, à partir de 60 900 € ? En essence, certes, mais l’écart à la pompe est compensé par le prix largement inférieur !

Sur les routes de montagne sinueuses à souhait, l’Audi S7 s’est avérée être une GT très homogène qui se laisse balancer d’un virage à l’autre avec nervosité. Derrière sa ligne élégante, désirable et relativement sobre, elle cache bien son jeu et se montre compétente en conduite dynamique et étonnamment maniable pour une voiture de cette taille. Elle demeure également une excellente autoroutière, un TGV de la route. Certes, elle pourrait être plus accueillante en termes de rangements et d’espace arrière habitable. Mais si l’espace arrière importe plus que la commodité du coffre, sachez qu’Audi propose également la S6 avec la même motorisation !

Essai et photos : Thibaut Dumoulin – Le Nouvel Automobiliste