Le Nouvel Automobiliste

Essai Audi A5 coupé : en V6, quattro et avec classe

Dévoilée en juin 2016, la nouvelle Audi A5 coupé est passée récemment entre nos mains pour quelques jours d’essai. Les 1000 km parcourus nous ont permis de prendre en main ce coupé premium et de le tester sous toutes ses coutures.

Partons à la découverte de cette A5 coupé V6 TDI 218ch S tronic quattro. Difficile de lui trouver une concurrente directe : la BMW Série 4 se choisit en 420d (4 cylindres) de 190ch ou en 430d (6 cylindres) de 258 ch. Même remarque du côté de chez Daimler puisque la Mercedes-Benz Classe C la plus puissante est la C250d animée par un 4 cylindres de 204ch. Audi fait un peu figure de résistant à proposer des V6 pour une puissance aussi « basse ». Bon choix ? Nous le découvrirons par la suite.

En statique

Un look qui évolue dans la continuité

Cette A5 coupé conserve l’élégance de la précédente génération mais gagne,à mes yeux, en agressivité. Certains trouveront que les évolutions sont trop minimes, d’autres apprécieront la simplicité des lignes préservée.

Le profil a quasiment été conservé : on retrouve cette vague qui s’étend du phare avant jusqu’au feu arrière. C’est la face avant qui a le plus évolué : le capot est bien plus plongeant. Les phares sont plus acérés et plongent eux-aussi vers la grosse calandre chromée. Certains la trouveront trop imposante, trop proéminente et trop proche des autres modèles Audi. Quoi qu’il en soit, ça lui donne un caractère nettement plus affirmé et moins pataud que la précédente version. L’arrière de la voiture évolue quant à lui assez peu : on retrouve tout de même des traits plus fins dans le dessin des feux.

Si la robe blanche de notre modèle d’essai ne met pas parfaitement les courbes de cette A5 coupé, en valeur, vous aurez une palette de couleurs intéressante à disposition, qui vous permettra de sortir de la tristesse grise du paysage automobile français.

Si vous désirez un look plus sportif et un peu plus fun (sans franchir le pas et casser votre tirelire pour acquérir une S5 ou une RS5), vous pourrez opter pour le pack extérieur S line qui vous modifiera l’intégralité de vos bas de caisse, vous rajoutera un peu de chrome ici et là.

Pour parfaire la voiture de vos rêves, vous aurez le choix entre de nombreuses jantes (12 si j’ai bien compté) entre 17 et 19  pouces. Il y a de très beaux modèles et vous ferez preuve de beaucoup de mauvaise volonté si vous n’y trouvez pas votre bonheur. Notre modèle d’essai était équipé des superbes 5 branches dynamiques en 19 pouces.

 

Design Luxe

Notre modèle d’essai était en finition Design Luxe. Cette finition se situe entre la S line et la plus haut de gamme, l’Avus. De base et sans autre option, on retrouve parmi les équipements les plus intéressants : le virtual cockpit, le MMI navigation plus avec le MMI touch, les sièges en cuir réglables électriquement et les phares à LED. On dispose également d’une caméra de recul et d’une clef « sans contact ». On ne devrait même pas le mentionner sur un véhicule de cette gamme, pourtant cet accessoire est en option sur les finitions inférieures…

En plus de ça, notre modèle était équipé, entre autres, des amortisseurs pilotés, du pack assistance city, de l’affichage tête haute et du système Bang & Olufsen.

Nous reparlerons de tous ces points dans la suite !

Un intérieur au top niveau

Une fois installé au bord, même les plus grands détracteurs d’Audi le reconnaîtront : ça respire la qualité. Tout est franchement très joli et bien fini. Les plastiquedurophobes seront au cieux.

On se sent parfaitement installé dans les sièges « sport » dont notre A5 coupé d’essai était équipée. Cette option apporte un maintien supplémentaire par rapport aux sièges d’origine, mais on est très loin de sièges réellement sportifs tels qu’on pourra retrouver dans une S5 ou une RS5. Le cuir Milano est très agréable au toucher et laisse peu de doute quant à la qualité de la peau. Les sièges sont entièrement réglables électriquement, tout comme les appuie-tête et les lombaires. Ils sont également munis d’un système de massage qui saura détendre votre petit corps endolori lors des grands trajets. Il faut un peu de pratique mais une fois la procédure prise en main, ce n’est pas désagréable.

A noter le « bras » qui vient vous livrer la ceinture pour ne pas que vous ayez à étendre votre musculature et subir un tel inconfort 🙂

L’habitabilité est évidemment très bonne pour les places avant. Seulement deux passager(e)s peuvent prendre place à l’arrière. Un espace de rangement est prévu entre les deux places. Vous y serez confortablement installé à condition de ne pas être trop grand : la garde au toit est en effet assez limitée (visiblement 88 cm). Le coffre est quant à lui généreux puisqu’il offre un volume de 465 L.

Tout pour le conducteur et les passagers

Des écrans en pagaille

Le tableau de bord est lui aussi agréable à l’œil, surtout recouvert de frêne comme notre modèle d’essai (en option). Il est surplombé par un écran couleur d’une taille généreuse de 8,3 pouces qui permet d’afficher toutes les informations gérées par le système MMI. Puisqu’on parle d’écran, on retrouve également le fameux Virtual Cockpit qui remplace les traditionnels cadrans à aiguille auxquels nous sommes tant attachés. J’avais déjà eu l’occasion de le remarquer lors de l’essai du Q7 e-tron mais il faut là aussi reconnaître que ce système est parfaitement intégré, lumineux et facile à prendre en main. Pour finir, on a l’affichage tête haute, directement projeté sur le pare-brise.

On a donc beaucoup d’écrans dans cette A5 coupé, et beaucoup d’informations. Peut-être trop ? Une fois l’effet « wahou » de toute cette technologie passé et après avoir passé un peu de temps à s’amuser avec tout ça, on en arrive à se demander : qu’est ce que ça m’apporte réellement ? Je peux afficher la carte du GPS sur l’écran central ou sur le virtual cockpit, ou sur les deux si je veux, en plus les directions sont indiquées sur le HUD. Idem pour la radio, je peux l’afficher ici, là, partout. Au final, je pense qu’on pourrait se passer de l’écran central comme Audi l’a fait sur la TT. C’est un peu égoïste mais ça simplifierait la planche de bord et ce trop plein d’écran. On voit que Tesla a choisi une autre solution sur la Model 3 : ce sera un gros écran central et pis c’est tout. Pourquoi pas.

Et pour finir qu’est-ce qu’on y fait sur ces écrans ? Beaucoup de choses.

La mollette centrale permet de naviguer entre les (très) nombreux menus. La surface tactile permet également de « dessiner » directement les lettres une par une au lieu de les choisir. Plutôt ludique mais aussi assez efficace une fois qu’on a pris le coup. On y choisit sa musique : radio, CD, Bluetooth, clef USB, entrée auxiliaire, disque dur intégré à la voiture…

Bang & Olufsen

Pour profiter au maximum du son, notre modèle était équipé de l’option Bang & Olufsen 3D Sound System. Ce système vous restitue vos plus belles musiques via 14 haut-parleurs distribués dans l’ensemble de l’habitacle et dans la roue de secours pour le caisson de basse.

Je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel pour le tarif demandé mais j’ai été un chouilla déçu. On a bien évidemment un son et un rendu excellents, mais malheureusement je trouve que la qualité se dégrade lorsqu’on roule et qu’on commence à avoir quelques bruits de roulement ou aérodynamiques. On est alors obligé d’augmenter sensiblement le volume et le plaisir s’en trouve altéré.

GPS pour Google Positioning System

L’A5 utilise directement Google Maps pour le GPS : tout le monde est désormais habitué à ces cartographies donc on n’est pas perdu. On peut même afficher les cartes en mode « satellite » et en fonction des villes vous pouvez même visualiser les rues en mode « street-view ».

Connecté

L’interface qui gère les contacts et les appels via votre téléphone connecté en Bluetooth est agréable à l’usage. Le système permet également d’accéder à vos SMS qui se retrouvent directement affichés sur l’écran ou lu via une synthèse vocale. Pas indispensable mais sympa, voire gênant.

A noter qu’un emplacement dédié à votre téléphone est présent sous l’accoudoir central. Vous pourrez y déposer votre téléphone, sa réception sera amplifiée via l’antenne de la voiture et si votre téléphone est compatible, vous pourrez le recharger par induction.

On accède aux informations d’Audi Connect qui vous permettront de rechercher des points d’intérêt, la météo, les actualités, et beaucoup d’autres choses que je n’ai pas testées.

La vie en 360°

L’écran central permet aussi de surveiller ses arrières (mais aussi son avant et ses côtés) quand on manœuvre pour se garer. En effet, avec l’option « pack assistance stationnement » le véhicule est équipé de 4 caméras qui permettent, entre autres, de reconstituer une vue de la voiture de haut

Au frais en toutes circonstances

En dessous de l’écran principal on retrouve la gestion de la climatisation. Là aussi c’est très qualitatif avec des boutons traditionnels mais qui sont aussi tactiles. La finition inclut une climatisation 3 zones pour que le conducteur, le passager avant et les passagers arrières puissent choisir chacun leur température parfaite.

Nous avons, je pense, relativement bien fait le tour du propriétaire. Passons maintenant à la pratique.

En dynamique

Un GMP coupleux et souple…

Une fois démarré, le V6 TDI de 3.0L de cylindrée se révèle très discret. Les vibrations sont inexistantes et le bruit, pas toujours sexy du Diesel est bien maitrisé et probablement bien aidé par une bonne insonorisation de l’A5 coupé. On pourra même se permettre de dire que la sonorité est agréable lors des montées en régimes !

Ce moteur est disponible uniquement en S tronic 7 rapports, une boîte automatique à double-embrayage. Les vitesses passent vite et vous pouvez, si vous le souhaitez, passer en mode manuel et utiliser les palettes solidaires du volant. Le seul point négatif que j’ai pu trouver à cette boîte est sa gestion des décollages : lorsque vous êtes à l’arrêt que vous souhaiter démarrer, il y a un temps de latence non négligeable entre le moment où vous appuyez sur l’accélérateur et le moment où la voiture se met à bouger. J’ai essayé toutes les façons possibles mais je n’ai pas réussi à trouver un décollage satisfaisant : il est trop lent en appuyant normalement sur la pédale d’accélérateur ou il secoue trop si on appuie trop fort.

Globalement, l’ensemble moteur-boîte appelle à la conduite calme. Le couple (400 N.m @ 1250 tr/min) et la puissance (218 ch @ 4000 tr/min) du V6 TDI 3.0L sont suffisants pour obtenir de belles accélérations (0 à 100 km/h en 6,6 secondes) et relances. On pourra sans aucun problème arriver à des vitesses prohibées sans s’en rendre compte, aidé par la bonne insonorisation de la voiture.

Il n’y a aucun doute : c’est une excellente machine à cruiser sur l’autoroute. Si vous voulez encore plus de sérénité, vous pourrez opter pour le pack « route » qui contient, entre autres, le régulateur de vitesse auto-adaptatif.

… tout en restant sobre.

 

L’autre point extrêmement positif de cette A5 coupé est la consommation. Malgré la cylindrée du moteur, elle reste très contenue et ma moyenne sur plus de 1000 km s’établit à un peu moins de 6,5L/100 km.

Je n’ai pourtant pas eu une conduite particulièrement économique et n’ai pas lésiné sur le pied droit quand c’était nécessaire. Une chose intéressante que j’avais déjà eu l’occasion de découvrir sur le Q7 e-tron : via le GPS, la voiture sait quand vous avez un rond-point devant vous, un changement de limitation de vitesse, une entrée dans une agglomération, … et vous indique quand vous pouvez lever le pied de l’accélérateur. C’est pratique et même si vous n’êtes pas un fervent pratiquant de l’éco-conduite, vous trouverez tout de même cela agréable.

Autre point également directement lié à cela. Lorsque vous levez le pied de l’accélérateur et en fonction de la vitesse et de la route sur laquelle vous évoluez, l’embrayage peut automatiquement désaccoupler le moteur et ce dernier passe au ralenti. Vous êtes littéralement en roue-libre. Dès que vous solliciterez la pédale d’accélérateur, le moteur sera à nouveau embrayé et vous continuerez à rouler normalement.

Ce type de stratégie peut surprendre car on sait qu’habituellement, lorsqu’on lève le pied, le moteur passe en coupure d’injection : il est entraîné uniquement par les roues de la voiture mais n’injecte pas de carburant (vous voyez 0 L/100km sur votre tableau de bord lorsque vous êtes dans ce mode de fonctionnement). Malheureusement ce type de fonctionnement a ses limites puisque vous êtes en frein moteur et le véhicule décélère assez rapidement.

Dans certains conditions, il vaut mieux laisser le moteur au ralenti (on va donc consommer du carburant) mais découpler le moteur du reste de la transmission. Ainsi, on limite les pertes d’énergie et le véhicule peut continuer à rouler sur sa lancée pendant de nombreux kilomètres. Vous pouvez essayer en débrayant par exemple et vous vous rendre rapidement compte de la différence.

Une suspension pilotée pour toutes les situations

En plus d’un groupe motopropulseur musclé et doux à la fois, cette nouvelle A5 coupé possède un châssis très agréable. Notre modèle d’essai était équipé de l’option « suspension pilotée » qui permet de sélectionner le type d’amortissement en fonction de sa volonté. Malgré les jantes de 19’’ et un châssis rabaissé de 10mm par rapport au châssis de série, cette A5 propose un excellent confort lorsque vous sélectionnez le mode « comfort » (ça tombe bien).

Le mode « dynamic » raffermit les suspensions et vous permettra de vous amuser dans les courbes et les petites routes. Bien évidemment, ce modèle n’a pas vocation à être sportif (les S5 et RS5 sont là) mais malgré un poids élevé (1900 kg dans cette finition/motorisation), cette A5 s’en sort plutôt bien et les mouvements de caisse sont très limités.

Globalement, cette A5 sera la voiture idéale pour avaler des kilomètres sans s’en rendre compte.

Le bilan

Audi A5 coupé : des prestations et un tarif de haut vol…

Pas de doute, cette A5 coupé est une excellente voiture sur tous les plans : des finitions parfaites, des matériaux de qualité, un moteur et une boîte agréables et sobres. Son design est une affaire de goût mais personne ne pourra nier qu’on est face à un beau coupé de caractère.

D’un point de vue de l’équipement, il y a tout le nécessaire mais beaucoup de choses sont en option et la facture monte très très vite. Tous les éléments que l’on retrouve désormais dans les véhicules de gamme plutôt généralistes sont ici hors de prix : avec la finition Design Luxe, vous devrez par exemple débourser 1190€ pour l’affichage tête haute, 2380€ pour le pack avec le système d’indicateurs d’angle mort, le parking automatique, les caméras, etc, 1800€ pour le pack  route qui comprend le régulateur auto-adaptatif, la lecture des panneaux, etc. Pas réellement un problème en soi mais il faut accepter cette politique du « tout en option » 🙂

Si l’A5 coupé débute à 39190€, notre version d’essai flirtait avec les 70000€. Voir le détail ci-dessous :

Crédit photos : The Automobilist