Le Nouvel Automobiliste
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Essai Abarth 124 GT : le roadster plaisir ?

Bien que le succès de l’Abarth 124 Spider soit très mitigé (337 immatriculations dans le monde en 2018), la marque au scorpion souhaite continuer à étoffer son offre en proposant une version à hard-top. Avec ses faux airs de coupé, cette déclinaison dénommée Abarth 124 GT se rapproche de la version Rally (brillante dans les catégories R-GT et GT+) dans une livrée bien-sûr plus « civilisée ». Alors, ce roadster vous donnera-t-il ou non le sourire ? On vous répond dans ces lignes.

Une Mazda MX-5 à la sauce italienne

Basé sur la Fiat 124 Spider, le profil de cette Abarth 124 GT ne laisse que très peu de doute quant au caractère sportif et exclusif de l’engin. Avec son long capot avant et sa position de conduite reculée, le petit roadster se présente comme une véritable bombinette des temps modernes.

D’ailleurs, si certains y trouvent une allure semblable à celle du Fiat 124 Sport Spider des années 60/70, c’est tout à fait normal. En effet, la marque italienne a souhaité remettre ce spider au goût du jour en s’associant, pour ce faire, avec Mazda. La Fiat 124 Spider (et donc l’Abarth 124 GT) partage ainsi la même plate-forme que celle du Mazda MX-5.

Fiat 124 Spider de 1974

Mais qui dit même châssis, ne veut pas dire forcément même look. Et c’est tant mieux d’ailleurs, car nous avons affaire à deux dessins totalement différents : là où la Mazda MX-5 apparaît compacte, l’italienne se veut plus élancée. De quoi satisfaire, en tout cas sur le papier, des clients différents.

Abarth 124 Spider et 124 GT : le jeu des 7 erreurs à l’extérieur…

Ces rappels effectués quant aux origines italo-nippones de la Fiat/Abarth 124, nous pouvons à présent évoquer les différences qui existent entre la version spider et son homologue GT que nous avons eu l’opportunité d’essayer. La plus notable réside bien évidemment dans l’adoption d’un hard-top. Bien que composé de carbone avec son système de dégivrage intégré, ce toit alourdit de 16 kg le poids de l’Abarth 124 Spider (au demeurant contenu : 1050 kg). Et même si celui-ci est censé être démontable, il nous a été impossible de le défaire et ainsi de profiter cheveux au vent de cette Abarth.

Autre différence niveau look, la présence de jantes OZ Ultraleggera en 17 pouces qui permettent de gagner trois kilogrammes sur la balance. Ces jantes semblent ainsi avoir un intérêt plus pratique qu’esthétique ; leur design manquant un peu d’originalité et d’exclusivité.

Enfin, dernier détail qui n’aura pas échappé aux aficionados de la marque : la ligne d’échappement à quatre sorties Record Monza. Au-delà du look, c’est surtout la sonorité qui s’en retrouve décuplée mais ça, nous le verrons plus tard ! Globalement, ces quelques modifications permettent à l’Abarth 124 GT d’afficher un côté encore plus racé, qui lui sied bien.

… comme à l’intérieur

A l’intérieur, même combat : les différences entre une Abarth 124 Spider et une 124 GT sont très discrètes. Lorsque l’on ouvre les portes, on retrouve ainsi la même planche de bord que sur la version 124 Spider. A l’image des compteurs mi-analogique mi-numérique très sobres, l’intérieur de l’Abarth 124 GT ne laisse aucune place au superflus. L’écran central concentre le système GPS, la radio ou encore les différents réglages de conduite de l’Abarth 124 GT, tandis que l’ensemble est piloté par un joystick et quelques boutons sur la console centrale. Niveau ergonomie, tout tombe sous la main, et cela permettra au conducteur de se concentrer plus facilement sur la route.

Côté habitabilité, même pour les gabarits de plus d’1,90 m force est de reconnaître que l’on se sent bien à bord. Malgré un réglage de siège manuel perfectible, le conducteur trouvera facilement une position adéquate pour profiter pleinement du voyage. Un voyage qui promet d’être dynamique vu que le pilote sera littéralement assis sur l’essieu arrière !

Niveau qualité, certains éléments sont durs (comme ceux de la partie basse). Malgré tout, l’alignement et l’aspect se révèlent satisfaisants. On aurait cependant aimé la présence de cuir et d’Alcantara sur quelques parties de l’habitacle pour plus de noblesse, mais nous reconnaissons les efforts fournis par la marque pour flatter le conducteur.

Sur la route : une formule qui fonctionne toujours

Pourquoi changer de recette lorsque celle-ci marche ? Avec son bloc 1.4 MultiAir de 170 chevaux disponibles à 5 550 tr/min et ses 250 Nm de couple dès 2 500 tr/min, les performances de cette Abarth 124 GT sont identiques à celles de la version Spider (en dépit d’un poids supérieur de 13 kg). Le 0 à 100 km/h est abattu en 6,8 secondes tandis que la vitesse de pointe s’établit à 232 km/h.

Après la théorie, passons maintenant à la pratique. Dès le démarrage (en ayant gardé la clé dans la poche – merci le système mains libres), le rugissement du moteur se fait bien entendre. Cette sonorité provient de la ligne d’échappement Record Monza qui procure une irrésistible envie de jouer avec la pédale d’accélérateur. Avec le mode Sport enclenché, celle-ci se montre encore plus expressive. Ce mode permet par ailleurs de profiter d’une pédale d’accélérateur plus ferme, et de 20 Nm de couple supplémentaires. Néanmoins, sur ce dernier point, nous n’avons pas vu de réelles différences entre le mode Normal et le mode Sport. Dommage, on aurait aimé avoir un vrai coup de pied aux fesses !

D’ailleurs, on constate un essoufflement entre 2 000 et 3 500 tr/min, semblable à ce que l’on pourrait ressentir avec un moteur atmosphérique… Alors que le bloc de cette Abarth 124 GT est suralimenté ! Et le mode Sport n’y change rien. Il faut effectivement « taper » dans les tours pour pleinement profiter des 170 ch de la sportive italienne.

Un ensemble mécanique au top

Fort heureusement, la boîte de vitesses à 6 rapports compense cette impression, et s’avère très gratifiante pour son conducteur. Très facile à manier avec son petit levier court et un étagement irréprochable, elle se révèle être l’amie idéale face aux creux de la mécanique. Pour ne rien gâcher, le pédalier, ferme mais efficace, permet d’effectuer un double débrayage comme un véritable pilote !

Côté consommation, on aurait pu s’attendre à des chiffres stratosphériques, mais il n’en est rien ! Malgré ses 170 chevaux, le petit 1,4 MultiAir ne demande que 6,8 l aux 100 km (consommation calculée sur notre parcours de 1 200 km). Une donnée raisonnable pour un tel véhicule et nous pouvons, pour le coup, dire merci au downsizing. Cela étant, on se retrouve tout de même assez souvent à la pompe ; le réservoir ne pouvant contenir que 45 litres d’essence.

La route lui colle au châssis !

Là où certains roadsters se montrent souvent inconfortables sur de longs parcours, l’Abarth 124 GT reste appréciable. Quatre voies, routes nationales ou encore cols de montagne : notre trajet mêlait différents types de routes et jamais « notre » Abarth 124 GT n’a été prise en défaut, malgré la présence d’amortisseurs Bilstein plutôt typés sport. Même les imperfections de la route (nids de poule et coussins berlinois) n’ont pas réussi à la prendre au dépourvu.

A vrai dire, l’Abarth 124 GT profite d’un châssis taillé pour la route et bien dimensionné, ce qui lui sert grandement. On en vient naturellement à rêver d’un moteur plus puissant, pour rendre cette Abarth encore plus affûtée. Qui sait, peut-être que les ingénieurs italiens planchent déjà sur le sujet ? En attendant, vous l’aurez compris, la conduite de l’Abarth 124 GT nous a enthousiasmée. On enroule facilement les virages, notamment grâce au différentiel à glissement limité et à la direction très précise de l’engin. L’ESP relativement « permissif » contribue également à ce plaisir de conduite.

40 900 € de pur plaisir

Abordons maintenant l’aspect financier, qui est souvent le sujet qui fâche ! Pour rappel, à sa sortie, la Fiat (pas Abarth) 124 Spider s’affichait aux alentours des 40 000 €. Soit près de 5 000 € de plus que sa cousine, la Mazda MX-5, dans sa version la plus chère !

Depuis, le constructeur transalpin a changé sa donne. En effet, l’entrée de gamme de la Fiat 124 Spider s’établit maintenant à 34 500 €, soit le même prix que la version 160 chevaux de la MX-5. Ceci permet de proposer cette Abarth 124 GT à partir de 40 900 €.

Si le tarif paraît corsé, il convient de le mettre en corrélation avec les prestations de la voiture. L’Abarth 124 GT est un roadster particulièrement affûté, qui sait aussi se montrer confortable quand il le faut. Une polyvalence appréciable qui peut permettre, à l’envi, de rouler tranquille ou alors de se prendre pour un pilote du Monte-Carlo. Le côté rétro de cette Abarth contribue d’ailleurs à son charme, et ne laisse personne indifférent.

Autant d’éléments qui ont fait, vous vous en doutez, qu’il nous a été plutôt difficile de rendre le véhicule à la fin de l’essai ! Quoi qu’il en soit, nous garderons un excellent souvenir de cette Abarth 124 GT, qui prouve que l’on peut encore, en 2019, trouver des véhicules plaisir.

Crédits photos : Christian Condé pour Le Nouvel Automobiliste