Le Nouvel Automobiliste

Découverte de la Peugeot 308 R HYbrid à Montlhéry

Il y a pire occupation sur terre que d’essayer des automobiles sportives, a fortiori sur circuit. Et la découverte d’un prototype de voiture sportive sur piste est un instant encore plus intense. Nous vous proposons de partager ce moment, en compagnie de la Peugeot 308 R HYbrid, lors des Grandes Heures de l’Automobile sur le circuit de Montlhéry !

Entendons-nous bien pour commencer : il s’agit d’une découverte et non d’un essai. Excusez-nous donc de péter l’ambiance mais nous étions à la place passager, exemplaire unique oblige… De courts moments pour nous forger un avis liminaire sur la 308 R HYbrid, à la fois parce qu’elle fut mise à l’épreuve durement par son pilote, Gaëtan Demoulin, et parce que nous avons pu comparer les sensations à bord avec celles transmises par la plus puissante des 308 actuelles : la GTi.

Bref retour sur la 308 R HYbrid

La Peugeot 308 R HYbrid, à ne pas confondre avec la technologie avortée Hybrid Air côté prononciation, a été présentée au Salon de Shanghai en 2015. C’est la version ultime de la 308 sportive, qui marie moteur thermique THP de 270 ch et 2 moteurs électriques (de 115 ch chacun) aux batteries rechargeables sur secteur. C’est la prévision de la future stratégie hybride de PSA censée voir le jour d’ici la fin de la décennie.

Elle aurait pu rester au stade de l’étude de style, mais les équipes de Peugeot Sport ont eu plus de liberté que d’ordinaire. Après deux photos postées par l’ancien DG de Peugeot sur Twitter, Maxime Picat, présentant Carlos Tavares au volant d’une 308 modifiée, le projet a avancé et donné le jour à un second prototype. A l’heure actuelle, on compte donc deux 308 équipées de la chaîne de traction Hybride rechargeable : le concept-car bleu de Shanghai, et le proto camouflé sur base de 308 GTi rouge. C’est à bord de ce dernier que nous avons pris place car, même totalement camouflé à l’extérieur, il garde sa teinte rouge dans les intérieurs de portière par exemple.

A bord de la 308 R HYbrid

L’intérieur du prototype est à l’image d’une 308 conventionnelle, à l’exception de quelques détails de finition, comme des fils électriques mal camouflés au niveau du seuil de porte. Qu’importe, car les vraies différences, ce sont le bouton d’arrêt du système et le sélecteur de modes : le mode ZEV d’abord, pour Zero Emission Vehicle, avec un seul bloc de 115 ch jusqu’à 100 km/h pour rouler tout électrique sur 20 km maximum.

Le mode HYbrid se met ensuite en marche, avec le thermique seul (comme une GTi) sauf lors des passages de vitesses de la boîte automatique que l’électrique vient lisser ; le bloc électrique aide aussi lors des reprises à bas régimes, et recharge les batteries.

Le mode HYbrid Sport est fait pour rouler sur circuit, comme à Montlhéry, avec les deux motorisations ; il s’active avec un bouton rouge sur le côté droit du volant et propulse la 308 avec les 2 moteurs électriques aux côtés du thermique (15 ch sur le train avant, 115 ch à l’arrière). La puissance électrique se réduit à mesure que la vitesse grimpe pour garder un bon niveau de charge à la batterie et offrir de l’endurance à la voiture.

Le dernier mode, Launch Control, qui met tout le monde en avant : les 270 ch du THP + les 230 ch des 2 blocs électriques, pour une cavalerie complète de 500 ch ou 730 Nm (!!!). C’est le seul mode où toute la puissance cumulée est disponible, pour un 0 à 100 km/h promis à 4 secondes et 22,5 secondes pour parcourir un kilomètre départ arrêté. Au premier lever de pied, le mode HYbrid Sport revient.

En mode HYbrid Sport à Montlhéry

En mode HYbrid Sport justement, la puissance cumulée est donc de 400 ch pour 530 Nm de couple ! C’est plus qu’une Focus RS ou qu’une A45 AMG, les compactes sportives les plus puissantes du moment. Et pourtant… nous n’avons pas senti grand chose. Nous croyez-vous blasés ? Soyez certains en tout cas qu’à bord du prototype et malgré tout le talent de son pilote, les sensations ne nous ont pas paru ébouriffantes comparées à celles procurées par une 308 GTi normale.

Le moteur pousse, bien-sûr, mais de façon très linéaire à cause du couple turbo + électrique. La sonorité ? Quelconque, le L4 étant bien insonorisé et l’électrique silencieux, par définition. Et vue la qualité du tarmac fatigué de Montlhéry, c’est sans violence que le proto se balançait de virages en virages, sans démontrer tout le bien que l’on a pu penser du châssis de la GTi.

Vous pourrez certes nous trouver exigeants. Rouler dans un prototype est un privilège, sur circuit avec un pilote encore davantage, nous en sommes conscients. Et probablement qu’après des dizaines d’essais et des centaines de séances de torture, l’efficacité du véhicule a pu s’émousser. D’ailleurs, lors de notre roulage, il sentait désagréablement le chaud. Rajoutez à cela le trafic, qui était une condition peu idéale pour laisser s’exprimer tout le potentiel du prototype.

Disposant de facto d’une transmission intégrale (le thermique entraîne avec l’un des deux moteurs électrique le train avant, l’électrique le train arrière), cette 308 R HYbrid pèse 1550 kg, réparti à 60/40 sur l’avant. C’est près de 350 kg de plus qu’une GTi (1205 kg), batteries et moteurs obligent. Promise pour un hypothétique lancement en mini-série en 2017, la 308 R HYbrid est toujours officiellement en développement. Officieusement, Peugeot mise avant tout sur la 308 restylée, bien plus rémunératrice, et dont le style reprendra des traits du concept de Shanghai. Sa présentation est prévue pour le Salon de Genève 2017, date à laquelle nous saurons enfin si la 308 R HYbrid sera diffusée dans le commerce. Si cela devait être le cas, ce serait à un tarif très très (…) supérieur à celui d’une 308 GTi, technologie oblige.

Texte : François M. et Adrien Malbosc
Photos : Adrien Malbosc, Fabien Legrand