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Essai Nissan Juke Hybrid

Essai Nissan Juke Hybrid : le manque est réparé

Alors qu’il n’était disponible qu’en version essence, le Nissan Juke revoit sa copie et vient enrichir son offre avec une motorisation hybride non-rechargeable. Bien connue sur le Renault Captur, il s’agit tout simplement de la même chaîne de traction que le français. Offrant plus de puissance que précédemment, ce Nissan Juke Hybrid se veut également plus frugal. Afin de vérifier cela, nous avons pu en prendre le volant dans une finition N-Design, sur un périple mêlant autoroute et route. Saura-t-il se démarquer des autres, notamment de son principal concurrent, le Renault Captur ?

Essai Nissan Juke Hybrid : quelques retouches esthétiques

Avant de parler de design, revenons sur les chiffres en France de ce Nissan Juke. En effet, lorsque le Juke est apparu sur nos routes, celui-ci a fait sensation par son style inédit et en rupture des SUV urbains de l’époque. Force est de constater que la deuxième mouture a gardé cette bouille si particulière. Cependant, avec un marché de plus en plus concurrentiel et une gamme de motorisations réduite à l’essentiel (seulement un moteur en boîte manuelle et automatique), il fallait au pionnier, se renouveler. C’est chose faite avec ce Nissan Juke Hybrid, venant renforcer les troupes avec une motorisation hybride non rechargeable bien connue.

Cette version hybride ne change rien au style du Nissan Juke. Enfin presque rien, puisqu’il reçoit une nouvelle grille de calandre au maillage plus fin, un bas de pare-chocs avant légèrement redessiné, des déflecteurs de roue retravaillés ainsi que l’ajout d’un becquet de coffre. Tout ceci dans le but de réduire les émissions de CO2 et d’améliorer l’aérodynamisme du Juke.

Essai Nissan Juke Hybrid

Enfin pour les aficionados de la marque, certains découvriront le nouveau logo façon flat design, l’ajout de logos “Hybrid” sur les ailes avant et le coffre arrière, ainsi que la possibilité de jantes en 19 pouces (dont notre modèle d’essai en finition N-Design était équipé).

Essai Nissan Juke Hybrid : quasiment le même intérieur à quelques détails près

Quand on ouvre les portes de ce Juke Hybrid, on n’est pas du tout dépaysé. Globalement, on retrouve tout l’intérieur modernisé de cette seconde génération avec une bonne position de conduite et une ergonomie très satisfaisante. De plus, dans cette finition N-Design, tout l’intérieur se pare d’Alcantara et de cuir du plus bel effet.

Mais en devenant hybride, ce Nissan Juke démarque par quelques spécificités comme par exemple, l’ajout d’un bouton EV sur le tableau de bord central. Ce dernier permet de rouler en tout électrique. En outre, un bouton ePedal prend place près du frein à main. Nous y reviendrons un peu plus tard dans notre article. Enfin, sur l’instrumentation en face du conducteur, on découvre une jauge pour la batterie additionnelle et un assistant de conduite permet de vous informer sur votre éco-conduite.

Pour le reste, c’est exactement la même présentation qu’une version standard du Juke. Une présentation qui s’avère plutôt soignée avec une multitude de rangements. A l’avant, les passagers sont dans un cocon et pour l’arrière, même si la largeur aux coudes et l’espace aux jambes sont réduits au minimum, il est possible de faire un trajet avec 3 personnes de taille moyenne sur la banquette arrière. Seul petit bémol, le coffre fond légèrement en contenance en raison de l’hybridation pour ne culminer qu’à 354 litres. Soit une perte de 70 litres face à une version thermique de base.

Essai Nissan Juke Hybrid : seulement trois finitions haut de gamme

Afin de rendre cette version hybride plus exclusive, le Nissan Juke Hybrid n’est proposé que sur trois niveaux de finition entre milieu et haut de gamme. Ainsi, le premier niveau dénommé N-Connecta démarre à 31 450 euros et propose comme équipements de série,  la caméra de recul, la climatisation automatique, l’ouverture et le démarrage sans clé, les jantes alliage en 17 pouces, les services Nissan Connect, le combiné d’instrumentation avec écran couleur 7 pouces et un port USB arrière.

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Afin d’avoir un équipement un peu plus technologique, il faudra vous orienter vers la seconde finition Tekna qui ajoute les jantes en 19 pouces, la vision 360 degrés, les sièges avant chauffants, l’assistant de conduite semi-autonome Pro Pilot, le régulateur de vitesse intelligent, l’aide au maintien dans la voie ou encore la surveillance des angles morts.

Enfin, la dernière finition N-Design dont notre modèle d’essai disposait, se pare en plus de finition précédente, de la teinte bi-ton et de diverses personnalisations intérieures et extérieures. Une version qui allie raffinement et style.

Essai Nissan Juke Hybrid : une mécanique déjà connue avec une approche différente

Pour le moteur, celui-ci est bien connu puisqu’il prend déjà place dans les Renault Captur et Arkana hybrides. Il s’agit du moteur atmosphérique essence de 94 chevaux (d’origine Nissan d’ailleurs) accouplé à un moteur électrique de 49 chevaux et d’un alterno-démarreur de 20 chevaux. Le tout permet d’offrir une puissance de 143 chevaux aux roues avant. Et globalement cet ensemble convient plutôt bien au comportement du Juke.

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Et la transmission dans tout cela ? Et bien c’est la fameuse boîte robotisée à crabots brevetée par Renault. Même si à froid, on peut ressentir quelques à-coups au moment du passage des vitesses, ceux-ci deviennent quasiment inexistants par la suite. Seul petit défaut sur cette boîte, au moment de doubler elle peut se montrer un peu à la peine pour rétrograder.

Essai Nissan Juke Hybrid : et le comportement dans tout cela ?

Côté confort, il faudra en revanche repasser. En effet, en voulant rendre son Juke Hybrid plus chic que les versions de base, la marque a légèrement dégradé son comportement sur mauvaise route avec la monte des jantes en 19 pouces (dont notre modèle d’essai était équipé). On note de forts soubresauts à la fois dans l’habitacle mais aussi dans la remontée de volant pour chaque irrégularité de la route. Pour cela, nous vous conseillerons de prendre des jantes en 17 pouces qui permettent de gommer plus aisément les anomalies de la route.

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On retrouve toutefois le comportement sain des versions thermiques au niveau du placement du Juke en virages. La direction est toujours précise sans aucun point mort lorsque l’on enchaîne les virages. Un vrai plaisir sur routes ouvertes. On ne note également aucun roulis comme on aurait pu s’attendre sur un SUV. Bref, rien à redire sur ce point.

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Mais l’intérêt principal de l’hybridation, c’est la baisse des consommations. Et force est de constater que le Nissan Juke Hybrid est assez frugal. En conduite urbaine et péri-urbaine (utilisant en premier lieu le moteur électrique), nous avons pu constater une consommation de 5,8 litres aux 100 km. Et sur autoroute, on reste sous les 7,5 litres aux 100 km. Cela reste plutôt bien pour le SUV japonais.

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Bien entendu, comme le Renault Captur E-tech Hybrid, il est possible de profiter de la régénération de l’énergie à la décélération. En effet, une touche nommée ePedal (référence à la Nissan Leaf) permet de recharger la batterie lors des freinages ou des décélérations et de profiter d’un roulage en tout électrique sur 2 voire 3 km. Cependant, là où le français adopte une fonction Brake sur le levier de vitesses, le Nissan Juke a une touche un peu mal placée sur la console centrale pour enclencher le mode régénératif. Un peu dommage car on n’y pense pas forcément de prime abord.

Essai Nissan Juke Hybrid : des concurrents aux dents acérées

Bien que ce Nissan Juke Hybrid semble se positionner comme l’un des outsiders du marché, ses concurrents ont les dents longues. Il s’agit du Renault Captur, du Hyundai Kona mais aussi du Toyota Yaris Cross. Et comme la marque a fait le choix de ne proposer cette version hybride qu’à partir de son milieu de gamme, il peut perdre une part du marché puisque ces adversaires les proposent dès l’entrée de gamme avec du coup des prix plus attractifs.

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Partageant le même moteur, le Renault Captur Etech Hybrid est bien entendu le rival le plus direct pour le Juke Hybrid. Cependant, avec un prix d’appel plus bas, une dotation légèrement plus intéressante à finition équivalente et un confort de suspension plus souple, le français conserve une légère avance. De plus, il adopte une banquette coulissante très pratique que le japonais n’a pas.

En ce qui concerne le Toyota Yaris Cross, celui-ci se montre plus sobre et maniable en ville, le domaine de prédilections des SUV urbains. Seul bémol pour le Toyota, son manque de performance sur route et autoroute dû à sa plus faible puissance (116 chevaux) et son désagréable effet moulinette de la boite CVT. Mais en débutant à seulement 26 900 euros et profitant d’une panoplie d’équipements sur les finitions hautes, il enfonce le clou face au Juke Hybrid. Comptez seulement 31 500 euros pour une Toyota Yaris Cross Collection full options comparé aux 36 500 euros de notre Juke Hybrid.

Essai Nissan Juke Hybrid : l’outsider du marché ?

En débutant avec une simple motorisation, le Nissan Juke se devait de proposer une nouvelle alternative pour se relancer. Et c’est chose faite avec cette version hybride. En effet, il gagne en puissance en garantissant une consommation plus faible. Tout en conservant son look toujours aussi atypique qui a fait son originalité dans le monde des SUV urbains.

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Mais il y a un mais… La marque ne le proposant que sur les finitions les plus hautes, ce nouveau Juke Hybrid se place malgré tout dans la moyenne du marché. De plus, avec ses jantes de 19 pouces, le confort est beaucoup plus ferme face à ses rivaux. C’est dommage car il aurait pu avoir tous les voyants au vert et se retrouver dans le haut du panier.

Crédits photos : Christian CONDÉ

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