Site icon Le Nouvel Automobiliste

Essai Citroën C5 X 1.2 Puretech 130 ch : le bilan après 4 000 km !

Notre essai de la Citroën C5 X hybride rechargeable nous avait convaincus mais laissait en suspens certaines interrogations : que vaut ce modèle avec un moteur de « seulement » 130 ch ? Le poids moins élevé des versions thermiques joue-t-il sur le comportement routier ? La consommation de carburant est-elle forcément plus intéressante en hybride ? Et surtout… le confort se confirme-t-il sur de longs trajets, même sans la suspension adaptative exclusive aux PHEV ? La solution pour répondre à cette dernière question, ainsi que les autres : faire l’aller-retour Paris-Lisbonne à bord d’une C5 X 1.2 PureTech 130 ch ! Si vous n’avez pas encore pris vos congés estivaux ou si ceux-ci vous manquent déjà, on vous emmène en roadtrip à bord de la nouvelle routière de Citroën !

Retrouvez cet essai à écouter en podcast

Premier contact avec la Citroën C5 X

Le collègue Fabien avait eu la chance de découvrir la Citroën C5 X en studio. L’ami François a quant à lui pris le volant lors des essais presse de la version hybride rechargeable. Je trépignais donc d’impatience de découvrir à mon tour cette nouvelle berline, dans la lignée, par son prétendu confort et son originalité, de ma GSA ou des DS et C6 que j’ai pu conduire.

Première impression lors de son arrivée sur le parking pour en prendre possession : elle n’est pas si imposante… ni charismatique ! D’une part, la Citroën C4 a déjà lancé les nouveaux codes stylistiques de la marque, auxquels nous nous sommes habitués (pas tous, à en juger par les commentaires des réfractaires). D’autre part, la caisse a beau être rehaussée façon SUV, la ligne est très fluide, douce, élancée. On en oublierait presque les 4,80 m de longueur !

OUF de soulagement toutefois, les porte-à-faux ne sont pas si imposants que cela n’apparaissait en photo, il y a un certain équilibre dans la silhouette et les proportions inédites (voiture haute sur pattes mais basse de pavillon, longue mais fuselée) lui vont à ravir. On ne saurait la classer dans une catégorie, ni break ni berline ni SUV, mais le mélange lui réussit.

En faisant un premier tour de la C5 X, on remarque la prestance de la signature lumineuse en X reliée par les chevrons du logo, la partie noire sous les blocs de projecteurs pour creuser un peu plus le pare-chocs et dynamiser la face avant, la ligne chromée en partie haute de la surface vitrée, s’achevant par un décroché faisant écho à celui de la découpe de vitre, clin d’oeil à la XM (ou à la DS 5 ?) ou encore l’aileron au sommet du hayon doublé du becquet en bas de la vitre arrière. Autant de détails donnant une vraie personnalité au modèle.

Mais nous aurons le temps de l’admirer plus tard, même si dans l’immédiat, c’est surtout l’intérieur qu’on va avoir sous les yeux, sur le premier trajet de 800 km à destination de Dax !

A bord de la Citroën C5 X

Pas de grande nouveauté par rapport à la C4, mais un intérieur fonctionnel

Avant tout, la corvée bagages nous attend. Et on ne voyage pas léger, avec des valises et sacs pour 3 personnes pour deux semaines ! Le seuil de chargement bas de la C5 X facilite la tâche tout autant que la contenance de 545 litres. Une grande valise, deux sacs de voyage, des cabas, un grand sac à dos, la sacoche d’appareils photo, la glacière… Tout rentre sans jouer à Tetris, ce qui est extrêmement appréciable. Seule la petite marche inclinée côté banquette nous a imposé de nous pencher au fond du coffre pour pousser les bagages le plus loin possible. Mais en le sachant, cela est fait au premier coup.

Malgré le toit fuyant, les 545 litres du coffre offrent un espace généreux

Nous n’avons pas eu la chance de bénéficier d’un intérieur aussi gai que celui de la version hybride rechargeable de François. Les sièges disposent d’une touche de couleur bleue… Mais dos à nous. Quand au reste de l’habitacle, on est sur une palette de gris et de noir, même sur le faux bois. Heureusement, les matériaux sont agréables à l’œil et au toucher et les petits détails distrayants, comme les chevrons dissimulés partout, sur les garnitures, les commandes, les sièges, les fonds de vide-poches…

Première mauvaise surprise au moment de brancher le téléphone avec Waze, seules des prises USB-C sont disponibles. Avec mon pauvre iPhone 10 Pro, je devrai passer plus tard dans un magasin pour me procurer un adaptateur. En attendant, compte-tenu de la difficulté à quitter la région parisienne, on favorise Waze à la navigation intégrée, en accrochant le téléphone à un aérateur…

On se retrouve donc face au volant et au compteur qui vont être dans notre champ de vision pendant 20 h. L’ordinateur de bord numérique est bien petit et bien vide. On peut toutefois personnaliser l’affichage avec 4 modes différents, qui ajoutent respectivement, par exemple, un compte-tours, le fonctionnement des aides à la conduite, la navigation…

L’affichage tête haute de taille généreuse réplique ces changements pour nous les livrer, en mieux, sur le pare-brise. C’est donc là que notre regard se concentrera, après l’avoir réglé sur la même molette que celle des rétroviseurs.

Essai Citroën C5 X : Prenons le taureau par les cornes

La traversée de la France vers Dax et son arène, un samedi de grands départs, s’effectue principalement sur le réseau secondaire afin d’éviter les autoroutes surchargées. Une première occasion de vérifier le confort sur nos routes parfois mal entretenues, les performances entre les changements de limitation de vitesse incessants et l’efficacité de certaines technologies.

Même si la banquette arrière est inoccupée, la C5 X s’accommode bien du trois-cylindres 1.2 PureTech. La puissance de 130 ch n’a rien de transcendant dans une berline de 1 418 kg mais suffit à faire ce qu’on demande à une voiture de cet acabit. En bref, il fait le travail !

Pour ce que ça vaut, même si on ne réalise pas ce genre d’exercice en transportant sa famille, le 0 à 100 km/h est effectué en 10,4 secondes. On s’intéressera plutôt aux reprises, qui nécessitent d’anticiper un minimum avant un dépassement. Mais c’est bien le seul moment où la puissance nous a manqué pour nous sentir vraiment sereins.

En parlant de sérénité, on est vite à l’aise dans cette Citroën. Les sièges de notre modèle ne sont pas à réglages électriques, mais nous trouvons une position confortable assez facilement, notamment grâce au réglage lombaire… et au génial réglage longitudinal de l’appuie-tête, ce qui signifie qu’on peut le reculer. Tellement appréciable lorsqu’on a un chignon et qu’on ne veut pas passer 20h avec la nuque inclinée vers l’avant !

Et le confort global ? Eh bien les heures passent au volant et la fatigue musculaire ne se fait toujours pas sentir ! On enchaîne les kilomètres paisiblement, enfoncé dans les sièges moelleux qui font la fierté de la marque, qui ne maintiennent, en fin de compte, pas si mal. Du moins sur un tracé sans virages prononcés.

Plus on roule vite, et plus le confort de suspension est grand et offre cette sensation de tapis volant chère aux citroënistes. A rythme modéré voire lent, on ressent les défauts de la route, mais sans que les chocs ne remontent dans nos vertèbres, ceux-ci étant absorbés par les suspensions à butées hydrauliques puis les sièges garnis de mousse à haute densité. Une belle performance, d’autant que notre C5 X est dotée de jantes de 19 pouces.

La pause déjeuner est toutefois la bienvenue pour se dégourdir les jambes, prendre l’air et grignoter. Et pas besoin de ressortir la clé lorsqu’on oublie le paquet de chips dans le coffre. Celle-ci est détectée, les feux à LED s’allument et les portes se déverrouillent sans même toucher aux poignées. Même chose pour le verrouillage, une première pour ma part sur une Citroën.

Pour atteindre les palmiers, un plein suffit à la C5 X !

Un sandwich vite avalé, nous repartons pour notre étape intermédiaire, Dax. Nous y parvenons sans avoir fait le plein depuis notre départ de la capitale ! Avec un réservoir de 53 litres, on peut donc atteindre une autonomie de 800 km sur un plein de sans-plomb, une valeur digne de la grande berline qu’est la C5 X. Satisfaits de ce constat, nous sommes subitement sortis de notre béatitude par le système anticollision, qui pile purement et simplement tandis que nous approchons d’un véhicule pourtant en train de redémarrer. Contrairement à nos yeux, la caméra n’a pas cette capacité d’analyse et d’anticipation…

Mais on aime toutefois les caméras, au moment de réaliser le créneau devant l’hôtel. Si comme nous le disions plus haut, la Citroën C5 X n’a pas l’air imposante, il faut tout de même caser ses 4,80 m de longueur et composer avec des vitres aux dimensions réduites, inclinées et avec un angle mort important. La vision arrière et latérale du système nous aide donc pour réaliser un créneau au poil avant une visite rapide de la petite ville de Dax et une nuit récupératrice.

Essai Citroën C5 X : par monts et par vaux

Le lendemain, pas de répit ni pour nous, ni pour la C5 X. Il nous faut passer la frontière et donc les Pyrénées, mais ni l’homme ni la machine ne faiblissent. Les routes montagneuses sont même plus agréables que ce qui nous attend : une traversée de l’Espagne quasi désertique, en pleine chaleur, sur des routes lisses et droites.

L’utilisation du régulateur de vitesse adaptatif et l’aide au centrage dans la voie est tout indiquée ! Cette dernière nous dérange toutefois en se serrant systématiquement sur le côté. D’autant plus gênant que les espagnols ont la fâcheuse tendance à dépasser à la dernière seconde et à frôler les autres (et pour compléter le tout, à se rabattre juste devant votre nez).

On prend donc assez rapidement la décision de retirer l’aide au centrage dans la voie qui ne centre pas assez et à nous contenter de l’aide au maintien, qui n’intervient alors que si nous mordons la ligne. Problème, en ligne droite, le volant ne détecte (en toute logique) pas de trace de mouvement… et en conclut à tort que nos mains ne sont pas sur le volant. Et nous le fait savoir bruyamment… Toutes les 10 secondes, nous voilà donc à secouer légèrement le volant. En ligne droite. Cocasse…

Notre arrivée au Portugal marque la fin de ces tracas puisque se multiplient rapidement les routes sinueuses bordées d’eucalyptus. Fini le mode éco, on active le mode sport ! On le rappelle, la C5 X est une grande berline de « seulement » 130 ch. Néanmoins, ce mode lui donne un toucher de route sensiblement différent.

La direction est plus ferme et plus directe, c’est indéniable, bien plus agréable pour aborder les virages assez vite sans avoir la sensation de manœuvrer la barre d’un bateau. On déplore juste la largeur de la branche inférieure du volant et le fait qu’elle ne soit pas creusée, ce qui nuit à la préhension quand il faut tourner le volant fort et vite. Nul besoin d’utiliser les palettes de changement de vitesse, la boîte suit le rythme correctement.

Le comportement n’est pas joueur mais rassurant et continue d’offrir un confort de haut niveau, si ce n’est qu’on peut être balloté sur les côtés. On prend donc plaisir à mener la C5 X de façon dynamique. La boîte EAT8 est elle aussi bien plus réactive et s’adapte à une conduite musclée en autorisant des montées en régime. Mieux, elle a le bon goût de ne pas rester haut dans les tours sur les passages à vitesse constante.

Lors de notre arrivée à destination, quelque part au centre du Portugal, il faut établir un constat : même si nous sommes très heureux de sortir de voiture après environ 20h à bord, aucune courbature ni douleur n’est à signaler. D’autant plus remarquable que je fus le seul chauffeur et que des problèmes de dos me gâchent la vie depuis plusieurs semaines. La C5 X est ni plus ni moins le seul endroit où j’ai pu rester statique sans que ne soient apparues des crispations musculaires dorsales. S’il fallait une démonstration concrète du confort de cette auto, vous l’avez !

Il n’est pas forcément pertinent de vous raconter la suite du séjour ni même le trajet retour, identique à l’aller hormis des haltes à Tolède et à Angoulême. On vous renvoie aux guides de voyages, mais on ne peut que vous conseiller de passer à Fatima, un lieu de pèlerinage façon mini-Vatican, à Tolède pour sa quiétude, son histoire et son architecture médiévale, à Madrid pour son animation et sa diversité, à Angoulême pour ses décors de BD disséminés partout, à Dax pour son charme et le bon accueil de sa population…

Essai Citroën C5 X : parfaite… mais pas partout !

Nous n’avons pas lâché la C5 X du regard… même dans la piscine !

Quelques enseignements sur la Citroën C5 X tirés au cours de ce séjour nous semblent plus importants à vous signaler. A commencer par des défaillances vraisemblablement liées à la chaleur. Durant 2 semaines, les températures oscillaient en effet entre 30 degrés la nuit et 45 degrés le jour. Et ce même à Nazaré, habituellement rafraîchi par l’air marin. On suppose que le véhicule n’a pas apprécié : la caméra de recul s’est figée par 2 fois en pleine manœuvre. La détection d’obstacle nous a sommés de freiner immédiatement… En ligne droite, sans obstacle à l’horizon. D’où l’intérêt de ne jamais se fier à 100% aux technologies !

Nul doute que les fortes chaleurs soient en cause, nos smartphones étant alors eux-même en surchauffe, donc inopérants. C’est dans ce contexte que nous sommes amenés à tester la navigation intégrée, dont on apprécie l’affichage 3D tout en largeur. L’écran est également simple d’utilisation, même pour les autres fonctionnalités, avec un menu intuitif et 2 boutons physiques de raccourci.

Autre enseignement, le transport de passagers, que nous avons eu l’occasion de tester avec 5 adultes à bord. Avec un empattement de 2,78 m, la C5 X offre un confort royal aux jambes. On tient à 5, même si la largeur n’est pas exceptionnelle et que l’accueil est bien moins intéressant que sur le C5 Aircross. Pas de vrai siège central ni de plancher plat contrairement à ce dernier, qui conserve la palme de LA voiture familiale de Citroën. Attention lors de la sortie des passagers arrière, le soubassement de la porte revient vers l’intérieur, il est donc potentiellement possible de l’arracher involontairement avec son pied en descendant du véhicule.

On retiendra également de cet essai au long cours que lors des longs trajets avec le régulateur de vitesse calé, quand on a tendance à écarter les jambes, la console centrale peut être gênante par sa largeur, son angle à 90°, malgré son rembourrage trop léger pour en faire un appui confortable. Si le moteur et les performances nous ont convaincus, on ne peut en dire de même de la boîte automatique EAT8 qui a souvent peiné à gérer les ralentissements, le trafic en accordéon…

En ajoutant l’intervention du Stop and Start qui fonctionnait seulement lors des journées les moins chaudes (c’est-à-dire à 30 degrés environ), nous avons souvent été secoués et cela a un peu gâché l’expérience par ailleurs fort confortable hormis ce défaut. La ville a représenté une faible partie de nos 4 000 km et n’a pas été notre terrain de jeu préféré, malgré la bonne maniabilité et la douceur de la C5 X dans cet environnement.

Comme nous l’annoncions en introduction, la consommation était un point sur lequel nous attendions la C5 X PureTech au tournant. N’en déplaise aux détracteurs des trois-cylindres leur reprochant leur sonorité (bien isolée sur ce véhicule) et leur consommation, notre moyenne globale, sur 4 000 km, s’est établie à 6,2 litres / 100 km (soit 245 litres de carburant brûlés au cours de cet essai). Ce n’est peut-être pas aussi impressionnant que ce que pourrait faire un bloc diesel, mais cela reste relativement sobre. Dans le détail, nous sommes descendus à 5,6 litres après notre trajet Lisbonne – Tolède , et montés jusqu’à 6,7 l après avoir profité du mode sport et affronté l’autoroute avec la clim à fond.

Prix Citroën C5 X PureTech 130 ch EAT8

Citroën C5 X à partir de 33 900 €
Modèle essayé : Citroën C5 X Shine 1.2 PureTech 130 ch EAT8 à 39 000 €
Il est à noter que notre modèle ne disposait d’aucune option. La peinture métallisée Bleu Magnétique est gratuite.

Concurrence
Sur un segment des berlines déserté par les marques généralistes (la Ford Mondeo n’est plus au catalogue depuis plusieurs mois, la Renault Talisman a fait ses adieux, l’Opel Insigna Grand Sport s’apprête à le faire…), la concurrence à la Citroën C5 X est surtout interne. Au sein du groupe Stellantis, avec une plus classique mais réussie Peugeot 508, également plus chère à 41 300 € en finition Allure Pack avec le même ensemble moteur/boîte que la Citroën. Et au sein de la gamme du constructeur aux chevrons également, le Citroën C5 Aircross Shine PureTech 130 EAT8 étant proposé à 37 950 €. Moins cher, donc, et doté de 3 vraies places à l’arrière. Et comme il s’agit d’un SUV, nul doute qu’il continuera à s’attirer les faveurs du public !

Bilan de l’essai Citroën C5 X Puretech

Pour un essai, ce fut un sacré essai et nous connaissons la C5 X presque aussi bien que ses propriétaires ! Ces 4 000 km et plus de 40 h cumulées à bord nous permettent d’établir un fait avec certitude : la Citroën C5 X est ultra-confortable, même si l’absence de suspension adaptative engendre plus de mouvements à bord que sur une version hybride rechargeable. Douce à conduire, silencieuse, pas si fainéante surtout en utilisant le mode sport pour plus de répondant, c’est une très bonne routière. Une très bonne familiale également, avec un espace généreux à l’arrière, un coffre très accueillant et une ergonomie intuitive pour les passagers avant. Et si les technologies d’aides à la conduite ne brillent pas toujours par leur pertinence et leur efficacité, tout comme la boîte EAT8, on se console avec une consommation intéressante d’environ 6 l/100 km, pourtant introuvable sur l’ordinateur de bord. En bref, on l’aime, pour son homogénéité, son sens de l’accueil et son design atypique. Même fabriquée en Chine, c’est une vraie Citroën !

Album photos Citroën C5 X Shine

Crédit Photos : Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste

Quitter la version mobile