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Essai Nissan Qashqai Xtronic

Essai Nissan Qashqai Xtronic : un retour en force ET en douceur !

Pionnière du crossover compact, la marque japonaise se devait de reprendre le flambeau avec son Qashqai. En effet, largement dépassé par une concurrence de plus en plus nombreuse, ce Nissan Qasqhai reste le best-seller de la marque avec plus de 3 millions d’unités vendues depuis son lancement. Du coup, pour cette troisième génération, Nissan a mis le paquet en lui appliquant les derniers gimmicks de la marque. L’ayant déjà testé en version boîte manuelle avec son moteur de 140 chevaux, nous avons voulu l’essayer dans sa configuration la plus huppée, à savoir le moteur de 158 chevaux en boîte automatique dans une finition Tekna +. Que vaut-il face à cette immensité de concurrents ? Sa boîte CVT, un type de boîte réputé pour donner la sensation de mouliner, saura-t-elle se montrer performante ? Réponse dans notre article qui nous a permis de le découvrir sur nos routes bretonnes mêlant autoroute, roue et ville.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : le pionnier se refait une beauté

Essai Nissan Qashqai Xtronic

Nous ne reviendrons pas sur le style de ce nouveau Nissan Qashqai étant donné le précédent article de Fabien qui nous en avait donné les moindres détails. Attardons-nous plutôt sur l’histoire de ce pionnier et son évolution. Présenté tout d’abord comme un concept-car au salon de Genève en 2004, le Nissan Qashqai de première génération (2007 – 2014) a débarqué comme une alternative à l’Almera (berline compacte du groupe) et lancé à cette occasion le terme de “crossover”. Le succès est au rendez-vous et surpasse même les prévisions de Nissan. Le constructeur japonais vient de créer un marché de niche sans le savoir. Une version 7 places dénommée Qashqai+2 apparaît également en 2008 afin de combler les besoins des familles nombreuses.

Nissan Qashqai I

Fort de son succès, le Nissan Qashqai est remplacé en 2014 par une seconde génération, annoncée par un concept-car dénommé Premium Concept au salon de Genève en 2016. Celui-ci préfigure à 90% le style du futur Qashqai, dont le style évolue profondément comparé à la précédente génération en adoptant les derniers gênes de la marque. Ce n’est pas plus mal puisque le marché voit débarquer un nombre conséquent de crossovers compacts et il est devenu nécessaire de se démarquer.

Nissan Qashqai II

Puis en Février 2021, Nissan présente sa nouvelle descendance : le Qashqai de troisième génération. Basé sur la plate-forme CMF-C de l’Alliance avec Renault, ce dernier évoque de nombreux traits de son petit frère, le Juke. Le style se veut plus conventionnel mais la ligne générale démontre une certaine robustesse de l’ensemble sans avoir besoin d’artifices stylistiques comme certains concurrents.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : de la place comme il faut

C’était l’un des points faibles de la précédente génération : l’habitabilité et le manque de coffre. Mais force est de constater que Nissan a fortement travaillé ce paramètre. A l’avant déjà, les passagers seront choyés puisque les sièges sont très enveloppants sur cette finition Tekna +.

Les passagers arrière ne seront pas en reste puisque les côtes ont été légèrement revues à la hausse avec 28 mm de plus au niveau des jambes et 15 mm pour l’espace à la tête. Un peu de place en plus qui les ravira, au moins ceux des places latérales de la banquette (qui n’est malheureusement pas coulissante). Seule la place centrale est un peu étriquée et ne permet pas une bonne position pour un adulte de plus de 1m80.

Autre bon point côté modularité, le coffre qui progresse très fortement. Avec plus de 70 litres supplémentaires face à la génération précédente, il s’établit à un peu plus de 500 litres en configuration 5 places. Même si l’assise de la banquette n’est pas coulissante, ses dossiers rabattables en 2/3 – 1/3 forment un plancher plat, très utile. A noter la présence d’un double plancher décomposé en deux parties.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : bourré d’équipements

Afin de se positionner correctement sur son segment, voire dans le haut du panier, le Nissan Qashqai n’a pas lésiné sur ses équipements technologiques. Et ceci dès l’entrée de gamme avec la finition Visia. Elle permet d’avoir accès, par exemple, à la reconnaissance des panneaux de signalisation, à la prévention de franchissement de ligne, la surveillance des angles morts ou encore au système d’alerte prédictif d’anti-collision frontale.

Essai Nissan Qashqai Xtronic

La gamme Nissan Qashqai s’articule ensuite autour de quatre niveaux de finitions dénommés Acenta, N-Connecta, Tekna et Tekna +. C’est cette dernière version que nous avons pu prendre en mains et qui n’est disponible qu’avec le moteur de 158 chevaux de notre modèle d’essai. En finition Tekna+, vous aurez accès à toute la panoplie d’équipements que peut proposer ce SUV japonais, parmi lesquels :

  • Le système ProPILOT avec Navi-Link (trouvant la vitesse à adopter au flux de circulation)
  • Des feux de route intelligents avec 12 faisceaux indépendants
  • L’affichage tête haute
  • La caméra de recul à 360°
finition Nissan Qashqai

La dotation de ce Nissan Qashqai est composée de nolbreux équipements destinés à rendre la conduite la plus sécurisée. L’un d’entre eux nous a toutefois gêné, à savoir la reconnaissance des panneaux de signalisation avec adaptation de la vitesse (comme le limiteur de vitesse intelligent déjà vu chez Ford). Le concept n’est pas inintéressant, mais il se montre très vite envahissant au quotidien.

Essai Nissan Qashqai Xtronic

Si vous êtes sur autoroute en enclenchant le régulateur adaptatif à 130km/h, le système peut lire un panneau limitant la vitesse à 90km/h qui ne nous est pas destiné (pour les poids-lourds par exemple), et va se stabiliser automatiquement à cette vitesse. Il est très vite déroutant en plein déplacement sur autoroute de se retrouver soudainement à 90km/h… Heureusement, le système peut se déconnecter manuellement.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : un plaisir au quotidien

Après avoir pu tester la version de 140 chevaux, exclusivement avec une boîte manuelle à 6 rapports, nous avons pu prendre le volant de la version la plus puissante (à savoir 158 chevaux pour rappel) associé à une transmission automatique dénommée Xtronic. A noter que cette dernière peut être également disponible en 4 roues motrices (indisponible à l’heure actuelle).

Même si sur le papier, les 158 chevaux semblent largement suffisants pour déplacer les 1 500kg de ce Nissan Qashqai, il faut reconnaître qu’ils se montrent plutôt effacés. Et ceci est notamment dû à la présence de la boîte à variation continue qui gomme les accélérations de l’engin. Malheureusement, cette transmission souffre également d’à-coups au démarrage. Un peu dommage pour un système qui se veut le plus doux possible comparé à une boîte automatique classique. Tout comme sa sonorité de moulinette lorsque l’on sollicite le moteur.

Essai Nissan Qashqai Xtronic

Malgré cela, elle arrive aisément à vous laisser doser le pied sur l’accélérateur et profiter pleinement de la roue libre au moment où vous relâchez votre pied droit. Ce système a été développé sur les boîtes à transmission automatique et il coupe le moteur lors des phases de décélération ou de freinage à faible vitesse (en dessous de 18km/h). Et ceci a une conséquence directe sur la consommation, qui s’avère plutôt basse puisqu’au jeu de l’éco-conduite, on arrive largement à ne pas dépasser les 7 litres aux 100 kms (6,8 litres pour être plus précis). Cependant, si vous laissez traîner votre pied de façon plus prononcée, la consommation peut s’envoler et vous dépasserez allègrement les 10 litres aux 100 kms. Sans pour autant avoir la sensation d’avancer plus vite.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : un peu raide sur certaines routes

Il faut se le dire, le Qashqai de précédente génération n’était pas le meilleur de sa catégorie. Bien qu’il ne soit pas encore au niveau d’un Peugeot 3008 (qui reste la référence dans ce domaine), le châssis de ce nouveau Nissan Qashqai a été profondément remanié, et dans le bon sens du terme. L’amortissement de ses suspensions est efficace même si quelques trépidations subsistent sur route très dégradée et à basse vitesse. Mais les jantes de 20 pouces ne favorisent pas ce dernier point.

Côté comportement routier, rien à redire également face à son prédécesseur. Il jouit d’une direction bien plus précise avec un train arrière multi-bras plus efficace. Grâce à cela, les enchaînements des virages se montrent plus agréables et rassurants et font oublier la précédente mouture dont le train arrière restait planté à chaque entrée. Au bout du compte, on trouve même un certain plaisir de conduite à ce nouveau SUV familial.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : une concurrence quasiment saturée

Bien que le Peugeot 3008 soit le best-seller du moment dans cette catégorie de crossover compact, le Nissan Qashqai devra aussi se frayer un chemin parmi une multitude de concurrents. Et notamment sur un marché qui devient de plus en plus saturé. Si nous devions lui trouver quelques adversaires les plus directs, nous pourrions le confronter au Mazda CX-5, aux lignes plus élégantes et à un tarif similaire (44 340euros), en sachant que cet autre japonais sera renouvelé en 2023 ; ou encore au Honda CR-V, seulement disponible en hybride et par conséquent à un tarif légèrement plus élevé (plus de 47 000 euros).

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Cependant, malgré son rapport prix/équipements plutôt correct, un point peut lui être préjudiciable : sa gamme de motorisations. Là où la plupart des concurrents profitent de moteurs essence, diesel, hybride (rechargeable ou non), voire Flexifuel pour le Ford Kuga FHEV, le nippon se contente pour le moment que deux motorisations à hybridation légère. C’est trop peu diront certains. En attendant bien entendu, la version hybride e-Power qui, nous l’espérons, donnera du fil à retordre à ses adversaires, notamment le Toyota RAV4 hybride.

Essai Nissan Qashqai Xtronic : un bon choix parmi une offre pléthorique

Avec cette troisième génération, le Nissan Qashqai se hisse de nouveau parmi les modèles les plus incontournables sur le segment des SUV compacts. Son style robuste, sa présentation intérieure de bonne facture ainsi qu’un châssis retravaillé lui permetent de se démarquer parmi les outsiders. Seule sa boîte à variation continue et ses quelques tremblements à basse vitesse viennent gâcher le tableau.

Un plus qui le rend intouchable, c’est son rapport prix/équipements des plus compétitifs. Le tarif de notre modèle tout équipé avec sa finition Tekna+ s’établit à 44 240 euros (prix de base pour information : 35 800 euros en version Acenta). Cela peut paraître excessif mais ses concurrents demandent près de 2 000 euros de plus avec une motorisation légèrement moibs puissante que celle du Qashqai. Seul le fait que ce dernier ne soit pas proposé en diesel ou encore dans une version full-hybride (voire hybride rechargeable) pourra vous faire réfléchir.

Crédits photos : Christian Condé

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