Le Nouvel Automobiliste

Sovam 1100 VS : quand la Renault 4 devient berlinette !

A l’époque où la vitesse, la légèreté et l’insouciance étaient les maîtres mots de l’aventure automobile, les petits carrossiers transformaient la moindre des bases citadines en des barquettes originales et véloces. Le meilleur exemple en est Alpine qui, à partir d’une 4CV, donna naissance à l’A106. Dix années après, en 1965, voyait le jour la barquette Sovam, cette fois sur base de Renault 4…

La Sovam ou la petite berlinette française sur base de Renault 4

La Société des Véhicules André Morin (SOVAM), installée à Parthenay dans les Deux-Sèvres, a pour cœur de métier la transformation d’utilitaires et de camions. On lui doit notamment le VUL, mini-utilitaire à carrosserie polyester produit de 1964 à 1968, ainsi que la conception de camions ambulants que l’on trouve encore aujourd’hui sur les marchés. Des modèles similaires à une autre marque française spécialisée dans le domaine, Etalmobil, et qui était déjà une création des Morin père et fils en 1955 !

Dix ans plus tard, et fort de l’expérience du VUL conçu sur une base raccourcie de Renault 4, André Morin présente au salon de l’Auto 1965 la Sovam 850 S. L’histoire veut que ce petit coupé fastback ait été imaginé pour faire plaisir à son épouse… Châssis de R4, moteur de Dauphine 845 cm3, le tout dans une longueur contenue à 3,64 m pour 1,11 m de hauteur seulement, la petite barquette française conçue par Charles-Henri Armbruster n’a rien à envier aux petites anglaises ! D’autant qu’elle est très légère (à peine 600 kg) grâce à la carrosserie en polyester, convertible avec un toit targa, et que la maquette du style est signée Jacques Durand, qui réalisera aussi les Sera, Atla, Arista, Scora ou encore, à ses initiales, la Jidé.

La gamme s’étoffe peu après d’un deuxième moteur, le 1108 cm3 des Caravelle et R8 (le modèle blanc de cet article) pour filer à 170 km/h, puis d’un troisième en 1967, le 1255 cm3 de la R8 Gordini ! De quoi monter à 195 km/h et en faire une vraie rivale de la Matra Jet 6, équipée du même moteur, tout en étant moins chère de surcroît que la Matra. On remarque cette Sovam 1300 à ses phares rectangulaires et son toit fixe.

Hélas, pour la Romorantinaise comme pour la Parthenaisienne, l’année 1968 sonne le glas de l’aventure : si côté Matra on lance la M530, côté Sovam on abandonne l’automobile, après à peine 150 exemplaires produits, dont 77 de la Sovam 1100 présente dans ces lignes, et croisée lors des Grandes Heures de l’Automobile en 2018. Hélas, bien peu ont survécu et les modèles en état de marche ne seraient pas plus d’une trentaine. Alors si vous en croisez une, n’hésitez pas à y jeter un œil : c’est, après tout, le seul coupé Renault 4 de l’histoire !

Sources : L’automobile ancienne, R-Classic et Jide-Scora