Le Nouvel Automobiliste

Jeep fête ses 75 printemps : baroudeuses d’honneur

Jeep nous a invités à célébrer son 75ème anniversaire en Espagne. Ce fut l’occasion rêvée de conduire quelques modèles atypiques d’une marque à l’histoire plus complexe qu’il n’y paraît… Suivez le guide !

Sommaire :

Jeepster à la mode

D’où viens-tu, Jeep ? De « GP » l’abréviation de « Général Purpose » ou de l’acronyme « Just Enough Essential Parts » ? Certains esprits enfantins auront fait le parallèle avec Popeye et son animal de compagnie aux pouvoirs surnaturels, crée en 1936 et baptisée… Jeep ! Qu’importe car  « quand la légende est plus belle que l’histoire, il faut imprimer la légende »…

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Toujours est-il qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la firme américaine, célèbre pour avoir fournie l’armée, doit désormais faire sa place dans le monde civil. Ce sera la mission de cette étrange auto que nous avons eu la chance d’essayer : le Jeepster.

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Dur dur de sortir du strict cadre de l’engin utilitaire bon à tout faire. Jeep ose le pari fou d’un tout-terrain soigné et deux-roues motrices. Une sorte de crossover précurseur, mais qui ne retiendra pas tellement les faveurs du grand public. Il fut produit de 1948 à 1950 par Willys-Overland Motors.

Jeep Historic

Vraisemblablement fruit des amours illégitimes entre une Willys, une Rolls-Royce et une auto de manège, le Jeepster détonne. Notablement plus long (+ 1,09 m !) et plus lourd qu’une Willys, il faut chercher pour trouver des airs de famille. La présentation demeure en tout cas étonnamment soignée, avec pneus à flanc blanc et surabondance de chrome. L’intérieur n’est pas en reste avec une belle sellerie et quelques détails bigrement bien pensés comme une petite plaque chromée protégeant la planche de bord si on rabat les sièges trop brutalement pour grimper à l’arrière…

Jeep Historic

Et quid sur la route ? Il ne faudra pas s’attendre à arracher le bitume : le moteur « go-devil » porte très mal son nom. Nanti d’abord de 60 canassons, le Jeepster se dotera par la suite du bloc « Hurricane » (« ouragan »). Inutile d’espérer quoi que ce soit de cette appellation frauduleuse, seuls 75 modestes poneys prennent place sous le capot. Qu’importe finalement tant on comprend vite que l’intérêt est ailleurs.

Jeep Historic

Tout d’abord, le brave 4-cylindres fait preuve d’une indéniable bonne volonté, et a le mérite d’être gorgé de couple à faible régime. Ensuite, l’ensemble est très bien secondé par une boîte (dont le levier est situé sous le volant) à la fois très douce et bien guidée. A une époque où il était courant de trouver des boîtes de vitesses rétives et mal synchronisées, il s’agit donc d’une très bonne surprise. Et ce n’est pas fini ! En effet, bien que disposant seulement de 3 rapports, elle est nantie d’un overdrive qui passe tout seul lorsqu’on lève le pied. Accélérez un peu fort, et la boite reviendra toute seule en 3ème : amusant, ingénieux, et surtout assez utile. Dernière bonne nouvelle, la position de conduite. Bien que rien ne soit réglable sans outils, vous serez infiniment moins contorsionné que dans un Land Rover.

Jeep Historic

N’attendez pas beaucoup de précision de la direction ni beaucoup de mordant des freins. Malgré le train avant à roues indépendantes hérité du Jeep Station Wagon, les trajectoires relèvent davantage du flou artistique que du placement millimétrique. Pour être même tout à fait honnête, je ne pense pas avoir conduit d’auto avec une direction aussi peu précise au point milieu. Mais franchement, qui s’en soucie ? Le Jeepster est très exotique, permettant de profiter cheveux aux vents d’un moteur souple, d’une boîte ingénieuse, d’un confort presque décent, d’une belle présentation, le tout avec quelques prétentions en tout-chemin grâce à sa garde au sol.

Jeep Historic

Mais nul n’est prophète en son pays, et ce précurseur de SUV ne se taillera qu’un succès d’estime. Disparu du catalogue en 1950, le Jeepster réapparaît en 1966 avec le C-101 Commando, durant la période AMC (American Motors Corporation). La carrière fut alors un peu plus longue (jusqu’en 1973) mais guère plus brillante. Quant à l’appellation, elle connut une dernière heure de gloire sous la forme d’un concept-car en 1998, qui annonçait le tournant néo-rétro du style de la marque pour le XXIe siècle.

Vous souhaitez une Jeep nettement plus reconnaissable, avec quatre roues motrices et look de vraie baroudeuse ? Suivez (à nouveau) le guide…

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