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Jamiroquai Automaton : Jay Kay enclenche le Cruze control

Près de 7 ans après leur dernier opus, Rock Dust Light Star, Jamiroquai fait aujourd’hui son grand retour avec un 8ème album dénommé Automaton. C’est aussi le nom du premier single aux sonorités électro-pop révélé le 27 janvier dernier. 12 titres (13 au Japon) et plus de 50 minutes de musique nous sont offerts par le groupe britannique qui célèbre ses 25 ans de carrière cette année. Mais vous vous doutez bien qu’on ne va pas parler que de musique ici…

Jamiroquai est un groupe qui a accompagné les jeunes de ma génération… et quelques vieux avec, sans vouloir être insultant. Formé au début des années 90 par son chanteur, Jason Kay Luís Cheetham (alias Jay Kay), Jamiroquai sort son premier album en 1992. Les thèmes abordés par le groupe ont un peu changé au fil des années, délaissant la prise de conscience écologique de titres comme Too Young To Die, When You Gonna Learn? ou Emergency On Planet Earth, pour des sujets parfois plus légers ou plus classiques (z’avez dit l’amour ?) ; faut croire que l’écologie ne paie pas dans l’industrie du disque. Au fil des albums, les influences tantôt jazzy, tantôt groovy, se teintent de rock, de pop, de disco voire de musique électronique et l’alchimie prend tant la voix de « chanteuse noire » du blanc Jay Kay est efficacement soutenue par la formation jazz du groupe. « Chanteuse noire », c’est un peu réducteur, j’en conviens, la voix de Jay Kay a également été comparée à celle de Stevie Wonder par le magazine Rolling Stone : le chanteur de Jamiroquai a probablement dû se tromper de couleur.

Le groupe est ainsi largement porté par son chanteur/leader, Jay Kay, 47 ans, passionné par l’automobile, grand collectionneur devant l’Eternel (une centaine de voitures, d’une simple Audi A2 à une extravagante Ferrari Enzo à laquelle il a dédié le titre Black Devil Car). Paradoxal pour un écolo convaincu ? Pas nécessairement, après tout, qui a décrété qu’automobiles et écologie serait incompatibles ? Pas lui, en tous cas, et il rétorque volontiers qu’il est loin d’être un grand rouleur. Et en vrai passionné d’automobile, Jay Kay est propriétaire d’une Citroën à suspension hydraulique, en l’occurrence, un cabriolet DS. A 4 reprises, une partie de sa collection a été mise en scène dans les clips : White Knuckle Ride (Porsche 911 Carrera RS 2,7 l et son hélicoptère Robinson R44 Raven 2), You Give Me Something et sa Mercedes 600 Pullman, Love Foolosophy et sa Bentley S1 Continental Drophead Coupé, ainsi, bien entendu, que dans un de ses plus grands succès : Cosmic Girl qui a mis en scène une F355 et une F40 en plus d’avoir usé 2 Lamborghini Diablo : celle du chanteur a fini à l’état d’épave à cause d’un intermédiaire peu précautionneux tandis que celle utilisée lors du tournage a été abimée par un membre de la production qui a déplacé la voiture contre les ordres du chanteur ; Jay Kay ayant interdit à qui que ce soit d’y toucher, échaudé par le premier accident. On pourrait même ajouter les premières secondes du clip de Alright. Si jamais vous êtes passés à côté de leur discographie, un best-of « bête et méchant » (en gros, une compilation chronologique de la plupart des singles du groupe) vous permettra de faire une première approche sans doute convaincante avant de vous plonger dans les albums.

A défaut d’avoir pris le temps de faire une écoute complète de l’album Automaton, je vous propose que l’on s’attarde sur le second single, Cloud 9. Si le titre Automaton revendique clairement ses influences électro et brille par une montée en régime menée par un bridge efficace portant un refrain robotique, la chanson Cloud 9 (faisant référence à un état d’extase) se veut bien plus groovy. Elle démarre sur un accord de piano accompagné de voix célestes rapidement éclipsés par l’arrivée de la dynamique ligne de basse et de la guitare comme gimmick funk de la chanson. La batterie amène superbement le refrain, ancrant la chanson dans un univers propre au groupe. Un bon single, terriblement efficace, comme disait Tessa Martin.

Pourquoi parler de Cloud 9 ? Parce que ce titre, ou plus précisément son clip, recèle un élément qui nous rassemble sur ce site (et qui nous fait un point commun avec Jason Kay…) : l’automobile. En effet, Cloud 9, met en scène le chanteur aux côtés de Monica Cruze (la sœur de Chevrolet Penelope Fillon) dans un jeu de séduction par voiture interposée. Oh, bien sûr, vous me direz bien que Jay Kay semble un peu moins à l’aise sur le dancefloor qu’il a pu l’être par le passé et qu’il a pris un peu d’embonpoint (c’est moche de vieillir) mais le fait est que les deux vraies stars du clip sont la Ferrari 275 GTB et la Mercedes 280 SE cabriolet.

On y voit Jay Kay conduire la 275 GTB, sportive lancée en 1964, produite jusqu’en 1966 où la GTB/4 prend la relève pour deux ans. La 275 GTB est dessinée, comme il se doit, par Pininfarina.

Côté design, on retrouve modernisés quelques traits de son aïeule, la 250 GTO, à l’image du long capot, des ouïes latérales ou des proportions générales. La voiture innovait, au sein de la marque au Cavallino Rampante, par sa boîte transaxle (regroupant la boîte de vitesse à 5 rapports et le différentiel dans un même organe) ainsi que par l’adoption d’une suspension arrière indépendante. Détail intéressant, la production de la 275 GTB ayant été confiée à la Carozzeria Scaglietti, celle-ci a eu recours à l’aluminium pour façonner la carrosserie (capot, malle de coffre et portes). Côté moteur, c’est une évolution du V12 dit Colombo, ouvert à 60°, qui s’y colle, cubant désormais à 3,3 l pour une puissance de 280 ou 300 ch selon le nombre de carbus (3 ou 6). La Ferrari 275 GTB est un modèle rare, 450 exemplaires, au sein d’une lignée également peu diffusée (seules 960 Ferrari 275 GTB, GTB/C, GTS et GTB/4 ayant été produites en 4 ans).

Quant à Monica Cruze, c’est au volant d’un cabriolet Mercedes 280 SE qu’elle parcourt les routes de la région d’Almeria. Discret clin d’œil à la chanson Cosmic Girl, la voiture est immatriculée « Cosmic ».

Produite entre 1967 et 1971 sur la base de la berline et du coupé (génération W111), le cabriolet 280 SE était l’équivalent de l’actuel cabriolet Classe S de la marque à l’Etoile. Reste la question qui vous brûle les lèvres : est-ce une 280 SE à moteur 6 cylindres en ligne ou est-ce une 3,5 l V8 ? La calandre est large, nous avons donc affaire à cette dernière, sortie en 1969. Au programme, les 200 km/h sont franchis grâce à un moteur fort de 200 ch tandis que la ligne, fort élégante, est signée Paul Bracq. Seuls 1232 cabriolets V8 ont été produits parmi les 7013 unités de cette génération. La W111 sera remplacée fin 1971 par la W107 qui fit le bonheur de Jonathan et Jennifer quelques années plus tard.

Place au clip :

Automaton est disponible dès aujourd’hui chez tous les bons disquaires. Quant à celles et ceux qui ont manqué le concert de mardi à la Salle Pleyel, un session de rattrapage aura lieu à Bercy le 29 novembre. En attendant, on aura eu l’occasion de parler bagnoles : on ne se refait pas sur Le Nouvel Automobiliste.

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