Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

WEC 2016 : Rencontre avec Olivier Pla, pilote Ford GT LMGTE

WEC 2016, acte IV ! Après Alpine en LMP2, le So24! by Lombard Racing également en LMP2, et Toyota en LMP1, découvrez quelques photos de la préparation du team Ford Chip Ganassi Racing. Engagée dans le championnat du monde, avec la toute dernière GT en catégorie LMGTE, l’équipe a confié l’un des volants au pilote français Olivier Pla, à qui nous avons pu poser quelques questions.

Ford et l’Endurance, c’est avant tout l’histoire d’une année fétiche : 1966. Cette année-là, les GT40 font 1, 2 et 3, et battent Ferrari. Pour fêter le cinquantenaire de cette victoire, Ford revient avec une GT résolument futuriste. En WEC, elles seront 2, les n°66 et 67. Aux Etats-Unis, Ford Performance engage 2 GT en IMSA WeatherTech SportsCar Championship. Et pour les 24 Heures du Mans, elles seront 4 : les 2 du WEC n°66 et 67, les 2 de l’IMSA n°68 et 69 !

D’extérieur, malgré les contraintes d’adaptation au règlement, l’allure et l’originalité de la future supercar de petite série sont présentes, avec notamment les pontons arrière ou l’immense extracteur.

La GT est toute jeune et court pour la première fois en 2016. Pourtant, ses performances sont prometteuses et déjà relevées : avec un tour du Castellet bouclé en 1’58″525, la n°66 signe le 4ème temps de la catégorie GTE, derrière la Ferrari 488 GTE n°51 ; la n°67 n’est pas loin, en 1’58″697. Autant dire un mouchoir de poche puisqu’elles rendent moins d’une seconde aux italiennes.

La catégorie GTE est également challengée par les Aston Martin Vantage, Corvette C7, et Porsche 911.

Les équipages des deux GT engagées en WEC sont les suivants :

  • n°66 : William Johnson, Stefan Mücke, Olivier Pla
  • n°67 : Marino Franchitti, Andy Priaulx, Harry Tincknell

Et au « Mans », les rejoindront donc les deux GT de l’IMSA :

  • n°68 : Joey Hand, Dirk Müller, Sébastien Bourdais
  • n°69 : Scott Dixon, Richard Westbrook, Ryan Briscoe.

C’est avec Olivier Pla, seul pilote français engagé dans le team Chip Ganassi Racing sur l’ensemble du WEC (S. Bourdais étant en championnat US), que nous nous sommes entretenus. Nous l’avions rencontré en marge du Salon de Genève.

The Automobilist : Bonjour Monsieur Pla, qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre l’équipe Ford Performance pour le WEC et notamment les prochaines 24 Heures du Mans ?

Olivier Pla : Je savais qu’ils allaient revenir au Mans, je ne savais pas encore comment, avec quoi, et quand. Lorsque Ford a présenté la voiture au Mans l’année dernière, j’ai tout de suite été vachement impressionné par cette auto. Et l’impact a été fort, on l’a vu dans les médias du monde entier, c’était impressionnant.

TA : Son design est en effet surprenant !

OP : Oui et ils sont aussi de retour avec une histoire incroyable au Mans, avec à la base la GT40, cette voiture mythique…

TA : Mais à l’époque, vous êtes encore chez Nismo sur la GT-R LM non ?

OP : Et voilà, oui, moi j’étais avec Nissan l’année dernière, ça ne se passait pas super bien pour les raisons qu’on connaît…

TA : …Une voiture qui n’était pas très bien née…

OP : Voilà, et j’avais envie de voir ce qu’il se passait à côté, j’ai décidé de les contacter. Ils proposaient un programme très très sérieux, quelque chose qui semblait très abouti. Suite à cela, les contacts se sont fait naturellement, on a discuté, chaque partie était intéressée.

TA : Et si Nissan était resté, vous auriez continué avec eux ?

OP : La question ne se pose pas, ils ne sont pas restés.

TA : Et avant Ford et Nissan, pourriez-vous retracer votre carrière ?

OP : Cela va faire 8 ans que je suis en Endurance. J’ai roulé jusqu’au bord de la Formule 1, jusqu’en GP2. Bon, après le GP2 si on n’a pas la possibilité d’aller en F1 il faut faire des choix ! J’ai fait celui de partir vers l’Endurance, et jusqu’à maintenant j’ai fait du LMP2 en 2009 en Europe, puis du WEC en LMP2 en finissant deuxième du championnat avec pas mal de victoires et de pole positions.

TA : Maintenant vous arrivez en catégorie LM GTE (Le Mans Grand Touring Endurance) avec Ford. L’objectif de votre équipage, c’est la victoire bien-sûr ?

OP : Comme Ford revient, ce n’est pas pour rien. Pas pour le fun, c’est pour gagner. Donc voilà, c’est la première année, on sait que ce ne sera pas facile, mais je pense qu’ils ont fait une voiture qui est vraiment exceptionnelle, qui est vraiment spéciale, ils ont vraiment travaillé d’arrache-pied dessus. Le Mans c’est très important pour eux, alors forcément on veut bien faire.

TA : Et comment définiriez-vous l’Endurance aujourd’hui ? Avec le championnat mondial WEC, c’est déjà mieux structuré ?

OP : Je pense que le WEC va être amené à prendre énormément d’ampleur, à se développer beaucoup. Il attire de plus en plus de constructeurs. Je pense que si Ford revient dans ce championnat ce n’est pas pour rien. Pour le moment la Formule 1 est plutôt sur la pente descendante alors que l’Endurance a l’air de très bien prendre. Et peut-être est-elle un peu plus dans l’air du temps, car c’est une très bonne opportunité pour les constructeurs ou pour les pilotes de pouvoir être impliqué dans ce championnat.

TA : Et le choix du championnat GTE par rapport aux plus médiatiques LMP1, c’est pour se rapprocher du véhicule de série, la Ford GT ? Ou pour réaliser des économies de développement ?

OP : Je pense que chaque constructeur a son propre intérêt. Il y en a qui veulent faire avancer la la technologie hybride, c’est quelque chose qui se développe beaucoup à l’heure actuelle. Mais Ford revient sur le marché des supercars avec la GT, une voiture exceptionnelle, et je pense qu’ils avaient à cœur de montrer cette voiture comme veulent le faire d’autres constructeurs en course. Comme d’autres marques prestigieuses. Et ils ont fait le choix de la série GTE qui je crois correspond parfaitement à leur mécanique.

TA : Et, de série, entre une Nissan GT-R et une Ford GT, laquelle préférez-vous ?

OP : Honnêtement, la Ford GT pour le moment, personne ne l’a conduite sur la route donc je ne répondrai pas à la question. Mais quand tu vois la voiture, Ford développe des technologies avec des matériaux très légers, un châssis carbone, très poussée en aérodynamique, je pense que c’est le must de ce qu’on peut faire en supercar à l’heure actuelle. Je dirais que la GT-R c’est une voiture qui est quand même plus conventionnelle et accessible à pas mal de monde. Ce qui n’est pas le cas de la Ford GT puisqu’ils veulent en faire une voiture vraiment unique, une vraie supercar.

TA : Merci, M. Pla pour vos réponses.

C’est ainsi que se clôt notre cycle de 4 articles de présentation du WEC 2016, à retrouver dans la partie « Sport Auto » du site. Prochain rendez-vous, le 17 avril avec les 6 heures de Silverstone, la première manche du WEC. Nous y serons !

Crédit photographique : Fabien Legrand, Adrien S. et François M. pour The Automobilist