Le Nouvel Automobiliste
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Voiture autonome : où en est-on ?

La voiture autonome… Vaste sujet qui nous (pré)occupe tous, car il va changer à moyen terme notre façon de nous déplacer, et même notre vision de l’automobile. Faisons le point sur ces technologies et l’avancement de leur développement au sein du groupe français PSA et des autres constructeurs.

Abordons d’abord l’aspect légal. Aujourd’hui, aucun véhicule autonome n’est autorisé a rouler où que ce soit à ravers le monde. Il est prévu une évolution pour 2017, en attendant certaines régions (Californie, Nevada, …) ont autorisée l’expérimentation en conditions réelles et Peugeot travaille pour permettre à ses 4 véhicules laboratoires d’en faire de même sur les routes françaises.

L’autre chantier réglementaire concerne les assurances, notamment le partage de responsabilité entre conducteurs, constructeurs et gestionnaires d’infrastructures en cas de collision. Le traitement des sinistres fait lui aussi l’objet d’une réflexion en amont.

Mais quelles sont les étapes qui nous attendent avant d’en arriver à ce film d’anticipation ?

Ce petit schéma nous précise les différentes étapes d’automatisation, sujet déjà abordé avec Jean-Marc Finot, directeur de la recherche et de l’engineering avancé chez PSA, lors de ma rencontre avec lui lors du dernier salon de Genève (à lire ou relire ici) :

Les deux premiers niveaux d’automatisation (le niveau zéro est la conduite telle que nous la connaissons depuis toujours, sans système d’aide) nous laissent maître du véhicule en permanence avec des fonctions automatisées. Le troisième nous permet de quitter la route des yeux et de laisser la voiture évoluer seule tout en devant être maitre du véhicule à la moindre sollicitation. La 4ème étape permet de laisser la conduite se faire dans des circonstances particulières, et enfin le dernier et cinquième niveau laisse la voiture nous véhiculer complètement d’un point à un autre.

Ces différentes étapes sont importantes à connaître (ou du moins il faut les avoir à l’esprit) pour voir l’évolution déjà entamée des équipements de nos automobiles (capable de se mouvoir en autonomie, elles n’auront jamais aussi bien porté son nom). Détaillons ensemble certains de ces points, avec à chaque fois la recherche du bénéfice pour le conducteur.

Au niveau 2 dit celui de « conduite automatisée avec supervision du conducteur », il faut rester attentif à la route et les mains sur le volant. Mais la voiture vous soulage de certaines fonctions de conduite. C’est ainsi que la voiture peut s’adapter au trafic (bouchon – comme le nouveau Volvo XC 90 testé ici -, conduite sur voies rapides avec adaptation automatique de la vitesse en fonction des limitations), mais un changement de voie nécessite votre intervention et vous devez pourvoir intervenir à tout moment et sans délai. On parle ici des fonctions de détection des des panneaux de signalisation, de régulateur adaptatif, et d’avertissement de franchissement de ligne et de maintien de  ligne.

Ces éléments se trouvent déjà dans la production actuelle, et nécessitent toute une armée de systèmes, couplés entre eux pour assurer une information précise et sûre. Techniquement, on retrouve des « radars 77Ghz avant/arrière, (une) caméra frontale, (la) ceinture ultrasons, (des) caméras carrosserie, (un) capteur de détection ‘’Hands on’’, (et une) caméra de monitoring conducteur » , le tout étant associé aux informations fournies par le système de navigation.

Au niveau 3, en développement actuellement chez PSA, on parle de pouvoir quitter la route des yeux et de lâcher le volant, dans deux circonstances particulières : les embouteillages (avec le « Traffic Jam Assist ») et sur une autoroute. Dans ces deux cas, le conducteur  doit être capable de  reprendre la main instantanément.

La première fonction permet, en-dessous de 70 km/h, de laisser le véhicule évoluer sur sa voie sans intervention, libérant énormément de temps pour écrire un message, lire une news, regarder vos enfants jouer sur la banquette arrière sans arrière-pensée. Dans un deuxième temps, il va s’agir de pouvoir évoluer de 0 à 130 km/h en laissant la voiture choisir sa file, dépasser s’il le faut (et si les conditions le permettent) et ralentir en fonction des conditions de circulation.

L’équipement technique précédent est ici secondé par un Laser Scanner frontal, ce qui donne une vue supplémentaire de ce qui se passe à l’avant, donc utile pour anticiper les freinages, et  complété par la « fusion de capteurs prototypes : ceinture 360° par 6 laser scanners, caméra multifonction, radars centraux avant et arrière, GPS différentiel », ce qui va permettre de donner à la voiture une image de son environnement afin qu’elle puisse prendre les bonnes décisions.

Au-delà de l’agrément proposé, il s’agit vraiment ici d’un niveau de confort et de sécurité qui va permettre d’évaluer en pensant vraiment à autre chose. Ces assistants sont déjà a disponibles sur des hauts de gamme (la BMW Série 7 qui vient d’être présentée en est la parfaite illustration). Chez PSA, des véhicules laboratoires sont opérationnels et annoncent une arrivée proche.

Toutes ces fonctionnalités font évoluer nos autre habitudes. L’affichage par exemple, ne peut plus se contenter de simples cadrans. Des écrans de grande taille apparaissent (groupe VAG notamment, les haut de gamme premium allemands en general), pour nous habituer à voir une image configurée par nos soins et qui bientôt se portera sur le pare brise. La vue en réalité augmentée est un axe de travail au sein du groupe français, avec comme but, à moyen terme, d’afficher les incitations GPS directement sur les voies de circulation, et à plus long terme, de transformer le pare brise en écran pour permettre, par exemple, une visioconférence.

L’ergonomie va devoir être revue aussi. On ne peut pas ajouter des boutons à tout-va. Les écrans tactiles nous permettent déjà d’accéder à nombre de fonction, mais forcent à quitter la route des yeux. Alors les commandes vocales se démocratisent , et il est déjà possible de commander sa musique, la climatisation, et de programmer sa destination. Cependant, le langage pré-programmé exigé va faire place à des demandes plus naturelles (on va passer de : « navigation – ville – rue – numéro » à « j’aimerais aller a telle adresse par le chemin le plus rapide »)

La commande gestuelle va aussi apparaître progressivement. La nouvelle série 7 (oui je sais, encore elle) le propose déjà sur quelques fonctions, comme augmenter/baisser le son et changer de piste audio par exemple, mais là aussi, d’autres développements sont imaginables.

Vous l’aurez compris, l’interface homme/machine est un des autres enjeux de l’évolution et les constructeurs y travaillent. Proposée depuis l’an dernier au sein du groupe français, il existe une interface standard baptisé « Mirrorlink » pour retrouver certaines applications de votre smartphone sur l’écran de votre voiture et on ira plus loin dès cette année avec CarPlay (la solution Apple pour retrouver votre iPhone) et l’an prochain avec Android Auto (même principal mais avec le système d’exploitation de Google). Et les applications embarquées serviront à utiliser votre voiture et faciliter ainsi la communication que vous aurez avec en vous intégrant comme l’un de ses éléments.

Tout ça avant de nous lancer sur la route des Google Car et autres projets qui sont, vous l’aurez compris, les voitures ayant atteints les niveaux 4 et 5 pouvant nous apparaitre comme fous aujourd’hui et qui seront pourtant notre quotidien à l’horizon 2025. Oui, dans 10 ans ! Les progrès sont tels que rien n’empêche de le penser et les nouvelles fonctions que nous découvrons chaque jour pour vous lors de nos essais nous incitent à y croire.

Alors, évolution ? Révolution ? Sacrifice ? Hérésie ? Grand amateur du plaisir de conduire (si vous suivez, vous savez que je possède une voiture de 1984 sans aucune autre puce que celles de son injection électronique), j‘avoue être passionné par ce débat sur le déplacement du futur.

Si pour l’instant nous avons encore notre mot à dire, il sera bientôt question de ne plus toucher à rien sinon à un boîtier pour appeler un véhicule et programmer notre destination. Car c’est ce que vendrons les constructeurs d’ici peu, du déplacement, de la mobilité. Finie la voiture qui nous appartient, l’autopartage sera la norme avec cependant des véhicules qui nous reconnaitrons grâce à l’interaction que nous aurons avec eux via nos terminaux connectés.

Je vous laisse avec ce film sur les nouveautés de la Série 7, tellement représentatif de ce que sera le futur… ou le présent pour les plus chanceux d’entre nous 😉

Via PSA, BMW.