Le Nouvel Automobiliste
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Un nouveau record de bouchons en Île-de-France pendant la semaine de la mobilité

Du 18 au 25 septembre, c’est la semaine de la mobilité. Coïncidence ou non, l’Île-de-France et Paris fêtent cela avec un record historique d’embouteillages. Amusant, non ?

546 km à 9h, record battu le 19 septembre

Ce serait amusant si ça n’était pas aussi tragique pour toutes celles et tous ceux qui y ont été pris au piège, en automobile comme en transports collectifs, ainsi que pour tous les riverains et franciliens dont cet afflux de véhicules immobilisés par la congestion du trafic ne fait que dégrader la qualité de l’air respiré.

Au total, ce sont donc 546 km de bouchons cumulés qui ont été comptés juste avant 9h hier matin. Une exception ? Il y a moins d’un an, le 7 novembre 2016 à 8h50 était atteint le précédent record, à 544 km. Cela correspond au pic de point du matin, sachant que celle du soir sait être tout aussi redoutable même si elle est plus étalée dans la durée. En moyenne, la circulation tourne autour des 300/350 km de bouchons, tandis que le réseau Sytadin estime les pics de plus de 400 km comme « exceptionnels ». Tout est dit lorsqu’on regarde la courbe noire du trafic de ce matin.

Les raisons de la congestion

Elles sont nombreuses. La rentrée et l’automne sont des périodes massives de congestion. Une trentaine d’accidents, dès 6h30 sur le périphérique, et sur la plupart des grands axes (de l’A1 à l’A86 en passant par la N104) jusqu’à 10h, sont venus envenimer la chose. Les intempéries enfin sont une explication, la pluie invitant à prendre son véhicule et ralentissant les déplacements.

On ne saurait hélas se limiter à ces causes premières. Que la circulation soit plus complexe ces dernières années n’est pas normal, alors même que le trafic baisse en Île de France depuis le début des années 2000 (-24 % à Paris, -8% en petite couronne et jusqu’à -23% sur les radiales entrant dans Paris, en moyenne selon l’enquête Globale Transport, 2001-2010).
Au contraire, c’est logique et dû au desserrement urbain : les franciliens s’éloignent du centre pour y trouver des terrains plus accessibles, or le trafic a augmenté de 7% sur l’A86 et près de 11% sur la Francilienne, en grande couronne. Moins de voitures en proche banlieue et intramuros, mais plus de véhicules venus de plus loin, voilà le cocktail détonnant.

Les transports en commun comme solution ?

Les trains et les métros d’Île-de-France sont déjà parmi les plus fréquentés d’Europe voire du monde pour le RER A, et ce mardi matin ils n’étaient pas en meilleure forme. Panne de signalisation sur la ligne A, ligne B surchargée, sans oublier une ligne 9 perturbée. Pas de record de congestion sous terre cependant, où l’on nous a rappelé récemment que l’air y était encore plus vicié qu’à l’extérieur. (lire le lien en cliquant ici)

Aucune solution idéale n’était à disposition hier matin si ce n’est de prendre son mal en patience. C’était aussi l’occasion d’assister à un triple échec :

  • celui de la coordination des pouvoirs publics : lorsque des axes sont supprimés ou réduits en capacité dans la capitale, sans concertation ni compensation régionale, et que leurs effets se font sentir bien au-delà (on pense à la Porte de la Chapelle, la Porte d’Orléans, et bien sûr à la Voie Georges Pompidou)
  • celui de la décentralisation, qui aurait dû permettre aux métropoles régionales comme Lyon, Bordeaux, Marseille, Lille ou Strasbourg de recevoir plus d’activités, alors que ces dernières se concentrent avec les populations à Paris
  • celui de la politique des transports en Île-de-France, qui présente certes un métro très bien maillé mais seulement intra-muros, et un réseau de RER et de Transilien très chargés. La solution pourrait venir du Grand Paris Express, mais, ô ironie, des doutes sur la capacité à tenir son budget ont justement percé cette semaine

Via Radio France mobilité, Sytadin et Le Parisien