Le Nouvel Automobiliste
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Uchronie : Et si l’on réinventait ces 8 légendes du sport automobile ?

A moins d’une semaine des 24 Heures du Mans, un constat s’impose : les voitures de course sont devenues parfois diablement moches. Ce n’est pas leur faute : appendices aérodynamiques et autres réglementations FIA mêlés à la course à la puissance ont mené les belles carrosseries des années 50 à 80 à de véritables monstres de puissance. Est-ce une raison pour ne pas les réinterpréter ? 

L’Endurance, des silhouettes inoubliables

A chaque décennie, Le Mans et les épreuves d’Endurance ont sculpté de véritables mythes. Ford GT40, Jaguar Type D, Ferrari 275, ou encore plus près de nous, la Porsche 917. Malgré de véritables prouesses technologiques pour leur époques, leurs silhouettes restaient pures. Celle la Type D se reconnaît éternellement à son aileron dorsal, tandis que celle de la 917 est figée dans ce profil complet que seul la bulle du cockpit vient perturber, de la lame avant jusqu’à la queue finale.

L’enfant prodige de Ferdinand Porsche allait dominer les années 1970 mais sa forme inspira jusqu’aux 962 des années 1990. Mariée à une livrée Gulf Racing et à ces stands d’époque en bord de piste, cette version réinterprétée paraît encore plus hors du temps. Du côté des anglaises, les Aston Martin DBR1 et Jaguar Type D ici réinventées s’habillent respectivement de leur traditionnel vert anglais et bleu de l’Ecurie Ecosse tout en reprenant ce qui fit l’originalité de ces bolides des années 1954 à 57 : rondeurs des carrosseries, cockpits ouverts repoussés derrière par les longs capots… Néanmoins, de la bouche de la Type D, pas si loin d’une F-Type moderne, à celle de la DBR1 inspirée d’une Vulcan, le présent ne semble pas si loin du passé.

Terreurs des circuits, terreurs de style

Les années 1980 en Formule 1 ont été dominées par le duel des deux McLaren-Honda de Prost et Senna. La monoplace blanche et rouge aux couleurs d’un célèbre cigarettier que la santé publique nous invite à ne pas prononcer (mais tout le monde voit de qui il s’agit-là) a enchanté jusqu’aux petites Majorette des têtes blondes. Plus efficace encore était cette création de Gordon Murray qui remporta, à l’exception d’un seul, tous les Grands Prix 1988 ! A l’heure où la F1 moderne se dote d’un Halo, d’ailerons gigantesques, et -pour la Ferrari SF71H- de prises d’air originales, la magique McLaren MP4/4 pourrait bien 30 ans plus tard ressembler à l’illustration ci-dessus. La bulle du cockpit n’est même peut-être pas si loin de la réalité…

Dans d’autres championnats, des carrosseries complètes sont nécessaires. L’Endurance toujours avec cette réinterprétation de la Ferrari 330 P4, le Cheval Cabré qui vint en 1967 sapé la domination de Ford à Daytona. Mais aussi qui connut, au milieu des années 2000, une réinvention complète à l’initiative d’un milliardaire devenu depuis constructeur de prototype : James Glickenhaus. Sur la base de son Enzo, il demanda à Pininfarina un style spécifique inspiré des P4/P5… Et surprise, son efficacité aéro était supérieure à celle de l’Enzo d’origine ! Et certains traits, est-ce surprenant, ont à l’image des prises d’air latérales été repris pour LaFerrari depuis…

Sur piste, une terreur à la charnière 79/80 fut la BMW M1 Procar. Sur la base du concept-car à la carrosserie signée Paul Bracq, voici la M1 réinventée à l’aune des dernières inspirations de BMW i8 tout en reprenant les couleurs du département ///M Motorsport.

L’âme des rallyes

Même avec quatre constructeurs engagés, même avec des pilotes talentueux, une discipline du sport automobile peine à retrouver l’engouement qu’elle suscitait dans les années 1980 : le rallye. De ses mythiques routes noires de monde dont la foule s’écartait seulement au passage des Groupe B, le souvenir reste gravé de façon indélébile. Parmi ses icônes, une allemande et une italienne. L’Audi Quattro a pour elle d’avoir imaginé l’arme absolue des quatre roues motrices et se voit ici imaginée sur un terrain du Championnat IMSA, peu après la fin du Groupe B en 1986. C’est là-bas que les Anneaux ont engagé leur création en 1989 et reprend ici les derniers traits de la marque, des optiques façon A5 à la Single frame de la R8, en passant par un profil de Quattro… concept, de 2015, dans le paysage immuable de Goodwood.

En face d’elle, une décennie auparavant, l’italienne est bien évidemment la Lancia Stratos. De 1974 à 1976, elle impose par sa compacité et sa maniabilité le standard de la voiture de rallye moderne. Terre, Asphalte, rien ne lui résiste. Et si aujourd’hui ses lignes mythiques continuent d’envoûter les designers, ceux-ci n’ont que peu de marge de manœuvre pour réinventer le mythe. Ainsi de la dernière étude vue à Genève cette année, ou du concept signé Pininfarina sur base de Ferrari 430 en 2011, la Stratos reste la Stratos. Une légende.

Et si vous aimez les dystopies, on vous en propose une autre ici : imaginez, et si de fameux coupés de sport étaient devenus eux-aussi des SUV ?

Source : Budget Direct – tous droits réservés