Le Nouvel Automobiliste
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Triche aux émissions : Derrière le VW-Gate perce l’Audi-Gate…

…et c’est l’Agence de presse Reuters ainsi que le journal allemand Handeslblatt qui sortent l’affaire ce 20 avril 2016 : jusqu’à présent protégée par le parapluie du nom de sa maison-mère, Volkswagen, la marque Audi pourrait être bien plus impliquée qu’on ne le pense dans le scandale aux émissions de polluants révélé par l’EPA aux Etats-Unis.

Cela dépasse le seul fait que, en tant que marque du Groupe Volkswagen, Audi utilisait et utilise les mêmes moteurs que les autres labels de la multinationale automobile. Le logiciel truqueur présent dans les moteurs TDi ne cessait et ne cesse pas d’agir une fois mis sous le capot d’une Audi. Mais au-delà du constat de la triche, reste à savoir qui en est à l’origine. Une partie du staff moteur de VW a été gentiment conduite vers la sortie, le grand patron Winterkorn a pris la porte : maintenant c’est la marque Audi qui est pointée du doigt pour avoir développé le logiciel de gestion des émissions. Et ce, dès 1999, bien avant son utilisation à grande échelle, a priori vers 2005/06.

Le programme informatique d’Audi couperait certaines fonctions du moteur, afin d’en réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx). A priori, il détectait le passage d’un cycle d’homologation sur rouleaux, en comparant le fait que le régime moteur varie, les roues avancent mais le volant reste immobile. Cependant, toujours selon Reuters, le logiciel aurait été développé mais pas utilisé par Audi. Ce n’est bien que six à sept ans plus tard que, pour passer les normes américaines draconiennes pour les moteurs Diesel, les ingénieurs de Volkswagen l’auraient installé un peu partout sous les blocs TDi.

A ce jour, aucune réaction de Volkswagen et Audi sur le sujet, sorti par Reuters le 19 avril.

L’enquête aux Etats-Unis patine : en cause, les nombreux noms de code internes utilisés par le Groupe allemand pour désigner sa « botte secrète ». Plus de 1500 ordinateurs ont été saisis, les enquêteurs ont du mal à tout passer au peigne fin. Bloomberg, qui rapporte cette information, évalue donc comme « peu probable » la sortie d’un rapport complet, initialement attendu pour le 28 avril. C’est en effet à ce moment que VW doit présenter ses comptes de résultats 2015. Côté Volkswagen en revanche, la date du 21 avril a été imposée par un juge pour indiquer si le Groupe est parvenu à un nouvel accord avec les autorités américaines sur la mise aux normes des véhicules incriminés. On saura alors si VW rachètera ou non les 600 000 véhicules de ses clients lésés, ou s’il proposera de simples réparations. De l’issu de cet accord dépend la tenue d’un procès : Volkswagen se dit convaincu qu’il n’est « pas nécessaire », tandis que près de 600 avocats de plaignants ont annoncé vouloir aller en justice si les propositions de VW ne leur conviennent pas.

Le jour d’après, le 22 avril, le Conseil de Surveillance de Volkswagen se réunira. Rien de mieux avant le weekend que de discuter des résultats d’une enquête indépendante, menée par le Cabinet américain Jones Day. Une enquête sur laquelle la Justice américaine a interdit toute communication, afin de ne pas influencer ou mettre en péril sa propre investigation. L’affaire continue, et Stephan Weil, le Ministre-Président du Land de Basse-Saxe, actionnaire du Groupe VW, a rappelé qu’il voulait « une totale mise au clair » de l’origine du scandale. La fin de mois s’annonce riante à Wolfsburg.

Via CCFA – Reuters – Wall Street Journal – Autonews