Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Test Forza Horizon 3 : Maturité est le maître-mot

Forza Horizon 3, l’un des titres automobiles les plus attendus de cette fin d’année, est passé entre les mains de notre testeur en jeux vidéos, Stéphane, qui a eu l’occasion de l’essayer pendant un court après-midi. Verdict à suivre.

256071_Les_150_premier_bolides_de_Forza_Horizon_3

Pour être franc, je m’attendais à un excellent opus, à celui censé porter la franchise de Turn 10 au sommet de la course automobile arcade, au-dessus d’un Need For Speed, à la traîne sur bien des aspects. C’est le cas avec Forza Horizon 3, qui a réussi le tour de force de conjuguer le côté festif et la carte extra-large du premier à la beauté graphique du second.

Après les montagnes du Colorado et les côtes méditerranéennes franco-italiennes, cap sur l’Australie, pays des kangourous, de l’Outback, des animaux les plus dangereux du monde, et surtout, de ses magnifiques plages en bord de mer. Un joli coup de poker pour un pays sous-médiatisé dans l’univers du jeu vidéo pour nous, occidentaux. Les purs et durs se souviendront quand même du circuit de Bathurst, des courses d’Holden V8 ou encore du magnifique circuit de F1 de Melbourne, manche d’ouverture de chaque saison de F1. Mais pour une cible qui s’adresse à n’importe qui ne connaissant pas ou peu le monde de l’automobile, le portait dressé par les éditeurs conviendra parfaitement.

On prend les mêmes et on recommence

Pour commencer, on est un simple touriste, fan d’automobile, qui débarque en Australie, donc. Une informatrice du nom de Keira se charge de renseigner dès votre arrivée les différentes courses qui auront lieu à proximité des côtes australiennes, avant de prendre le volant d’une … Lamborghini Centenario. Très violent, comme départ, non ? Car en effet, cette Lamborghini ultime est la star du jeu, à la manière d’un Lionel Messi sur la jaquette d’un Fifa, ou Neymar sur PES. On se retrouve projeté dans une course avec des supercars au prix à 6 voire 7 chiffres, avant de changer rapidement de véhicule, direction le 4×4 dans la jungle, puis le buggy sur le sable. Une façon ludique de montrer les possibilités routières du jeu, sachant que la fidélité avec la réalité a fait l’objet d’une attention toute particulière via de très, très, très nombreuses photos prises sur place. Une fois cette partie « tutorielle » terminée, il est temps de choisir son véhicule : M3, Silvia S15 ou … Holden HSV Maloo ! Perfection, efficacité, ou puissance brute locale, à vous de choisir ! Le choix est fait, je prends la Sivlia S15, direction, la première course, sur fond de concerts, de fans et de « festival automobile ». Assez parlé, place à la conduite libre !

256072_Les_150_premier_bolides_de_Forza_Horizon_3

Première impression, la claque visuelle est là et bien là : les graphismes sont exceptionnels pour un jeu vidéo de type arcade. Avec une télé 4K et une bonne sono, le jeu devient très vite prenant. Et pour cause, on a là un très bon mix entre le côté arcade de la partie Horizon, et le réaliste visuel du côté simulation de Motorsport 6. La bande son très variée qui nous accompagne sur les routes est un très gros plus, composée de vieux rock, de drum’n’bass, de pop, d’électro, de rap des années 80-90, de musique classique ou de métal via jusqu’à 12 radios thématiques.

La conduite arcade est moins lourde que les deux précédentes itérations : on sent que les développeurs ont enfin trouvé un bon équilibre entre le côté facile et accessible de l’arcade allié à une touche de réalisme présente dans les simulations, là où la lourdeur des véhicules en cas de choc où de mauvaise trajectoire se faisait parfois sentir, et ce, peu importe le véhicule.

Au fur et à mesure que l’on progresse, on voit l’arrivée de nouvelles courses en fonction de chaque catégorie de véhicules. La carte est toujours aussi étendue, signalant la plupart des courses disponibles. Au delà de la sélection d’une course de façon classique sur la carte, on peut par exemple créer une course complètement « random » (ou aléatoires) en klaxonnant sur jusqu’à 6 concurrents et en choisissant le point d’arrivée n’importe ou sur la carte. Très pratique pour gagner rapidement des crédits, des fans et de l’XP pour la progression de la carrière. On peut aussi prendre en chasse un autre pilote sur une portion de route, donner rendez-vous à d’autres pilotes sur la carte en multijoueur, participer à des « Street Races » sans aucun encadrement officiel à la Need For Speed, ou encore créer sa propre course et la partager dans le monde. Ce dernier mode est tout nouveau sur FH3 : pour créer sa course, il faut donner une restriction d’age des véhicules, sélectionner le circuit ou la portion de route où elle aura lieu, ainsi que le nombre de tours, et enfin de lui donner un nom avant de la partager. Dès lors, on a droit à des possibilités quasi infinies, au vu des 371 véhicules présents dans le jeu, de toutes les époques.

Quelques points bonus sont à prendre en compte comme l’apparition de panneaux à exploser pouvant accorder de l’XP ou des fans supplémentaires, ou encore de faire des cascades plutôt sympathiques. Et si avec tout ça, on ne sait plus quoi faire, nous avons à portée de main un GPS à commande vocale qui indique ce que vous devez faire et où aller. Courses officielles, panneaux à exploser, contres-la-montre, entre autres.

Autre point, particulièrement apprécié sur FH2, la personnalisation des véhicules. Que cela concerne l’extérieur (kit carrosserie complet, peinture, jantes, etc), l’intérieur ou la mécanique, elle reste extrêmement étendue. On peut se faire une personnalisation mécanique et esthétique à moindre frais, sans pour autant la transformer en dragster ultra-aérodynamique incontrôlable. Les livrées extérieures conservent la possibilité d’être réalisables et partagées en ligne.

Les crédits font office de monnaie que l’on dépense pour l’achat des véhicules, les points d’XP que l’on grappille permettent de débloquer certaines courses, et les fans sont rassemblés autour de notre personne en fonction des victoires en course ou des figures de pilotage que l’on peut réaliser (dérapages, sauts dangereux, vitesse excessive sans crash, dépassements propres, etc). Tout ceci dans le simple but de … « faire kiffer » autour du personnage que l’on incarne dans la carrière. Oui, j’utilise des néologismes familiers, un peu « djeun’s« , mais ce n’est pas fait par hasard : c’est précisément le cœur de cible de ce jeu et l’esprit « cool », posé et détendu qui est recherché. Les jeunes peuvent prendre le temps de rêver en pilotant les plus belles voitures du monde, tandis que les plus âgés se concentreront sur les bienfaits ce pays au relief exceptionnel. Preuve en est, lors de cet essai virtuel, j’ai été accueilli dans un showroom agrémenté de panneaux de signalisation, de sable blanc, d’une Corvette C3 Stingray de 1970, d’un buggy tout neuf et d’un … crocodile en son centre. Tout le monde a apprécié la présence du crocodile, d’ailleurs.

Forza Horizon 3 est le premier de la série à être disponible sur PC. Il sera donc possible de faire des courses en ligne avec des joueurs console. Si l’idée est bienvenue, le test complet sur plusieurs types de PC sera très important car on annonce un jeu particulièrement gourmand en ressources, surtout si l’on veut jouer avec un casque de réalité virtuelle. Il ne faudra pas se louper car la communauté PC est particulièrement attentive à cela, d’autant plus qu’il se veut être un jeu arcade, donc jouable par tous et pour tous.

Pour conclure ce premier aperçu, Forza Horizon 3 sera à n’en pas douter LE titre automobile de la fin d’année, loin devant WRC 6 et sa logique eSport ; et à l’opposé de la niche visée par Kunos et son jeu de simulation pur et dur, Assetto Corsa. Polyphony Digital ayant mis son bébé Gran Turismo Sport hors course pour 2016 (il reviendra à l’occasion du Salon du jeu vidéo à Tokyo en 2017), le jeu de Turn 10 a la voie toute tracée pour séduire petits et grands pilotes en herbe.

Remerciements à Turn 10 Studios et Microsoft pour l’invitation