Le Nouvel Automobiliste
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Semi-remorque Audi : Le premium au service du transport longue distance

Deux designers confirmés se sont lancés dans la réalisation d’un projet un peu fou : la création d’un semi-remorque premium pour Audi. Un projet purement fictif, mais ô combien intéressant qui témoigne de la tendance permanente des designers du monde entier à vouloir changer le monde du transport et changer les codes actuels.

Le projet s’articule autour de deux designers. L’un est biélorusse, s’appelle Artem Smirnov et travaille en tant que designer freelance. L’autre est russe et s’appelle Vladimir Panchenko, il est russe et modeleur 3D confirmé. Et ensemble, ces deux personnes vont pouvoir se permettre de réaliser les projets les plus fous, comme ce camion Audi, fruit d’une génèse longue de 6 mois et présenté il y a deux mois.

Pour être plus précis, le camion Audi dont ils ont eus l’idée s’articule au départ sur deux plans : soit il n’a pour but que d’être un showcar, soit il devient un véritable camion autonome. Les deux propositions ont été développées avec le même niveau de rendu : très élevé.

Tout d’abord, sur le plan technique, le camion est 100% électrique, avec des batteries posées au sol, sous l’emplacement de la remorque. Les pare-vents latéraux bougent latéralement, permettant à l’air de circuler autour de l’engin. Pour le reste, ces deux camions n’ont rien d’autre en commun, l’approche devant radicalement différente.

Le premier camion est vu comme un showcar, ou « showtruck » pour être plus précis, et se voit réalisé avec les codes Audi classiques : élégance, raffinement et sportivité. On retrouve le gris aluminium caractéristique de la marque aux anneaux, ainsi qu’une totale absence d’artifices aérodynamiques : un véritable parallèlépipède géant avec sa remorque, au style tout aussi pur ! Sur le plan aérodynamique, ce camion serait contraire à toutes les recherches en soufflerie effectués par tous les manufacturiers spécialistes, maniaques à la recherche du moindre litre de gasoil économisé. Le Cx s’envolerait littéralement avec une prise frontale au vent à 70 km/h démentielle.

Le second transporteur a le mérite d’être beaucoup plus concret. Transporteur multi-tâches, ce camion est dessiné avec beaucoup plus de souplesse et se présente sous plusieurs formes : remorque classique, à rondins de bois, citerne, tout y passe !

Après mûre réflexion, c’est sur la citerne que se porte le choix définitif de la remorque. Quant au tracteur et son poste de conduite, il a été décidé qu’il se conduirait comme un roadster : le conducteur et son passager trônent au sommet du tracteur dans deux espaces alloués pour l’un et l’autre sans pare-brise ni saute-vent pour les protéger, mais simplement avec un casque, un volant et une plaque pour l’affichage tête haute. Le tracteur repose sur de généreux pneus à crampons fournis par Pirelli, et le carénage est complet, englobant la totalité de l’essieu et les passages de roue. L’espace destiné à la caisse de secours est revu, intégrant pelle, seau, émetteur GPS/Radio/Internet/Téléphone, et, plus surprenant, climatiseur. Enfin, l’éclairage est géré par une longue bande verticale blanche l’avant et des feux circulaires plus classiques, tous deux munis de LEDs.

Là aussi, certains détracteurs noteront un manque de cohérence entre le style et la réalisation industrielle : la tenue d’un trajet longue distance installé de cette manière est très compliqué sur le plan humain. A noter que les deux occupants sont munis d’une combinaison avec masque à oxygène semblable aux pilotes des avions de chasse. Mais qu’importe, c’est une étude de style, donc tout ou presque est permis…

Si l’aérodynamique n’a vraisemblablement pas été pris en compte pour la réalisation de ce projet, le compromis stylistique entre le tracteur et sa remorque est de haute volée car très harmonieux, comme en témoignent les rendus 3D finaux.

Pour ma part, les premières esquisses du second projet étaient annonciatrices d’un camion encore plus stylé et affirmé, plus en accord avec ce que pourrait être un camion dans 50 ans, mais un mix des deux projets, le côté cubique du premier allié à la rondeur maîtrisée du second, aura été finalement préféré.

Il faut toutefois saluer la précision de très haut vol de la réalisation 3D du projet, qui finalement, n’aura pas été si simple à traiter, tant nos deux protagonistes éprouvent encore aujourd’hui une certaine hésitation quant au choix du développement des deux projets.

Via Behance.