Le Nouvel Automobiliste
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Roewe 750 : c’est la fin pour la Rover 75 chinoise

Eric vous avait contés il y a quelques mois l’histoire de la Rover 75, dernière véritable modèle conçu avec BMW par la marque anglaise, disparue depuis le milieu des années 2000. Dix ans plus tard, c’est à nouveau la fin pour la Rover 75, plus exactement pour sa version chinoise rebadgée en 2006, la Roewe 750.

C’était le 10 novembre dernier : SAIC, acronyme de Shanghai Automotive Industry Corporation, a prononcé l’obituaire de la Roewe 750. Berline tricorps commercialisée sur place depuis 2006, restylée en 2011, la 750 est en réalité une Rover 75 restylée, rebaptisée en toute subtilité comme vous pouvez le voir dans la quasi paronomase Rover/Roewe. Lors de la faillite de Rover en 2005, SAIC racheta les droits de la 75, mais pas son nom, toujours propriété de Ford. Au même moment, Honda rachetait les droits de la berline 45 qu’il avait co-conçue avec l’anglais dans les années 90. Et l’autre groupe chinois, Nanjing Auto, gobait la marque MG pour en faire l’acronyme non plus de Morris Garage mais de Modern Gentleman (o tempora, o mores…), et produire sur le châssis court de la 75 une nouvelle berline, la MG7. Il est à remarquer, d’ailleurs, que MG est en plein développement aujourd’hui.

Tout avait pourtant bien (re)commencé pour la Rover 75. En 2007, fraîchement rebadgée et recalandrée, dotée de nouveaux feux arrière, elle est lancée Roewe 750 sous sa version à châssis long, renforçant le caractère chic et équilibré de ses lignes d’origine. Après un départ commercial honorable sous une campagne de pub inspirée de l’esprit british, les ventes se stabilisent à 25 000 exemplaires annuels en 2008. Elle est ensuite exportée au Chili, au Pérou et jusqu’en Egypte en CKD sous la marque… MG. L’éternelle double identité de la 75…

En 2012, à mi-carrière, la 750 reçoit un restylage qui conserve la calandre de Rover 75 V8, mais pas les optiques arrondies qui deviennent plus longues et horizontales… à la manière d’une Rover 45 des derniers millésimes, paradoxalement. Admirez la superbe jonction capot/aile/phare, conservée lors de ce restylage. Les feux évoluèrent également, adoptant une signature de diodes en C, de même que l’habitacle qui fut redessiné.

Proposée pour un tarif allant de 163 000 à plus de 250 000 yuan (de 22 000 à 34 000 euros), la 750 était proposée en 2 moteurs : 1,8 turbo de 160 ch, ou V6 2,5 l de 184 ch, chacune proposée en boîte automatique 5 rapports. A noter que ce V6 est, lui aussi, une relique de l’époque Rover, puisque issu du moteur K-Series. De 2012 à 2014 enfin fut proposée une éphémère version hybride (1,8 turbo + électrique, 200 ch), sans succès.

Atteintes par la limite d’âge, MG7 et Roewe 750 s’en sont donc définitivement allées. La première, dès 2015 ; la seconde, depuis peu. N’en demeurent qu’un long conflit juridique entre les deux marques, pour savoir qui de SAIC ou de Nanjing Auto possédait les droits sur la plateforme, et aboutissant au rachat de Nanjing par SAIC en 2008. La concurrence a cependant évolué et le temps où l’on pouvait recycler en Chine de vieux modèles européens (VW Jetta, Opel Frontera, Citroën Fukang…) est bel et bien révolu. L’époque est aux SUV et aux tricorps ultra-confort. Déjà datée par son design légèrement néo-rétro, la Rover 75 n’était définitivement plus dans les canons.

SAIC, en co-entreprise avec General Motors, proposera bientôt une descendante à la Roewe 750. Elle sera construite sur la plateforme GM Epsilon II, commune à la Buick Regal (notre Opel Insignia). La plateforme Rover, elle, pourrait être réutilisée par Baojun, marque d’entrée de gamme de la co-entreprise SAIC/GM/Wuling, car il est bien connu que dans l’Empire du Milieu tout se transforme.

Pour (re)lire toute l’histoire de la Rover 75, l’article d’Eric vous tend les bras. L’ami Paul de Boîtier Rouge a également un article sur ce sujet. Enfin, pour ceux qui voudraient revivre l’ambiance Rover 75/MG ZT, retrouvez à ce lien l’essai de cette dernière par Adrien en version Tourer.

Via Carnewschina