Le Nouvel Automobiliste
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Rezvani Motors : Naissance d’une Beast !

On vous a parlé de la Rezvani Beast à de nombreuses reprises (ici, , encore iciencore là, et encore encore ici !), il est temps de la découvrir avec nous pendant sa construction, qui remet au goût du jour l’art de la carrosserie (coachbuilding) et place l’artisanat au coeur du processus. Direction Santa Ana en Californie, berceau du nouveau constructeur dont on entendra le nom résonner à travers les années !

Ce n’est un secret pour personne, la Rezvani Beast est basée sur un châssis d’Ariel Atom. Mais avant de parler de la construction, il faut passer par sa conception, et c’est là que Samir Sadikhov entre en jeu : jeune designer ayant travaillé pour Ford, et Lamborghini (on lui doit la Aventador J et la Urus), Samir collabore avec Ferris Rezvani afin d’habiller l’Ariel Atom.

Avantage certain : la base étant quasiment vide, la liberté d’expression est donc quasiment sans limite : jugez par vous-même.

Résultat des courses : une gueule hors normes, une ligne agressive et très allongée, et… une production obligatoirement limitée du fait des lois américaines (nous y reviendrons) !

Les essais en soufflerie se font de manière virtuelle (l’informatique, ça a du bon !) et le design final est donc validé. Place à la production !

On commence donc par un énorme bloc de mousse taillé à la commande numérique afin de créer les moules nécessaires au moulage du carbone :

L’impression 3D est également au coeur du processus pour la création de certaines pièces dont les optiques avant et arrière à la forme unique, ainsi que les rétroviseurs.

Rezvani Motors frappe fort et n’utilise que du carbone pré-imprégné : 70% plus léger que la fibre de carbone noyé dans la résine que l’on connaît tous (celui qui a un look brillant) et conférant un look satiné. Revers de la médaille : entre la conservation de la matière première au réfrigérateur et le passage à l’autoclave (le four sous pression), les coûts deviennent rapidement astronomiques.

Tout le travail est fait à la main, de la pose du carbone au démoulage en passant par la découpe, le ponçage et la peinture.

On va donc malheureusement sauter les étapes de la peinture et une partie de l’assemblage puisque lors de notre arrivée, la carrosserie de la Beast était presque totalement montée, bien que manquant encore de tous les détails de finition.

Le châssis étant excellent de base, seuls les freins et les suspensions connaîtront un changement : il faut compenser le gain de poids procuré par la carrosserie ainsi que les quelques éléments de conforts (si si, il y en a !). Avec environ 100 lbs (45 Kg) ajouté à chaque coin pour atteindre 750 Kg, la Beast a du passer par la case des essais routiers et sur circuit avec Samuel Hübinette, plus connu sous le nom de Crazy Swede (suédois timbré) afin de trouver un parfait équilibre entre maniabilité et sensations. Pour savoir si le pilote d’essai connaît son affaire, je vous invite à consulter son CV palmarès sur son propre site web ici.

Combien de temps faut-il pour construire une Beast ?

Une fois l’Ariel Atom au garage, environ 12 semaines sont nécessaires pour opérer sur sa transformation, et seuls 4 artisans sont à l’oeuvre. Une structure en acier est ajoutée pour fixer la carrosserie au châssis, les voies élargies, et un plancher menant droit au diffuseur prend place. Un nouvel intérieur prend place…

Dans ces 12 semaines, 2 sont consacrées à la préparation du moteur chez un préparateur dédié à Orange (une ville voisine de Santa Ana), car le moteur Honda K24 doit passer par la case compresseur et turbocompresseur avec un temps de réponse et une cartographie aux oignons : le plaisir de conduite passe aussi, et surtout, par la réactivité du moteur !

Les jantes uniques font partie du package composant la Beast. L’aluminium forgé est de la partie, et je ne peux que le confirmer personnellement après avoir soulevé la jante à bout de bras sans le moindre effort : ça promet des accélérations et freinages plus que fulgurants. Les pneumatiques Toyo R888 (235/35/R19 à l’avant, 295/30/R19 à l’arrière) ont plus que fait leur preuves sur piste, que ce soit avec l’Ariel Atom ou d’autres voitures.

Il est temps de laisser nos artisans terminer l’oeuvre d’art, et de sauter jusqu’à la page suivante pour la découvrir entière et en détails !

Vite ! La suite !