Le Nouvel Automobiliste
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Retour sur les berlines sportives d’Alfa Romeo (galerie)

A l’occasion du lancement imminent de la nouvelle Alfa Romeo Giulia, le showroom parisien du Groupe FCA, le MotorVillage, revient sur 60 ans de berlines sportives frappées du Biscione.

Pour la première présentation en France de l’Alfa Romeo Giulia, la marque italienne a choisi de l’exposer au pied des Champs-Elysées. Nous l’avons déjà découverte au Salon de Genève, et Frédéric nous a exposés les détails de sa gamme. De plus, la version dévoilée à Paris, une sportive Quadrifoglio Verde au V6 Turbo de 510 chevaux, n’était encore qu’une pré-série, il était donc difficile de juger de ses prestations complètes en statique.

Alors nous allons plutôt visiter l’exposition du MotorVillage « comme si on y était », parcourir six décennies de berlines sportives Alfa Romeo. Et la visite commence au dernier étage, en 1950, avec la 1900 Berlina. On dirait une Peugeot 403 mais c’est bien une Alfa, qui précède d’ailleurs la Sochalienne de 5 ans, et elle est produite jusqu’en 1959 à plus de 17 000 exemplaires.

Sa particularité ? Première Alfa avec caisse autoporteuse plutôt qu’un châssis, la 1900 connaît plusieurs déclinaisons notamment coupé (Sprint) ainsi qu’une création de Touring Superleggera sur base de 1900 C en 1952, la Disco Volante. En compétition, elle gagne le Tour Auto et la Targa Florio. La propagande Alfiste s’en empare : elle devient la « berline qui gagne des courses ».

La succession de la 1900 Berlina est assurée par la 2000 puis la 2600. Plus longues, ces berlines laissent la place à un modèle plus compact qui vient remplacer la Giulietta : c’est la Giulia, première du nom. De 1962 à 1978, cette tricorps constituera le pilier de la gamme Alfa Romeo, et son premier modèle à dépasser les 500 000 ventes (570 000 exemplaires au total). Pas mal du tout quand on sait que le record est détenu par l’Alfasud (plus de 900 000 unités) et les derniers grands succès de la marque sont les 147 et 156 (respectivement 670 000 et 680 000 exemplaires).

La Giulia proposée par le MotorVillage est une TI Super (pour Turismo Internazionale) de 1963, la sportive donc avec son Quadrifoglio Verde sur les ailes et son moteur à double arbre à came en tête, le premier de l’histoire d’Alfa. La rupture de style est franche avec une carrosserie tricorps avec des angles marqués « dessinée par le vent », mais le succès en compétition est là encore au rendez-vous dès la première année avec le Championnat d’Allemagne des circuits 1963.

Alors que la Giulia est toujours au catalogue, l’année 1972 voit la venue de l’Alfetta. Sa gestation est longue et commence dès 1969 alors qu’Alfa hésite entre total renouvellement de la Giulia et simple évolution. Après avoir mis sur le marché la grande 2000 en 1971, la marque se décide à proposer une berline intermédiaire entre les Giulia et 2000 : l’Alfetta donc. Pour être digne de son Biscione, l’Alfetta est sportive et a recours au système Transaxle : moteur sur le train avant, boîte de vitesses sur l’essieu arrière. A la clé, une répartition du poids équilibrée entre les essieux, et une carrière qui durera 12 ans jusqu’en 1984 avec plus de 475 000 exemplaires.

On change de décennie avec la 155, vendue de 1992 à 1997. Ce modèle « de transition » après la 75 et avant la 156 n’en est pas moins importante puisqu’elle adopte la traction avant, longtemps après son arrivée sur les Alfasud et 33. Conçue sur base de Fiat Tipo, elle possède son propre design « à la serpe » qui reste néanmoins aérodynamique (Cx de 0,29). Côté mécanique, le V6 Arese est de la partie ainsi qu’une Q4 (4 roues motrices) de 190 ch.

En compétition, elle est engagée sous le nom de 155 GTA en 92, puis de 155 TI, et enfin de 155 ITC pour International Touring Club (l’ancêtre du WTCC). Aux couleurs du Martini Racing dès 1993, elle s’illustre également en DTM avec Nicola Larini qui remporte le titre. Engagée sur les circuits jusqu’en 97, la 155 de tourisme était mue par un V6 TI de 490 chevaux.

A la 155 succède la 156. C’est « la » berline à succès du constructeur, avec le premier moteur Diesel à rampe commune, un design superbe signé Walter de Silva, et des ventes qui culminent à 680 000 exemplaires. Elle est même « Voiture de l’année » en 1998 ! Ne manquait à ce beau tableau qu’une version sportive : ce sera fait, cinq ans après le lancement en 2002, avec la GTA (Gran Turismo Alleggerita).

Un an avant le restylage de 2003 effectuée par Giugiaro, la 156 GTA arbore une carrosserie modifiée (ailes élargies, pare-chocs redessinés), et à bord des baquets recouverts de cuir. Disponible en berline comme en break SW, la GTA profite de la sonorité chantante du V6 3,2 l de 250 chevaux. Il y eut, tradition oblige, un dérivé compétition, développé par N. Technology.

Avec un moteur promis deux fois plus puissant, la Giulia QV se profile cette année avec un V6 Turbo de 510 chevaux développé par Ferrari. Le carnet de commandes est ouvert, ainsi que pour les motorisations Diesel qui assureront le gros des ventes. Longtemps attendue, présentée il y a déjà un an, la Giulia a la lourde tâche d’incarner et d’insuffler le renouveau de la marque voulu par Sergio Marchionne, Administrateur délégué de FCA. Après la berline, un SUV est attendu, mais pas un break comme les 156 et 159 a priori.

La gamme Alfa Romeo se complète de la confidentielle 4C lancée cette année en Limited Edition, ici exposée en Bianco. Riche d’une histoire de plus de 60 ans dans les berlines sportives, Alfa Romeo s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de ce long roman : hélas, les scénarii longs à se mettre en place ont tendance à lasser. Puisse le rythme des événements s’accélérer pour la marque de Milan !

L’exposition dure jusqu’à 30 mai 2015 à Paris.

Crédit photographique : Fabien L pour The Automobilist et MotorVillage