Le Nouvel Automobiliste
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Rencontre avec le designer du Renault Alaskan, Louis Morasse

Belle actualité pour Renault au Festival Automobile International. Outre le prix de la Plus belle voiture de l’année, décerné à la berline Talisman, le Losange est reparti avec un panier garni du prix du plus beau film publicitaire (Renault Espace) et le grand prix du design attribué à Laurens van den Acker, Directeur du style de Renault. Mais au Festival, Renault exposait aussi un concept-car, ou plutôt devrait-on dire un concept-truck : l’Alaskan. Rencontre avec Louis Morasse, son designer.

The Automobilist : Bonjour Louis Morasse. Vous êtes donc le père du design de ce Renault Alaskan. Comment résumeriez-vous sa genèse ?
Louis Morasse :
Bonjour. C’était un projet très rush, un très court projet. On a dessiné de A à Z Alaskan en 8 mois. Chez nous on appelle ça un crash program car on a pas de temps à perdre.

TA : Reste que c’est un véhicule aux gênes fortement imprégnés par le Nissan NP300 Navara. Quelle était la marge de créativité pour Renault ?
LM :
Ah non, pas du tout, ce n’est pas ça. Nissan a développé son véhicule, et puis Renault est venu dans la foulée dessiner le sien. Alaksan c’est une Renault, pas une Nissan. Donc non, tout est Renault dessus.

TA : Comment traduire l’identité, le langage design du Renault de Laurens van den Acker, à un pick-up ?
LM :
Avant de dessiner une voiture il faut savoir à qui la vendre. Le marché du pick-up est très traditionaliste, très conservateur. Il y a des fondamentaux à respecter : un design masculin, affirmé, anguleux ; une face verticale, un capot horizontal. Ensuite l’ADN de Renault est venu naturellement avec une identité cohérente pour la gamme VU, soit du Renault en version robuste : grande calandre, phares dans la poursuite de la calandre, et des volumes généreux sur les flancs.

TA : Un pick-up au Festival Automobile, c’est une première. Pour Renault aussi…
LM :
Pour installer Alaskan on a fait un peu de storytelling. Le segment du pick-up est mal connu en Europe, alors qu’il est très populaire en Amérique où l’on propose déjà le Duster Oroch. Là-bas, le pick-up c’est le véhicule polyvalent par excellence, et on a voulu montrer cette polyvalence avec Paul notre reporter, qui la semaine a besoin d’emmener son matériel Hasselblad dans la benne d’Alaskan, mais le weekend quand il a besoin de partir avec sa famille, il va laver l’Alaskan et ils peuvent y aller.

TA : Depuis quand êtes-vous chez Renault ?
LM :
Depuis 16 ans. Mais j’ai eu une carrière en deux parties. Je suis arrivé d’abord au moment du programme Mégane, je suis resté 5 ans. Puis je suis allé faire de l’imagerine médicale chez General Electric, puis chez Bombardier pour dessiner des motoneiges, avant de revenir chez Renault comme Directeur de la gamme Véhicules utilitaires, en 2006. Quand je suis revenu, le Kangoo II était presque fini.

TA : Et vous avez donc dirigé le design de tous les modèles sortis depuis ?
LM :
C’est ça, on a d’abord eu le Master, puis le nouveau Trafic, Duster Oroch l’an passé et U60, enfin, Alaskan sortira au premier semestre 2016. Aujourd’hui Renault Design est organisé par métiers : vous avez une équipe design inter, une équipe design exter VP, une équipe couleurs/matières, ainsi que le VU, tous en lien avec le marketing.

TA : Merci M. Morasse pour vos réponses.

Propos recueillis par François M. – Photos Fabien Legrand pour The Automobilist.fr et François M.