Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Renault Sport Ice Driving : Les Clio font du ski

Quel plaisir de voir le printemps arriver, sa douceur si agréable, le soleil, le ciel bleu, les arbres en fleur et même la promesse (et le fumet) des premiers barbecues annonciateurs d’une longue, très longue période estivale. L’occasion rêvée de vous redonner à nouveau un bon coup de froid en vous emmenant à la montagne pour faire glisser des Clio R.S. Trophy sur de la glace. On vous avait pourtant bien prévenu, en avril on ne se découvre pas d’un fil…

C’est à Val Thorens que Renault Sport nous a emmené (début mars, je dois le concéder) pour nous faire partager une expérience automobile assez inhabituelle mais également très instructive tout en restant très ludique : faire quelques tours de piste (et même un peu plus) sur un circuit glacé avec de jolis bolides jaunes.

Réservez les jaunes et montez les blancs en neige

Coté circuit c’est celui de la station savoyarde qui nous a servi de terrain de jeu. Baptisé Alain Prost, du nom d’un pilote pas bien grand mais dont on m’assure qu’il a un palmarès inversement proportionnel à sa taille, il accueille également chaque année une manche du Trophée Andros sur lequel « le professeur » s’est illustré avec un certain brio. Assez courte avec ses 760 m, cette boucle au tracé relativement tortueux se révèle plus technique qu’il n’y parait au premier abord. Comportant trois épingles assez serrées dans sa partie supérieure ainsi qu’un virage plus ouvert mais bien difficile à appréhender en partie basse il permet aussi de mettre les gaz assez généreusement sur ses deux lignes droites, l’une descendante, très piégeuse car très bosselée, et l’autre légèrement incurvée lors de la remontée du circuit.

Je vous dis ça avec un certain aplomb susceptible de vous faire penser que je suis un spécialiste en puissance de la discipline mais ne vous y trompez pas, à mon arrivée à Val Thorens je n’avais encore jamais pris le volant d’un véhicule sur piste… et encore moins sur piste glacée. Sans parler de crainte, on n’est pas forcément très rassuré au début, d’autant que la météo (chutes de neige généreuses) ne devrait pas faciliter les choses.

Mais au moins, au milieu de tout ce blanc on ne peut pas rater nos montures toutes de jaune Sirius vêtues. Il s’agit de Clio R.S. fraichement restylées dans leur version Trophy. La petite teigneuse de chez Renault affiche dans cette définition un surcroit de puissance de 20 ch pour culminer à un total de 220 poneys et se dote d’une ligne d’échappement Akrapović dont la sonorité s’avère fort sympathique. Extérieurement la Clio affiche résolument sa sportivité grâce à des détails soignés et valorisants : superbes jantes, étriers de frein rouges, traitement des bas de caisse, du bouclier avant, du diffuseur arrière ou encore feux additionnels reprenant la trame du logo R.S. (enfin l’ancien du coup…). Rajoutez-y les nouvelles optiques full LED dont je vous vanterai avec conviction la qualité un peu plus bas, un petit monogramme R.S. givré par ci ou Trophy par là et nous voila en face d’un joli poussin dont on a bien envie de prendre le volant.

On perd un peu, et même beaucoup, en enthousiasme en inspectant l’habitacle qui s’avère autrement moins réjouissant. Si les petites touches de rouge des aérateurs ou des surpiqûres viennent un peu égayer le tout, force est de constater que l’ensemble reste bien tristounet, pas particulièrement sportif et surtout très moyennement valorisant en termes de qualité. Qu’importe, je ne suis pas là pour vous faire un essai détaillé de cette Clio, Olivier s’en était déjà chargé l’été dernier. On s’installe à bord, les sièges baquets sont pour leur part très agréables et maintiennent très bien, on allume le moteur, on supprime toutes les aides à la conduite via un appui long sur le bouton idoine et en avant.

Tu vois le mur de neige ? Et bien tu ne fonces pas dedans comme le monsieur vient de le faire…

Pour nous initier à la maitrise parfaite du triple Lutz piqué en Clio R.S. Trophy l’équipe de Renault Sport avait préféré faire appel à des moniteurs expérimentés plutôt qu’à Philippe Candeloro. Une solution que je ne peux que saluer chaleureusement et qui me permet de faire d’une pierre deux coup en remerciant par la même nos sympathiques instructeurs pour leurs conseils avisés et leur excellente pédagogie. Et non, aucun d’entre eux ne m’a fait de reproche sur mon planté de bâton ou proposé un verre de vin chaud entre deux tours de piste.

Cette piste il faut d’abord l’apprivoiser en la reconnaissant calmement. Un tour en tant que passager, puis viennent vos trois premières boucles au volant. On y va doucement et prudemment en repérant bien les pièges éventuels de la piste comme le bosselage effectivement marqué de la ligne droite, le virage du bas où il faut sérieusement savoir réduire sa vitesse en dosant ses freins, assez puissants, ou encore les points de corde à repérer et qui évolueront toute l’après midi en raison de la quantité de neige accumulée. Vitesse maxi de ces trois premiers passages : 32 km/h dans la ligne droite montante dans laquelle j’ai aventureusement passé le troisième rapport de la boîte EDC via les palettes au volant ! Gare à toi Alain Prost je ne suis pas loin de ton pare-choc… On reste donc prudent et on prend petit à petit conscience de la surface très particulière sur laquelle on roule, il s’agit bien de glace et la neige qui tombe par-dessus, loin de vous ralentir, peut régulièrement accentuer votre glisse. Cela dit, totalement à l’inverse de Katarina, on ne va pas vite et on ne patine pas particulièrement. Il faut dire que nos Clio étaient équipées de pneus adaptés : cloutés à l’avant, hiver à l’arrière. La garantie de ne vous faire aucunement peur à vitesse modérée sur le circuit. Mais ces montes ont aussi été pensées pour que l’on puisse s’amuser un peu plus…

Shake your booty !

Ayant bénéficié de deux généreuses sessions de roulage de 3 h (une de jour et une de nuit) la quasi-totalité des participants a pu constater avec plaisir les progrès qu’il est possible de réaliser, tours après tours, en apprivoisant lentement nos petits jouets. On apprécie surtout de rapidement prendre un vrai plaisir au volant car on « glisse » progressivement de plus en plus. C’est là d’ailleurs qu’intervient la monte pneumatique dont je vous parlais un peu plus haut. Les clous permettent à votre Clio de conserver une assez bonne motricité (même si, lorsqu’on hausse le rythme vraiment, la taille des clous de nos modèles se révélait trop juste) et les pneus neige à l’arrière vous autorisent à partir en dérive. La première expérience du genre se fait un peu par surprise lorsque votre instructeur vous demande de mettre plus de vitesse à l’entrée du virage et qu’arrivé près du point de corde il tire brusquement sur le frein à main. Youhou, mon premier dérapage contrôlé ! Je fais ce que je peux avec le volant cherchant à vite remettre mes roues avant dans le sens de la ligne droite suivante comme mon co-pilote me le demande et après quelques figures moyennement maitrisées ça marche !

Même si la douceur se doit de rester le maitre-mot il est temps d’accélérer un peu, dans la montée notamment où votre serviteur atteindra un mémorable 76 km/h en fin de journée, et de prendre le frein à main… en main. Là aussi on y arrive rapidement et on sourit joyeusement à chaque épingle où le popotin de votre destrier cherche à vous dépasser par la droite ou par la gauche. Tout n’est cependant pas si simple et il faut encore pas mal de patience pour réaliser une sortie de virage satisfaisante. En effet la glissade a tendance à vous ralentir assez considérablement et on peine à conserver de la vitesse pour se relancer efficacement dans la ligne droite. Le premier réflexe est souvent d’appuyer sur le champignon un peu brutalement (avec les chaussures adaptées à la neige le dosage n’est pas non plus super simple) ce qui a pour effet de faire copieusement patiner les roues avant, la puissance étant bien là, mais pratiquement sans produire d’effet sur l’accélération.

Pour garder de la motricité il faut en effet savoir doser sa pédale et surtout ne pas hésiter à passer immédiatement au rapport supérieur. Facile à dire, moins facile à réaliser car la boîte EDC n’est pas toujours aisée à anticiper et vous n’avez pas quatre mains. Je m’explique. Vous contrôlez certes les rapports de la boîte grâce aux palettes ou au levier de vitesse mais lorsque vous relancez les gaz un peu fortement la boîte tombe souvent un voire deux rapports et vous vous retrouvez régulièrement en 1ere en sortie d’épingle. Le moteur hurle, les roues pédalent dans la semoule neige mais vous faites du quasi sur-place. Il faut donc passer rapidement la seconde, et c’est là qu’un troisième bras serait utile car vous en avez un sur le volant et un autre sur le frein à main que, au moins au début, vous avez du mal à lâcher pour tirer le levier ou la palette de droite. Bref, tout cela demande, comme à peu près tout, un peu d’entrainement.

« Quand te reverrai-je, pays merveilleux ? »

La neige tombe, et la nuit aussi. Mais loin d’être bloqués sur un télésiège nous continuons à enchainer les tours. L’occasion d’appréhender la piste dans une ambiance totalement différente mais non moins plaisante. Il faut bien le dire dans la journée il a parfois été assez délicat de percevoir le relief ou même certains virages lorsque le vent, et la formation de congères en résultant, venait jouer les troubles fête. On se dit alors qu’avec la pénombre les choses risquent encore d’empirer. Mais c’est sans compter sans l’excellence des phares de cette Clio R.S. Trophy. Les optiques Full LED offrent en effet une qualité d’éclairage vraiment surprenante avec une lumière particulièrement blanche qui va, contrairement aux appréhensions, révéler la moindres des anfractuosités de notre piste… désormais aux étoiles. Mais il y a mieux encore puisque les phares additionnels de la Clio, outre leur côté très esthétique et leur fonction DRL sont également équipés d’un éclairage d’angle bien pratique… sauf quand on tourne pratiquement sans braquer le volant… Il faudrait penser à inclure une fonction allumage au frein à main.

Bonus : la Twingo GT joue dans la poudreuse

L’équipe de Renault Sport nous avait également gratifiés d’une petite cerise sur la bombe glacée en préparant pour l’occasion une Twingo GT. Propulsion oblige la petite avait dû troquer le train de pneus neige de la Clio pour quatre pneus cloutés. La motricité et la maniabilité y gagnent forcément tandis que le côté glisse s’estompe. Un peu. Il faut dire que pour le coup ce n’est pas sur le circuit que nous avons conduit cette Twingo mais sur un espace ouvert uniquement balisé de quelques plots. L’objectif ? Ben en fait pas vraiment d’objectif, à part se faire plaisir. En mode « bourrin » donc. On accélère dans la descente et on tourne le volant brutalement pour faire partir la puce dans tous les sens, ça marche à chaque coup tout en gardant une maitrise assez grande. On remonte en slalomant entre les cônes orange et on s’amuse comme des petits fous. Et on repart, à droite, à gauche, à droite…

Bref, ce fut un peu « les grands enfants vont faire mumuse à la neige » mais aussi une journée plaisir qui reste indéniablement un bon souvenir en plus de vous faire nécessairement acquérir quelques réflexes pas si inutiles en conduite sur routes glissantes.