Le Nouvel Automobiliste
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Renault Espace V : Les vieux démons de Renault resurgissent ?

Le Renault Espace V a fait un bon démarrage commercial, et pourrait respecter sa mission de réinstaller Renault dans le haut-de-gamme généraliste. Seulement, il semble aussi avoir renoué avec l’un des démons de Renault : les problèmes mécaniques et électroniques. Des problèmes qui, ces derniers temps, ont engendré de fréquents rappels, selon l’UFC Que-Chosir. Alors, qu’en est-il ?


Mal née, l’Espace ? C’est le constat que semble dresser l’UFC Que-Choisir dans une récente enquête. En effet, le grand monospace de Renault, présenté comme un crossover, a fait l’objet de plusieurs campagnes de rappels qualité et sécurité : 8 rappels en 9 mois ! Une démarche essentiellement due à la nouveauté technique complète du modèle : plateforme, moteur, châssis, électronique embarquée, trains roulants… de nombreux équipements inédits sur une Renault et que le constructeur a peut-être lancé trop tôt ! Le voici qui le paie via de petites campagnes de rappel, discrètement auprès de ses clients.

Parmi les multiples retours au garage, on peut citer le collage du toit panoramique -qui risque de se détacher, un mauvais réglage du train avant -entraînant une usure prématurée des pneus, un câble de frein pouvant se sectionner avec le temps car mal positionné et provoquant une perte d’assistance au freinage, etc. Les ennuis mécaniques concernent en grande partie le moteur Diesel 1.6 l dCi de 130 ou 160 ch. Aussi étrange que cela puisse paraître, ses soucis mécaniques ne surviennent pas sur les autres véhicules où il est installé, qu’ils soient Renault (Kadjar) ou Nissan (Qashqai, X-Trail).

Bien-sûr, il est plutôt rassurant de savoir que Renault a traité tous ces soucis par différentes campagnes de rappel, ces dernières aux frais du constructeurs puisque l’Espace est toujours sous garantie. Mais pour l’aspect « retour dans le haut-de-gamme », ça le fait moyen. Produit dans une usine modernisée pour l’occasion (Douai), qui fournit également la Talisman et nouveau Scénic, l’Espace semble pour l’heure un cas isolé. L’on ne possède surtout pas encore le recul sur la Talisman pour voir si elle suit la même « trajectoire »…

Pour rappel, l’Espace V, toutes finitions confondues, s’est déjà vendu à plus de 17.000 exemplaires sur l’année 2015, année de sa sortie, et avec un mix de ventes à plus de 40 % en Initiale Paris, le plus haut niveau de la gamme. Depuis son lancement en 1984, l’Espace est passé du statut de voiture familiale à celui de routière au long cours. Il est même, à certains égards et depuis la fin des grandes berlines françaises (607/C6/Vel Satis) l’un des ultimes représentants français dans le haut de gamme automobile, avec un tarif maximal à 47 200 €.

Renouveler avec un tel degré de changement technologique un véhicule haut-de-gamme, ce n’était plus arrivé depuis la sortie du tandem PSA Citroën XM/Peugeot 605, considérés avec la Renault Safrane, comme les derniers symboles de la réussite du haut-de-gamme à la française. Souvent analysé, ce lancement simultané, doublé des déboires de fiabilité des deux côtés, est devenu un cas d’écoles en études de management de ce qu’il ne faut pas faire pour ne pas nuire à la réputation d’un constructeur.

Reste que Renault, après avoir subi un début de décennie 2000 pour le moins difficile avec les blocs 1,9 l dCi et les premiers Laguna II et Vel Satis, a réussi à remonter la barre : la Laguna III fut un modèle de fiabilité, la Clio IV se classe parmi les meilleures du segment B, et des enquêtes comme celle de l’ADAC depuis plusieurs années tressent les lauriers sur le Losange. Espérons pour la réputation du constructeur que ses vieux démons n’aient pas resurgi avec l’Espace V, dont vous pouvez retrouver l’essai ici.

Via UFC Que Choisir