Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Renault, Créateur d’Utilitaires

Vous vous souvenez du fameux slogan Créateur d’Automobiles ? Il a signé les publicités de Renault au début des années de 2000 de fort belle façon, à une époque où le Losange venait de fêter son centenaire et qu’il réinventait les concepts automobiles. Seulement, Renault ne s’est pas limité dans son existence à créer des automobiles : aujourd’hui, le constructeur français est l’un des leaders mondiaux du marché des utilitaires, et n°1 en Europe depuis près de 20 ans. A l’ombre des célèbres J7 et autres Type H se trouvent les Estafette, R4 F6, Goélette ou même… le camion d’un laitier ! C’est par lui que l’on commence cette rétrospective de Renault, Créateur d’Utilitaires.

Dès les premières années du XXe siècle !

Qui a inventé l’utilitaire ? Tout porte à croire que ce serait bien Renault. Au début des années 1900, le constructeur de Boulogne embrasse l’essor automobile, profitant à plein de ses dépôts de brevets, le plus célèbre étant celui de la boîte de vitesse à prise directe. A l’écoute de ses clients et riverains de la banlieue parisienne, il fait réaliser, sur une base de Type C, un fourgon pour un laitier. Le résultat est rustique : plancher en bois, banquette simplement posée au-dessus du moteur, et seuil de chargement très très très haut ! Mais bon, c’est… utilitaire ! C’est bien le but, célébré dans une célèbre publicité il y a quelques années. C’est ainsi que Renault se déploie sur un nouveau segment de marché. Durant la même décennie, il conquiert les taxis parisiens, s’offrant une clientèle fidèle et donc une production assurée.

La suite est, industriellement, une réussite. Renault devient l’un des premiers constructeurs européens, et en France, il produit tout. De l’automobile individuelle jusques aux autorails, en passant par les autobus, les moteurs d’avion, et les limousines de la République. Le constructeur s’appuie sur un slogan, « L’automobile de France », et sur la réputation de solidité de ses modèles. Modèles qui servent à tous les usages, y compris navettes hôtelières. Pour un peu, ce serait le Trafic de l’époque !

Dans cet entre-deux-guerres, d’autres aventures attendent les Renault : les services publics, avec l’équipement des compagnies de soldats du feu ; mais aussi la traversée du désert saharien, avec des compagnies de voyages équipées de Type MH 6×6 roues ! Notez qu’à l’allure du logo Renault et du capot pelle à charbon, nous sommes avant 1925, date à laquelle l’emblème de la marque devient un Losange.

Au service des Trente Glorieuses

Avec la nationalisation de 1945, Renault prend un nouveau rôle dans la société : il s’agit pour la Régie de motoriser les masses. Priorité à la nouvelle classe moyenne, avec la 4CV puis la Dauphine, et aux artisans avec une nouvelle gamme d’utilitaires tous usages. Côté camions-fourgons, c’est le 1000 kg, célèbre pour son nom, issu de sa charge utile. Lancé en 1947, il équipe les villes et les campagnes et est un farouche concurrent du Type H, conçu lui sur traction avant.

Pour les colonies, plus de taxis trans-sahariens maintenant que l’avion existe mais des pick-up pratiques pour prospecter dans les mines et les champs de pétrole, sans oublier dans les forêts équatoriales. Défi et mission impossible ? Par pour la Colorale, nom évocateur pour une voiture aux multiples talents, dont celui d’être le premier 4×4 de Renault. Lancée en 1952 et proposées sous plusieurs carrosseries, Renault Classic a sauvé cette version pick-up motte-de-beurre… motte de beurre comme son inspiratrice de style, la 4CV.

Sept ans plus tard, Renault finit par lancer son utilitaire qui, devant l’histoire, est peut-être le plus célèbre : l’Estafette ! Traction avant, moteur essence toujours, mais surtout grande charge utile avec, au cours de la carrière, plusieurs choix de hauteurs de toit, voici l’utilitaire moderne par excellence. Plus de 500.000 exemplaires en sont produits jusqu’en 1980, avec 3 moteurs (que l’on distingue par les calandres), de 845 cm3 aux Cléon 1,1 et 1,3 l. Renault Classic a conservé une version originale entre toutes, une Estafette de Gendarmerie, dont le gyrophare est toujours fonctionnel ! L’intérieur, aussi, est prêt à recevoir les prévenus, contrevenants et autres galopins…

Décidément très en verve sur le marché utilitaire dans les années 1960, Renault lance en 61 une autre légende, la Renault 4 d’abord disponible en version F4 puis en version rallongée F6. Simple d’utilisation, d’entretien, pratique avec son « giraphon », elle va chasser progressivement, dans les appels d’offres et dans les rues, la 2CV qui s’était pourtant si bien diffusée. Même si les F4 et F6 auront fort à faire avec l’Acadyane puis le C15, Renault marque encore une fois les esprits avec une 4L rondouillarde, attachante et pratique. Sa lointaine descendante, le Kangoo, a de qui tenir !

A l’avant-garde de l’électrique

Renault aime à mettre en avant les véhicules électriques. Il faut dire qu’en 2009, lorsque Carlos Ghosn annonçait une gamme complète dont un Kangoo Z.E., peu y croyaient. Pourtant, Renault a proposé dès les années 1970 des voitures électriques. Ce fut le cas avec la R5, disponible en toute petite série pour EDF, puis avec la Clio -dont une version se rechargeait par induction à Issy-les-Moulineaux. Plus tard, c’est un duo de Kangoo, les Elec’Road et Electri-Cité qui furent proposés, avant que la grande offensive de la marque au Losange n’arrive, au tournant des années 2010.

Aujourd’hui, riche de 4 modèles électriques allant du Twizy au Master, la gamme « VU » de Renault en électrique peut compter sur la Zoé et le Kangoo, largement diffusé avec les commandes de La Poste. Ces modèles répondent aux besoins de diversification des flottes d’entreprises, comme des artisans souhaitant réduire leur empreinte carbone ou bénéficier d’une conduite plus agréable. Il est à signaler que la concurrence, en face, est pratiquement inexistante, puisque l’on ne compte qu’un duo de Partner/Berlingo, le Nissan E-NV200 et… c’est tout.

Des utilitaires que vous ne connaissiez peut-être pas !

On ne peut pas tous les connaître ! Alors c’est l’occasion d’une petite séance de rattrapage avec quelques célèbres ou moins célèbres modèles.

Renault Duster Oroch

C’est le premier pick-up moderne de Renault, ou Sport-utility-pick-up, lancé en 2015 en Amérique Latine. Sur base de Duster comme son nom l’indique, il possède une benne pour 500 kg de charge utile, largement suffisant sur un marché friand de ces dérivés.

Renault Super Goélette

Successeur du 1000 kg évoqué précédemment, la Super Goélette a permis à Renault et Saviem de se réunir. Ici grimé en véhicule d’accompagnement sportif, il permet d’afficher la nouvelle marque expert de Renault dans le VU, Renault Pro+.

Renault Trafic Dataspace, Deck-Up et SpaceClass

Eh oui, des anglicismes, il en fallait dans ce monde de Light Commercial Vehicles (LCV). D’autant que le Trafic à une lettre près a un nom anglais. Ce sont là trois dérivés peu connus du Trafic : les deux premiers sont des concepts-vans, de salle de conférence roulante pour l’un, et de grimpeur aux arbres pour le second. Le SpaceClass, lui n’est pas une étude de style : il est une réalité commerciale, et pensée pour conquérir le marché des navettes de passagers avec un intérieur mieux fini que l’utilitaire dont il est issu.

Renault Frendzy

Une petite touche de futur dans ce monde d’anciennes ! Frendzy, c’est l’étude présentée en 2013 qui préfigure les utilitaires Renault du futur. Au programme, le nouveau losange étrenné pour la première fois, mais aussi la nouvelle identité de la marque, des écrans sur les flancs dont 1 tactile, et un intérieur modulaire. Faut-il y voir le futur Kangoo ? On le saura… peut-être dès la fin de la décennie !

Crédit photos : The Automobilist