Le Nouvel Automobiliste
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Renault Allure : le plus mystérieux de tous les coupés Renault ?

En 1987, Renault quitte le marché américain. La Régie vend AMC, American Motors Corporation, à Chyrsler, et abandonne sa gamme locale. Lors de ce retrait, synonyme de repli face aux difficultés à conquérir la clientèle locale, le Losange laisse aussi sur le côté ses ultimes projets. Si les Medallion et Premier auront connu une carrière plus qu’éphémère, il est un modèle qui n’aura même jamais existé : le coupé Renault Allure. Retour sur ce modèle inconnu, qui est peut-être le plus secret de tous les coupés du constructeur français.

Les rêves américains de Renault

A la fin des années 1970, afin de s’implanter durablement sur le marché américain, Renault prend 46,4 % du constructeur AMC, pour American Motors Corporation. Nous sommes en 1979, et le français, présent depuis 1906 dans le pays, nourrit de grandes ambitions américaines. L’objectif est autant la mondialisation du constructeur que de se confronter aux marques japonaises sur le Nouveau Continent, et de préparer le débarquement de ces dernières dans la Vieille Europe.

Pour parvenir à ses fins, Renault a donc conçu une gamme propre au marché américain. D’abord avec des adaptations : les Renault 9 et 11 deviennent respectivement Alliance et Encore, puis viennent les R18 et Fuego au début des années 80. Pour parachever ce retour, Renault ambitionne de lancer 3 modèles avant la fin de la décennie : 2 berlines et un coupé. Les berlines sont basées sur les R21 et R25, et sont respectivement appelées Medallion et Premier. Cette dernière, très moderne contrairement à la Peugeot 505, est dessinée par Giugiaro. Elle inaugure une nouvelle plateforme et est produite dans une usine spécifiquement construite dans l’Ontario à Brampton, dans le quartier de Bramalea.

Un coupé pour couronner une gamme 100 % US

Au-dessus de la Renault Premier et d’un éventuel break station wagon, pour couronner la gamme il devait y avoir l’Allure. Ce coupé 2-portes devait lui aussi être produite dans l’usine implantée dans l’Ontario au Canada qui fabriquait déjà la Premier, et elle aussi allait être dessinée par Giugiaro. Ses cibles ? La Ford Thunderbird et son spin-off, la Mercury Cougar, toutes deux renouvelées en 1989.

En interne, l’Allure est le projet X59. Pour vous le situer, le projet X57 était la Clio I, et X58 était la Renault Premier, à partir de laquelle elle dérivait fortement. Ainsi, sa base est une traction, et ses moteurs auraient pu être les 2,5 l essence AMC et le V6 3,0 l PRV, couplés à une boîte automatique 4 vitesses. Le design apparaît aérodynamique et les lignes proches de celles de la R21 restylée. On en vient à penser que cela aurait pu être, aussi, un beau produit dans la gamme européenne, comme « R25 Coupé ».

Une histoire au conditionnel passé

Hélas, cette histoire s’écrit au conditionnel passé. Après un bon démarrage, les Renault Alliance et Encore s’effondrent en 1985. En Europe, Renault est dans le rouge, et l’État refuse de renflouer la Régie. Le 2 mars 1987, Renault USA cède à Chrysler ses parts contre 1,1 milliard de dollars. Quelques mois auparavant, en novembre 1986, était assassiné Georges Besse, le Président de Renault, l’un des seuls qui défendait encore les investissements de l’entreprise aux USA.

Pourtant, quelques années plus tard, le rachat d’AMC devint rentable pour Chrysler : la marque supprima AMC, paria sur Jeep et rebadgea les Renault en Eagle. Les autres projets de Renault pour sa gamme américaine, tel l’Espace ou l’Alpine GTA USA produite à 21 unités, sont abandonnés.

Quant au Coupé Allure, il ne dépassa pas non plus le stade des études. Deux prototypes seulement sont connus. Le projet X59 ne vit jamais le jour.

Sources : Planète Renault – L’Automobile ancienne – Bangshift