Le Nouvel Automobiliste
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Prise en main de la Jeep Renegade Brooklyn Edition

Jeep nous a invités à découvrir la dernière version de son petit SUV urbain, le Renegade Brooklyn Edition. Né en Italie à Melfi, ce petit Jeep est le cousin américain de la Fiat 500X avec laquelle il partage son châssis. C’est un succès commercial avec plus de 150 000 exemplaires vendus depuis son lancement il y a un an, à moitié destinés aux États-Unis, et 10 000 rien qu’en France. Se revendiquant par son design comme le lointain rejeton de la Jeep Willys, le Renegade propose en ce début 2016 une version à prix d’appel baptisée Brooklyn Edition. Réussit-il vraiment à incarner la street culture américaine ? Nous sommes allés le retrouver à côté d’une de ses amies de New York, la Statue de la Liberté…

Jeep_Renegade_Brooklyn_edition-5Brooklyn à Paris

Jeep commercialise donc en ce début d’année une série limitée accessible sur sa meilleure vente, le Renegade, et nous en a proposé la découverte dans Paris, avec un défi : trouver une ambiance propre à rappeler Brooklyn. Pas facile dans la cité de l’amour et du Baron Haussmann. On aurait pu essayer de le photographier du côté de l’entrepôt MacDonald, mais c’est à un endroit diamétralement opposé du nord-est de la capitale que se retrouve l’esprit de New York à Paris : entre les XV et XVIe arrondissements, au beau milieu de la Seine, au bout de l’île aux Cygnes.

C’est là, au pied du Pont de Grenelle, que depuis 1889 est installée une réplique de la Statue de la Liberté, offerte par les Etats-Unis à la France alors que la France offrait aux États-Unis l’originale. Notre statue est plus petite que sa sœur new yorkaise, ainsi elle s’intègre bien dans le paysage. De la même façon, le Renegade est une petite Jeep de 4,25 m, loin des excès des grosses américaines. Il est en outre presque aussi haut que large : 1,69 m de haut, 1,80 m de large.

L’esprit américain du XVe arrondissement de Paris, c’est aussi la jungle urbaine dominée par les tours du quartier Front de Seine, au-dessus de Beaugrenelle. Érigées dans les années 1970, leur ligne d’horizon rappelle la forêt de gratte-ciels de Manhattan, là-aussi comme le Renegade, en plus petit.

Le Renegade, de l’extérieur

Avec la série limitée Brooklyn Edition, le Renegade n’est pas révolutionné. D’extérieur, on le remarque à son médaillon spécifique disposé sur les montants B de portière et sur le hayon. Toujours aussi bien protégée, la carrosserie s’offre des finitions « Gloss Black », c’est-à-dire noir laqué, autour des antibrouillards et des ouïes de la calandre. Les monogrammes Jeep et Renegade sont également de teinte noir brillant. Côté teintes de carrosserie, quatre harmonies sont proposées : le Colorado Red (gratuit), l’Alpine White, le Carbon Black et le Granite Crystal de notre modèle d’essai, toutes facturées 600 €.

Dans le détail, la série limitée Brooklyn s’accompagne de barres de toit noires mat (pratiques et esthétiques, mais qui augmentent les bruits aérodynamiques), les rétroviseurs sont de la même couleur que la carrosserie, les vitres arrière sont sur-teintées, et de jolies jantes 18″ noires baptisées « Brooklyn Black », évidemment, viennent chausser le petit SUV. Aussi bien pourvue, ce n’est plus New York, c’est Byzance, avec ce Renegade !

Le Renegade, de l’intérieur

L’édition Brooklyn ne bouleverse pas non plus l’intérieur mais l’enrichit subtilement, ça et là, avec au total 1,300 € d’avantage client promis par Jeep. On retient essentiellement la sellerie tissu « Brooklyn Black », confortable mais manquant de maintien latéral, et au toucher assez rêche. Des détails en plastique laqué, pardon, Gloss Black, viennent cercler les haut-parleurs, mais aussi l’écran de l’ordinateur de bord. La position de conduite est haute, et c’est au sens propre que l’on « monte » à bord. Une fois installé, on est comme dans un cocon, ce qui est plutôt rassurant : en réalité, cette impression est due à la taille importante des montants de pare-brise, qui gênent parfois dans les angles morts, et à la faible surface vitrée latérale.

Il fait donc sombre à bord, même par plein soleil, et cela n’est aidé en rien par l’harmonie obscure de l’édition Brooklyn. Le conducteur dispose d’unvolant gainé de cuir offre une bonne préhension, avec des réglages hauteur et profondeur pour trouver sa position. Le passager, lui, bénéficie d’une belle barre de maintien, pratique pour accéder à bord. On profite d’espaces de rangements assez vastes dans les contreportes, la boîte à gants, dans l’accoudoir et devant le levier de vitesses avec un vide-poche. Il y a même un coffre de rangement sous l’assise du siège passager ! Ce dernier se rabat aussi à plat pour augmenter la longueur de chargement. Le coffre mesure 351 dm3, et peut recevoir une « vraie » roue de secours (contre 250 €) ; le seuil de chargement se module à l’envi, et la banquette à fixations Isofix est rabattable 60/40.

Bien équipé, ce modèle à prix d’appel dispose pourtant de 4 vitres électriques, de la climatisation automatique bizone, de prises 230 V et 12 V, et le seul siège conducteur est massant pour les lombaires. Autant d’équipements qu’il faut parfois aller trouver -et payer- dans le catalogue d’options chez les concurrents, c’est toujours ça de gagné. A l’arrière, l’assise est très -trop- verticale, ne rendant pas les longs voyages agréables. On est d’ailleurs mieux à 2 qu’à 3, malgré une largeur conséquente du véhicule.

Au centre du tableau de bord trône l’écran tactile de l’info-divertissement : d’une diagonale de 6,5 pouces, il n’est pas le plus grand du marché, mais sa fonction tactile est suffisamment réactive. L’écran est cerclé d’un plastique gravé de l’inscription « depuis 1941 » : elle fait référence à la Jeep fondatrice, la Willys, même si l’on pourrait y voir un hommage subtile au père de l’informatique, Alan Turing. En tout cas, si l’écran n’est pas des plus modernes en termes de taille, le système embarqué UConnect Live 5,0 est tout à fait à jour avec une compatibilité Bluetooth très rapide à s’identifier avec les smartphones. Il se complète d’une prise USB et d’une prise Jack, et d’un GPS efficace. Un dernier point sur le système audio à 6 haut-parleurs, de bonne tenue même s’il favorise trop les basses.

Une conduite « à l’américaine »

Le Renegade en édition Brooklyn est proposé avec deux moteurs: 1,6 l essence de 110 ch, ou 1,6 l Diesel MultiJet de 120 ch. Le premier a une boîte manuelle 5 vitesses, le second a droit à un sixième rapport, mais l’un et l’autre sont de strictes 2 roues motrices. C’est le Diesel que nous avons pu éprouver lors de cette prise en main.

Et éprouver est bien le verbe car ce moteur est éprouvant par son volume sonore, à froid. Passés 3000 tr/min, le râle du Diesel se fait entendre largement. Heureusement, à l’arrêt, le Stop&Start vient couper ce récital de baryton basse pour rendre un peu de silence : son déclenchement est rapide, et ne gêne pas la conduite. Et si on le souhaite, il est déconnectable. Le démarrage se fait sans clé, tout comme l’ouverture des portières.

Malgré ces premières minutes un peu sonores, la conduite du Renegade est tout à fait agréable. D’abord grâce à l’embrayage, très doux, et qui permet en ville de ne pas être stressé par le point de patinage. A l’accélération les 320 Nm de couple offre beaucoup d’énergie au moteur : ce renégat s’échappe vite au feu vert ! Enfin, à bas régimes seulement, car au-delà des 3200 tr/min il plafonne. Il est alors grand temps de passer le rapport supérieur et, pour cela, la commande de boîte est très pratique : avec sa grosse bouboule, on passe les vitesses rapidement.

Haut-perchée, la position de conduite n’est pas celle d’un camion et est tout à fait confortable. Tout juste manque-t-on de visibilité extérieure, notamment vers l’arrière, mais c’est hélas le cas de la majorité de la production actuelle. On se consolera, pour les manœuvres, avec le radar de recul. La direction est douce, bien assistée pour être sans fatigue à la longue. De même, les suspensions absorbent bien les irrégularités, et c’est plutôt rare alors que les réglages durs dominent sur le marché : cela fait du bien lors des passages de dos d’ânes ou de gendarmes couchés… Appréciable, le Renegade possède également l’aide au démarrage en côte, très pratique, ainsi que les capteurs de pluie -non testé, mais on ne se plaindra pas d’avoir eu du beau temps- et de luminosité (allumage automatique des phares).

Un renégat bon pour le service ?

Spacieux, agréable à conduire et d’un design aussi sympa qu’identifiable, le Renegade apparaît comme un bon SUV urbain pour les couples et les petites familles. Sur un marché déjà quasi saturé, où les Renault Captur, Peugeot 2008 et Opel Mokka mènent la danse côté constructeurs généralistes, le petit Jeep a décidé de jouer la carte du néo-rétro comme sa cousine, la Fiat 500X. Et pour y arriver, il a disposé partout des hommages à la Willys, fondatrice de la marque ! Alors, bien-sûr, il y a la calandre à 7 ouïes, les optiques rondes, et le pare-brise assez vertical, mais ce n’est pas tout !…

Regardez bien dans les feux, regardez sur le marche-pied arrière, regardez dans le vide-poche central… Regardez aussi dans le coffre, sous l’assise du siège passager, ou encore le cerclage des haut-parleurs, jusque dans la sellerie, l’entourage de la lunette arrière, ou le fond d’écran avec sa tâche de boue fictive… Le Renegade, c’est comme une chasse aux œufs de Pâques mais avec des détails design ! CarandDriver en a repéré une trentaine au total, série en cours! Les designers se sont lâchés dans un jeu sympa et c’est un petit plus de charme pour le Renegade.

Plus prosaïquement, le Renegade Brooklyn en Diesel 120 ch est promis pour 4,4 l/100 km de consommation sur cycle NEDC. Autant dire que dans la réalité ce sera plus, mais pas nécessairement de beaucoup ; en tout cas notre prise en main ne fut pas assez longue pour nous permettre de réaliser une mesure suffisamment notable.

Côté budget, le Renegade Brooklyn Edition débute à 21,950 € en essence, et à 24 650 € en MultiJet Diesel. Un prix intéressant, sachant qu’il est toutes options offertes, et qu’il n’y a que la navigation UConnect Live (à 650 €), la roue de secours et le choix de la teinte de carrosserie (hors rouge Colorado gratuit) qui sont à acquérir pour l’avoir en « toutes options ». Pas mal pour une version d’entrée de gamme : la concurrence ne peut en dire autant, à tarif équivalent. Mieux, sous conditions de reprise d’un ancien véhicule, le Renegade s’offre même à partir de 19,950 €. En Diesel et avec deux options, notre Renegade s’affichait à à 25 900 €.

Conclusion

La Jeep Renegade Brooklyn est un SUV Urbain compact tout à fait recommandable, tant en prestations intérieures qu’en conduite. Son Diesel de 120 ch se laisse vite oublier et est agréable à mener ; sa modularité le rend pratique et son équipement quasi-pléthorique donnent le sentiment d’en avoir pour son argent. Une dotation riche pour prix chiche, voilà une bonne affaire, voire, une affaire Brooklynoise ?

C’est qu’il est difficile de faire sentir l’esprit américain dans un petit SUV 2-roues motrices Diesel de 4,25 m à boîte manuelle, tant il est loin de la voiture américaine « classique », le gros 4X4 Essence de plus de 5 m à boîte automatique ! Pourtant, à force de subtilité parfois un peu forcée, notre Renegade d’un jour se comporte en bon élève et rend une copie qui a du charme.

Ainsi, pour environ 20,000 €, le Renegade Brooklyn s’impose comme un petit enfant de la Liberté. De cette Liberté statufiée aux Etats-Unis, de la Liberté que diffusa l’ancêtre Jeep Willys après la Seconde Guerre Mondiale, d’une Liberté, enfin, qui permet de circuler sans souci, à la ville comme à la campagne, en un petit SUV urbain casse-cou et accessible. Moderne, bien fini, il en offre surtout pour son argent, avec des prestations qui le placent parmi les moins chers de son segment. Une bonne affaire, en somme. Pas cher pour être au volant du petit-fils d’une légende, non ?

Crédit photographique : Romuald Terranova pour TheAutomobilist.fr
Cet article est sponsorisé par Jeep.