Le Nouvel Automobiliste
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Prise en main de la Ford Fiesta ST200 sur le circuit des 24H du Mans

Le Mans, un circuit mythique par son incroyable course des 24 Heures du Mans. Ford, un constructeur mythique par son fondateur et son impressionnante histoire mais aussi par son palmarès sportif au Mans. C’est justement 50 ans après le fantastique triplé de 1966 que nous posons les roues de la dernière Ford Fiesta ST200 sur l’asphalte encore chaud du circuit des 24 Heures.

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Une brève introduction s’impose : la Fiesta ST200 est une évolution de la version standard et s’en distingue notamment par une puissance portée à 200 ch (vous l’aurez deviné), via une modification de l’ECU, tandis que le couple max grimpe de 240 à 290 Nm. La fonction Overboost est toujours présente, permettant de faire monter ces valeurs à 215 ch et 320 Nm durant 15 secondes.

Ceci étant posé, casque vissé sur la tête, l’installation à bord ne se montre pas aussi aisée que dans une « classique » Ford Fiesta ST. Les sièges baquets Recaro n’offrent que peu de réglages mais l’assise se montre rapidement tournée vers une conduite sportive. Conduite sportive oui, mais la conduite sur circuit semble apparemment moins appropriée pour au moins une raison majeure : nos jolis Recaro sont renforcés à souhait pour optimiser le maintien, y compris au niveau de la tête, et le port du casque devient donc une vraie torture avec l’appuie-tête trop orienté vers l’avant. En effet, l’encéphale est penchée vers le volant et impose alors de constamment et douloureusement tirer sur la nuque à cause du casque qui ne peut s’associer au siège baquet, pourtant excellent : la Fiesta ST est faite pour le quotidien mais on se fera un peu violence pour une si bonne et si exceptionnelle cause.

Avant de se lancer, on enclenche le mode Sport. Tout comme sur sa sœur la Ford Fiesta ST, ce système permet de rendre l’ESP moins contraignant afin d’exploiter davantage les capacités de la voiture. Un seul tour me permettra de mettre à profit les qualités dynamiques de ce petit montre, pas question donc de prendre le risque de couper entièrement l’ESP sur un circuit si piégeur. Un tour et pas un de plus, dont il me faudra alors savourer chaque instant. Le cœur palpitant de stress et d’émotion à l’idée de rouler sur l’un des plus célèbres circuits au monde, nous voilà en tout cas prêts à affronter les 13,629 km de la piste des 24 Heures.

À la sortie des stands, on enfonce la pédale de droite pour abattre le 0 à 100 km/h en 6,7 secondes. Le moteur se fait entendre et nous propulse très rapidement au premier freinage, très rassurant, au niveau de la chicane débouchant sous la passerelle Dunlop. Ford a eu la bonne idée de renforcer le système de freinage en dotant la Fiesta ST200 de plaquettes de freins plus performantes et de disques au diamètre agrandi. Le châssis se montre alors très incisif et met très vite en confiance pour aborder le reste du tracé. Pas de doute, les premiers virages s’enchaînent sans souci et avec vivacité ; il faut aussi rappeler que Ford a doté la voiture du Torque Vectoring Control qui se substitue plutôt bien à un vrai différentiel à glissement limité. On joue très facilement du levier de vitesse, rapide, précis et simple à manier tandis que la démultiplication finale, raccourcie par rapport à celle d’une Fiesta ST normale doit aider en usage intense.

Le virage du Tertre Rouge passé, les 200 chevaux (voire 215 chevaux avec l’overboost) s’expriment pleinement et la vitesse monte vite, très vite ! Un drapeau jaune et du trafic ne permettront pas de pousser les limites jusqu’au rupteur dans les Hunaudières mais dépasser les 200 km/h n’aura pas été une tâche complexe. Aucune peur ni tremblement ne font d’ailleurs leur apparition à ces vitesses élevées. La voiture affiche une stabilité sécurisante et ne montre aucun signe de faiblesse. La bombinette américaine ne se laisse pas impressionner facilement puisque, derrière, plusieurs BMW M3 n’auront même pas réussi à me doubler, c’est dire si cette Ford Fiesta ST200 n’a pas à rougir sur un tel circuit ! Des Ford Fiesta ST et d’autres Ford Mustang n’auront pas pu en dire autant, se retrouvant dans mon rétroviseur après quelques kilomètres…

Plus loin, les virages d’Indianapolis et de Mulsanne sont franchis sans complexe avant d’apprécier à nouveau l’efficacité du châssis et la précision de la direction dans les très exigeants virages Porsche. L’occasion nous permet en tout cas de confirmer ce que l’on pensait déjà du potentiel de la Fiesta ST auparavant essayé sur route ouverte : une sportive indéniable qui ne demande qu’à avaler les kilomètres. Sur un rythme toujours soutenu, la fin du tour arrive. Quoi, c’est déjà la fin ? Eh oui, un seul tour mais c’est déjà suffisant pour un moment inoubliable afin de sentir son cœur palpiter à tout va en roulant sur cet asphalte mythique, s’enivrer de vitesse, de sensations fortes et de souvenirs indélébiles. C’est en tout cas la confirmation que la Ford Fiesta ST200 est une petite sportive au potentiel énorme qui ne demande qu’à être exploité.

Crédits photos : Romuald Terranova/The Automobilist & Ford France