Le Nouvel Automobiliste
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Prise en main BMW 630d xDrive Gran Turismo : L’incomprise ?

Sortie en 2009 afin de venir concurrencer l’A7 Sportback, la Série 5 GT se démarqua toutefois par un design atypique tout en introduisant les nouveaux codes stylistiques de la version berline à venir. Quelques années plus tard et après avoir essuyé les retours frileux de la presse comme du public – 150 000 ventes au total, le constructeur Bavarois persiste et revoit sa copie en faisant évoluer le positionnement de sa routière à hayon. Pari réussi ? Premiers éléments de réponse avec cette prise en main sous le soleil Corse.

Série 6 GT, un cas à part dans la gamme BMW ?

BMW série 6 GT : la bête sans la belle ?

Si le nouveau BMW X3 a su retenir toute notre attention durant l’évènement (lire notre essai), nous avons également pu essayer brièvement le nouveau GT de la marque à l’hélice.

Comme pour sa devancière, on peut rapidement juger de la réussite stylistique d’un modèle. Dans la plupart des cas, on aime ou on n’aime pas. Mais il arrive à de rares occasions, que l’on doive s’attarder sur le véhicule afin de comprendre ce qui donne un sentiment mitigé, comme avec cette BMW Série 6 GT.

Car de prime abord, le scepticisme peut vous envahir tant le style reste à part des autres gammes – un peu à la manière du X2. Certes, nous retrouvons les codes de la marque avec les emblématiques et volumineux haricots mais le nouveau design de l’arrière fait tiquer au moins l’espace d’un instant.

Selon l’angle de vue, la série 6 GT est plus esthétique

Contrairement au style coupé d’une BMW Série 4 Gran Coupé ou encore d’une Audi A7, cette poupe, plus proéminente et élevée, ne renvoie pas une idée de fluidité et d’élégance propres aux grands coupés.

Pourtant, si vous prenez la peine de circuler autour de cette bavaroise, la gêne visuelle s’estompe mettant plus en valeur le véhicule. Reste que les acheteurs de ce genre de véhicule cherchent la praticité au côté esthétique et c’est là que la BMW série 6 GT viendra les satisfaire.

La Série 6 GT dispose de la même largeur que la Série 5 GT

Affichant une longueur accrue de 87 millimètres par rapport à la Série 5 GT (5091 millimètres), une largeur inchangée (1 902 millimètres) et une hauteur réduite de 21 millimètres (1 538 millimètres), c’est bien l’espace à bord qui évolue. Le volume de coffre fait un bond en avant avec un volume de chargement se situant dans le haut de la catégorie, de 610 à 1800 litres, et rendu pratique grâce à la présence du hayon électrique – par ailleurs absent de la Série 5 berline.

Car une fois à bord, l’impression de qualité est bien là tandis que l’agencement des différents éléments, inspirés de la dernière Série 5, sont sans reproches. Les notes de raffinement viennent apporter une touche finale, au travers des inserts piano laqué noir ou encore avec les magnifiques sièges en cuir Nappa, exclusifs à la finition M.

Finition et qualité des matériaux sont irréprochables

À l’arrière, vos occupants pourront se prélasser tant l’espace aux jambes est généreux tandis que l’habitacle se veut baigné de lumière grâce aux immenses surfaces vitrées latérales ainsi qu’au toit vitré ouvrant. Du fait de son design de poupe atypique, les plus grands gabarits pourront prendre place sans devoir se contorsionner.

L’espace à l’arrière est généreux

Mais plutôt que de jouer les invités en restant émerveillés à l’arrière, nous avons préféré voir si le chauffeur – en option selon vos moyens – y trouvera son compte.

Impériale sur la route

Proposée uniquement avec des motorisations 6 cylindres, notre choix s’est donc porté sur la version 630d xDrive, qui devrait représenter le cœur de gamme.

Le L6 de 265 ch a du couple à revendre

Une courte pression sur le bouton Start et le L6 de 265 ch nous fait entendre sa douce voix pendant que nous effectuons les derniers réglages lombaires du siège et ceux des rétroviseurs.

Un long trajet nous attend mais c’est montre en main qu’il nous faut entamer notre périple vers l’étape de ce soir. Les kilomètres passent et se ressemblent, les rapports s’enchaînent de manière aussi fluide que sur notre X3, tandis que le magnifique paysage Corse défile sous nos yeux… et pourtant, pas le moindre signe de fatigue à l’horizon.

Car oui, le conducteur comme le passager sont choyés dans le poste de conduite. Les compteurs digitaux se veulent lisibles et complets, l’énorme affichage tête haute propose les informations GPS détaillées en complément de la lecture des panneaux, quant au moelleux des sièges et à l’insonorisation globale ils contribuent à nous faire évoluer tout en douceur sur la route.

Le matériel photo faisant office de passager au rang deux ne s’en est d’ailleurs pas plaint, grâce à la suspension arrière pneumatique avec correcteur d’assiette automatique de série… du moins tant que nous étions en ligne droite.

Impériale dans les lignes droites, la série 6 GT est moins à l’aise dans les virages serrés

En effet, la Corse, est bien connue pour ses longs chemins tortueux dans les montagnes et malgré les réglages du véhicule en mode sport, la BMW Série 6 GT peine à contenir les mouvements de caisses alors que le moteur – fort de son couple dantesque de 620 Nm – et la boîte 8 rapports se montrent présents à chaque sollicitation de l’accélérateur.

Comme sur le X3, la boîte 8 rapports est réactive et fluide

Loin d’être une ballerine malgré 150 kg de moins que le modèle précédent, la Série 6 GT adopte un système de freinage parfait pour arrêter ses 1900 kg en toutes circonstances. Finalement, votre plus grande inquiétude viendra des endroits confinés où il faudra manœuvrer et redoubler d’attention.

Le salut viendra surtout de la caméra 360 degrés qui s’avère indispensable tandis que l’imposant volant propre au Pack M, offrira un bon grip. Malheureusement, son épaisse jante ne conviendra pas aux mains les plus fines.

La nuit tombe et bien que dépourvu de la caméra nocturne, notre modèle équipé des phares LED et adaptatifs avancés, nous font monter d’un cran dans le standing des équipements. Ce dernier va en effet, adapter les phares pour éclairer uniquement ce qu’il se passe autour du véhicule arrivant en face sans pour autant éblouir son chauffeur : bluffant… Mais au final, pas autant que le confort impérial de la BMW Série 6 GT qui filtrera tout jusqu’à notre arrivée, malgré la monte pneumatique en 20 pouces.

 

Tenté du coup ?

Sachez tout d’abord que de par son positionnement (routière avec coffre gigantesque et profil de coupé), la Série 6 GT est unique en son genre et ne peut guère être comparée directement à la concurrence. Si cette munichoise vous intéresse, sachez que la BMW Série 6 GT, déjà disponible à la commande, est proposée en 4 motorisations :

A cela, il vous faudra choisir parmi les 3 niveaux de finitions proposés : Sport, Luxury et M Sport. La 1ère, avec un prix allant de 4 400 à 4 550 euros, vous donnera accès à la sellerie cuir « Dakota » ou encore aux sièges à réglages électriques.

La seconde, Luxury, moyennant 5 700 euros, apportera en plus de la finition précédente, du confort supplémentaire au niveau des assises, avec les sièges avant chauffants et électriques à mémoire.

Enfin, la dernière finition baptisée M Sport et facturée bien plus chère – de 9 350 à 9 550 € – apportera le volant M gainé cuir, le pack aérodynamique ou encore l’éclairage full LED.

De ce fait, si vous souhaitez vous recentrer sur le plaisir de conduite, une finition Sport combinée à des packs d’équipements – incluant les full LED, ou encore l’affichage tête haute voire celui englobant la climatisation 4 zones et le système Hi-Fi Harman Kardon – semble être le meilleur compromis. Si toutefois vous êtes plus porté sur le design de votre véhicule, la finition M Sport répondra davantage à vos attentes.

A part, voilà qui résume la Série 6 GT

Berline mi-luxe, mi-design, mi-pratique, mi-sportive (en ligne droite), le choix d’un changement de gamme semble payant pour cette BMW Série 6 GT. Reste qu’avec un positionnement trop à cheval sur autant de critères, la marque pourrait faire chou blanc malgré ses qualités de routière et de familiale. La clientèle préférant miser sur l’esthétique, se tournera plutôt vers d‘autres modèles de la marque telle qu’une Série 5 Touring offrant tout autant de coffre, ou à défaut, la concurrence sur des segments similaires – mais non identiques – à celui-ci.

 

Article et crédit photos : Fabien LEGRAND