Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Peugeot Rifter 2018 : The new Partner !

Après le Citroën Berlingo jeudi, et l’Opel Combo Life lundi, le troisième protagoniste du trio de ludospaces du Groupe PSA attendu était le Peugeot Partner. Oui… mais non ! A l’image du Traveller, le Lion n’a pas choisi de renouveler, pour sa version VP, le patronyme bien connu de Partner et lui a préféré un nom tout neuf : Peugeot Rifter ! Et, avant de vérifier d’ici le second semestre si c’est aussi un bon modèle pour drifter, découvrons en détails en quoi il se distingue de ses cousins blitzo-chevronnés.

Peugeot Rifter : la dérive des continents

On a sorti nos meilleurs dictionnaires, on a fait plancher les Littré et le Petit Robert (pardonnez-nous pour l’exploitation des enfants) et c’est finalement d’Alfred Wegener que la seule réponse probante est venue. Oui, Peugeot a nommé son nouveau ludospace en hommage aux séparations lithosphériques, c’est-à-dire à la théorie de la dérive des continents qui mit en évidence au début du XXe siècle le rôle et la création des rifts sur la croûte terrestre. Et, accessoirement, ça m’aura permis de recaser mes cours de géomorphologie de prépa, le service marketing de Peugeot est bien urbain. De là à dire que l’arrivée de ce Rifter est un séisme dans l’histoire de l’automobile, il n’y a qu’un pas… que nous ne franchirons pas -on ne voudrait pas tomber dans une faille bordière.

Trêve de digression, le Peugeot Rifter joue de son nom pour semer la surprise sur le marché des Berlingo, Combo, Kangoo et autres Doblo ou Caddy car l’objectif est de renouveler un pilier de la gamme Peugeot. Présent au catalogue depuis 1997, lancé en 2008 dans sa dernière itération, le Partner devenu Rifter est, au vu de la transformation en SUV du 5008, l’unique modèle familial à 100% aujourd’hui de la gamme au Lion. Proposé en 5 ou 7 places, il ambitionne cependant de se différencier grâce à son poste de conduite, et par son allure que Jean-Philippe Imparato appelle « baroudeur chic« .

Un style en rupture

Imaginé et produit aux côtés des Berlingo et Combo, le Rifter en partage les lignes d’assemblages de Vigo (Espagne) et Mangualde (Portugal) ainsi que le plateforme modulaire EMP2. Mais n’allez pas croire que le dérivé Peugeot du programme K9 n’est qu’une adaptation de ses cousins PSA avec un logo Peugeot au bout du capot.

Côté style, la partie avant est totalement inédite avec des projecteurs, une calandre et des pare-chocs propres au Rifter. Seul le capot est commun aux 3 ludospaces. Le Peugeot peut ainsi s’intégrer à la gamme avec des dents de LED sortant des optiques et une calandre horizontalisée façon 308. Le bas des boucliers avec ses sabots ainsi que les ailes sont protégés par des pare-chocs lui donnant un petit côté baroudeur.

Deux longueurs et des aspects pratiques

De profil et à l’arrière, la confusion avec les deux autres duettistes est plus aisée, cependant les feux disposent de leur propre signature lumineuse, reprenant les trois griffes traditionnelles de Sochaux. Tout le tour du véhicule est à l’abri des accrocs du quotidien, tandis que la lunette arrière du hayon est toujours ouvrante, donnant accès à un coffre de toit. Deux longueurs sont possibles comme sur le Berlingo, allant de 4,40 m pour le Standard à 4,75 m pour le Long.

A bord, l’aménagement est possible à chaque fois en 5 ou 7 places avec 3 sièges indépendants au rang 2, luxe que même un Scénic ne se permet plus aujourd’hui. Au second semestre 2019, le coffre sera doté d’une commande de repli automatique depuis le coffre des sièges. Au rang 3, les sièges sont indépendants aussi, et ne sont coulissants que sur le châssis Long. Le siège passager du rang 1 est repliable pour offrir jusqu’à 2,70 m de longueur de chargement. En configuration normale, comptez 775 litres de coffre sous tablette (en 5 places châssis Standard), et jusqu’à 4000 litres sous le toit en châssis Long.

A l’image du Berlingo et de son Modutop, le Rifter propose l’équipement Zénith avec pavillon vitré occultable électriquement, et rangement de toit d’une capacité de 14 litres. Le toit intègre aussi l’airbag passager dit « Bag in Roof » : cette implantation dégage de la place pour une double boîte à gants géante, réfrigérée, portant au total le volume de rangements à 186 litres avec les bacs de portières et la console centrale.

L’arrivée du i-Cockpit à bord !

Surprise à l’intérieur : c’est bien une « vraie » Peugeot ! Oui, les concepteurs de PSA ont réussi à intégrer le poste de conduite si particulier des 308 et 3008 dans le Rifter. Il est le seul du trio à en bénéficier. Et si les prestations dynamiques suivent, ce que le châssis EMP2 ne peut que promettre, le Rifter s’annonce peut-être comme le premier ludospace où l’on pourra prendre du plaisir à conduire !

Mais nous n’en sommes pas encore là. L’i-Cockpit, comme toujours, se remarque à ses compteurs placés haut sur la planche de bord, ainsi qu’au volant de diamètre réduit, qui semble tout droit issu du 3008. L’écran tactile central aussi nous vient du SUV à succès de Sochaux, d’une diagonale de 8 pouces et idéalement placé pour renseigner le conducteur. Deux prises USB, un chargeur à induction et tout l’infodivertissement actuel (CarPlay, Mirror Link et Android Auto) sont présents.

L’ensemble s’accompagne d’éléments chromés, de détails colorés, et selon les versions d’un frein à main électrique permettant de libérer la console centrale. Bref, c’est à se demander si Peugeot a voulu concevoir son Rifter à partir d’un utilitaire… ou s’il n’a pas voulu en faire le monospace compact qui manquait à sa gamme.

Un inédit degré GT Line

Dans sa montée en gamme, assez nouvelle pour le segment des ludospaces, le Rifter s’offre une version GT Line, comme l’on en trouve sur les 208, 308 ou 508. Elle prévoit des éléments distinctifs peints en Noir Onyx (calandre, rétroviseurs, barres de toit…) mais aussi des jantes alliage de 17 pouces appelées « Aoraki » (cette fois, l’onomastique sochalienne s’est portée sur la géomorphologie néo-zélandaise, pour information). A bord, un volant cuir et une planche de bord peinte en « Marron Quente » avec sellerie « Tissu Casual » sont prévus, éloignant définitivement le Rifter de l’idée d’un utilitaire endimanché.

Le plein de technologies

Basé sur la plateforme EMP2, le Rifter dispose d’un rayon de braquage de 10,9 m auquel participent ses porte-à-faux courts (en version de 4,40 m en tout cas). Le train avant est de type Pseudo Mac Pherson, comme une 308, le train arrière est à traverse déformable comme un Partner II. La garde-au-sol du Rifter est légèrement rehaussée par rapport aux Berlingo et Combo pour mieux lui permettre de partir en offroad. Pour cela, il propose deux solutions :

  • 2-roues motrices avec Grip Control, pneus neige & boue (mud & snow) ainsi que contrôle en descente (HADC, comme le 3008)
  • 4-roues motrices avec Dangel, comme sur les précédentes générations.

Au reste, les derniers équipements électroniques de PSA sont embarqués dans le Rifter : reconnaissance des panneaux, régulateur adaptatif (jusqu’à gestion du freinage en boîte automatique), frein de parking électrique, maintient en file, alerte de somnolence, frein actif sous 30 km/h, contrôle de stabilité de l’attelage, adaptation automatique des phares à l’environnement nocturne, surveillance des angles morts ou encore accès et démarrage mains-libres. Un seul regret, la présence de la peu réactive caméra Visiopark 180°, déjà découverte sur les Traveller et DS 7 Crossback et qui n’arrive pas à la hauteur d’autres caméras de recul ou de vision à 360° du marché.

Les moteurs du Peugeot Rifter

Par rapport au Partner, il y a du changement. Tout d’abord, l’essence est à l’honneur avec 2 moteurs 3-cylindres 1.2 l PureTech :

  • en 110 ch avec boîte manuelle 5 rapports, disponible avec une version « Très basse consommation » (TBC) disposant d’un stop & start ;
  • et en 130 ch avec la tout dernière boîte automatique EAT8, qui ne sera cependant au catalogue qu’en 2019.

Autre changement, la présence du Gasoline Particulate Filter : vous avez bien lu, le Rifter est l’une des toutes premières voitures du marché et la première Peugeot à moteur essence à s’équiper d’un filtre à particules, nécessaire pour répondre à la norme Euro 6.C en vigueur à partir du 1er septembre 2018.

Les Diesel ne sont pas en reste avec le dernier 1.5 l BlueHDi en 3 niveaux de puissance :

  • 75 ch avec boîte manuelle 5
  • 100 ch avec boîte manuelle 5, dont une version avec stop & start donc « TBC »
  • et 130 ch avec boîte manuelle 6…. ou EAT8 automatique.

Le Rifter en vidéo

Pour mieux apprécier la nouveauté Peugeot, voici un premier clip promotionnel du nouveau ludospace de la marque au lion.

Rendez-vous au Salon de Genève

A l’image de son cousin le Berlingo, mais à l’inverse de son autre cousin l’Opel Combo Life, le Peugeot Rifter sera à découvrir au Salon de Genève à partir du 8 mars. La commercialisation est prévue au second semestre à partir de septembre.

Baroudeur mais VP avant tout, modularité de monospace sous une allure d’utilitaire éloigné, intérieur connecté à la position de conduite prometteuse : le Rifter mélange les genres, comme un Matra Rancho ! C’est rafraîchissant, ça change… mais ce pari audacieux réussira-t-il auprès d’une clientèle conservatrice ? Du trio de ludospaces PSA, le Rifter est celui qui formule la recette la plus originale. Puisse la prime à la différence lui sourire.

Via Peugeot, Youtube.